Archive for juillet 2017

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La mort s’invite à Pemberley, P.D. James

juillet 30, 2017

La-mort-s-invite-a-PemberleyRésumé : Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maitresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins; sa soeur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d’Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.

Avis : L’autrice nous présente ici une sorte de suite à Orgueil et Préjugés en y ajoutant une affaire sordide de meurtre, une affaire où Wickham va être mêlé et accusé et revenir de force dans la vie de Darcy et Elizabeth qui s’en seraient bien passés.
L’histoire se centre pas mal sur ce qu’il se passe dans la vie de Darcy et Lizzie, et prend son temps pour se mettre en place. Ce qui peut paraître assez lent dans le déroulement de l’histoire. Il ne s’agit pas vraiment d’une enquête non plus, mais d’une suite d’événements qui vont mener Wickham à son procès. Darcy, va faire de son mieux pour l’aider afin qu’il soit lavé de tous soupçons, mais si ce n’est pas Wickham le meurtrier alors qui ?

J’ai beaucoup aimé l’intrigue de cette histoire, l’autrice distille pleins d’indices au cours de son histoire, de petites choses qui font tiquer et qui paraissent bizarres, au point où l’on se demande ce qui a bien pu réellement se passer ce soir-là. Elle nous tient en haleine pour un dénouement assez surprenant mais que j’ai trouvé plutôt plat en fait.
J’ai bien aimé me retrouver le nez dans Pemberley et la vie de Darcy et Lizzie, mais j’ai été déçu qu’on voit si peu Lizzie (qui est nommée Elizabeth tout du long, détail qui m’a fait tiquer), et certains détails ne m’ont pas vraiment plu, comme par exemple, l’évolution de l’amitié de Charlotte et Lizzie (à croire que l’autrice et moi n’avions pas lu le même livre). J’ai trouvé Lizzie assez silencieuse et effacée, elle qui a pourtant un tempérament de feu, ce qui la rend si intéressante dans Orgueil et Préjugés.
On voit donc surtout Darcy dans cette histoire et il m’a plu, ses questionnements et ses doutes me l’ont rendu sympathique et c’était sympa de voir tout ça du côté de Darcy, même si le manque de Lizzie se fait sentir. Je tiens à préciser que j’ai trouvé le colonel Fitzwilliam vraiment tête à claque dans cette histoire, alors que je l’aime beaucoup dans l’oeuvre originale.

L’histoire est lente, mais ça ne m’a pas dérangé, j’ai trouvé qu’au contraire, ça poussait à tourner les pages afin de savoir ce qui avait pu se passer ce soir-là. Le doute tournait pas mal autour de ma tête et j’avoue ne pas avoir deviné le dénouement, même si on a des indices.

Mais au cours de ma lecture j’ai trouvé que le fait que tout cela se passe à Pemberley n’était pas utile, ça n’apportait rien, et si c’était un plaisir de retrouver les personnages, il n’empêche que je pense que l’autrice aurait tout aussi bien pu écrire une histoire originale dans cette époque historique de l’Angleterre.
L’épilogue était un peu répétitif par rapport à Orgueil et Préjugés, mais j’ai tout de même trouvé la toute fin vraiment mignonne et satisfaisante.

J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce livre et je suis contente de l’avoir lu, ceci dit, il manque un peu de pep’s et d’un dénouement un peu moins plat, ainsi que de la présence de Lizzie.

Phrase post-itée : 
« Cela fait plusieurs siècles déjà que nos avons admis que les femmes ont une âme. N’est-il pas grand temps d’admettre qu’elles ont également un cerveau ? »

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Lire Lolita à Téhéran, Azar Nafisi

juillet 29, 2017

22451_2656307Résumé : Après avoir dû démissionner de l’Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, Azar Nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes œuvres de la littérature occidentale. Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d’autres venaient de milieux progressistes et laïcs ; plusieurs avaient même fait de la prison. Cette expérience unique leur a permis à toutes, grâce à la lecture de Lolita de Nabokov ou de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald, de remettre en question la situation  » révolutionnaire  » de leur pays et de mesurer la primauté de l’imagination sur la privation de liberté. Ce livre magnifique, souvent poignant, est le portrait brut et déchirant de la révolution islamique en Iran.

Avis : Je vais sans doute passer pour une personne insensible, mais cette lecture a limite été un calvaire pour moi. Pas que le livre soit mauvais, mais j’ai eu beaucoup de mal avec l’écriture de l’autrice et ses digressions. Je m’attendais à lire un livre qui allait m’entraîner dans la tête de ces femmes et dans leur vie, mais l’autrice se perd dans sa propre histoire et j’ai été moins touché que quand elle parlait des anecdotes qui arrivaient à ses étudiantes (qui pouvaient être parfaitement horrible). J’ai trouvé qu’elle se répétait, qu’elle partait dans tous les sens, et que son style était assez froid. Et puis des fois elle ajoute des détails dont je me fichais royalement (elle parle de ses plantes vertes ou de comment elle se sentait sous la douche). Du coup j’ai éprouvé peu d’empathie avec les filles de ce livre, si bien que jusqu’au bout je n’ai pas retenu qui était qui, et qui faisait quoi, je les confondais toutes.

On a un aperçu de l’histoire Iranienne dans les années 80 et avant, avec la révolution des étudiants et la mise en place de la République Islamiste, qui est une dictature, visant surtout les femmes. Je connais très peu l’histoire de ce pays (la faute à moi) et la façon dont l’autrice en parlait me perdait plus qu’autre chose, je n’ai pas compris grand chose à la révolution, et je ne me sens pas plus avancée maintenant qu’avant. Juste que ça a coûté leur liberté aux femmes. Cela parle aussi de la guerre entre l’Irak et l’Iran, mais encore une fois, sa façon de raconter est si froide que j’m’y suis peu impliquée.

Quand au passage sur les livres, et bien je les ai carrément sauté, soit par peur d’être spoilé, soit parce que ça m’intéressait tout simplement pas. J’ai d’ailleurs sauté pas mal de page pour venir à bout de cette lecture. Néanmoins je tenais à tout lire parce que ça me semblait important, mais ça ne veut pas dire que j’ai été accroché. J’avais surtout hâte que ça se termine et je voyais défiler les pages très (trop) doucement. Ça m’embête parce que ce livre avait du potentiel, que j’avais vraiment envie d’en apprendre plus sur la condition des femmes en Iran et comment l’utilisation de la religion était mise en place pour retirer tous les droits à ces femmes. L’hypocrisie de ce qui se dégage de cette dictature, les humiliations que subissent les femmes pour pouvoir convenir au pays (et aux hommes). Mais l’autrice reste trop centrée sur elle-même et ça m’a gavé. Je dis pas que sa vie était pas intéressante, elle était elle-même en pleins dans ce pays et devait subir comme les autres les injustices de ce pays, et son combat pour ne pas porter le voile était sans doute intéressant. Mais elle passe trop vite sur pleins de choses, les effleurent, et s’attardent sur d’autres moins intéressantes qui m’ont plutôt saoulé.

C’est difficile du coup de parler de ce livre. Je sais que beaucoup l’ont aimé, mais ce ne fut pas mon cas, je suis totalement passée à côté. Pourtant, comme je l’ai déjà dis, le sujet était vraiment intéressant, ce qui m’a poussé à le lire jusqu’au bout, parce que j’aimais lire certaines anecdotes (même si j’en ressortais horrifiée). Je suis restée trop hors de l’histoire alors que c’est normalement le genre d’histoire très impliquante, très touchante, qui fait réfléchir sur ce qu’il se passe dans d’autres pays que le notre. Bref, une grosse déception pour ma part, je n’ai pas accroché au style et suis restée trop en surface de ce que racontait l’autrice, et je le regrette vraiment.

J’ai lu ce livre : pour le groupe de lecture féministe FB : Une chambre à nous

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Fantômes histoires troubles, Joe Hill

juillet 26, 2017

Fantomes-histoires-troublesRésumé : Finney sait qu’il n’en a plus pour longtemps. Le taré qui l’a kidnappé et jeté dans cette cave n’en est pas à son coup d’essai : plusieurs adolescents ont disparu ces derniers mois. Le voilà enfermé dans un sous-sol obscur, avec pour seule compagnie un vieux matelas crasseux, une cuvette de toilettes et… un téléphone. Un antique téléphone mural à cadran, dont les fils, sectionnés, ne vont nulle part. Un téléphone qui se met à sonner.
Glaçantes, effrayantes ou simplement d’un noir d’encre, les quinze nouvelles de ce recueil ne se contentent pas de renouveler la grande tradition du fantastique, elles confirment la naissance d’un écrivain dont on entendra parler, à coup sûr, dans les années à venir…

Avis : Que dire de ce livre? Je m’attendais à des nouvelles bien frissonnantes, qui allaient me foutre la trouille, et où au moins parler de fantômes et les décliner de différentes façons. Sauf que non, et j’avoue que ça m’a plutôt déçue. Les fantômes on les voit pas tellement (quelques fois mais pas à chaque fois), et une seule nouvelle m’a réellement mise mal à l’aise et un peu effrayé c’est « Le téléphone noir », ce téléphone qui se met à sonner tout seul comme ça, dans une cave, c’était un peu glaçant. Mais le reste? Pas du tout. Les histoires sont même presque jolies pour certaines, touchantes, d’ailleurs ma préférée est celle de l’espèce de garçon en plastique gonflable, une très belle histoire d’amitié que j’ai vraiment adoré « Pop Art ». Les autres ne m’ont pas marqué plus que ça, il y a celle qui fait un clin d’oeil à Kafka et en même temps dénonce les massacres dans les écoles « Stridulations ». Il y a aussi celle qui a une fin très ironique et assez plot twist « la cape » et celle assez jolie de ce fantôme qui revient au cinéma « Dernier cri », ou finalement celle de la mère bizarre qui agresse ses enfants (et dont j’ai absolument pas compris la fin). Il y a également la dernière nouvelle « Escamotage » que je n’ai même pas fini tellement je la trouvais longuette. Il y a des nouvelles que j’ai même carrément oublié.

De façon générale, je suis plutôt déçue et mitigée par cette lecture, j’m’attendais à autre chose, et très souvent j’avais du mal avec les nouvelles et je comptais les pages avant d’arriver à une autre. J’ai mis très longtemps à lire ce livre parce que je l’intercalais entre d’autres, et c’était limite une corvée de me dire « allez je me lis une ou deux nouvelles ». 
C’est dommage parce que les thèmes auraient pu être intéressants, mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas du tout accroché. Pourtant j’ai découvert Joe Hill avec Cornes que j’avais adoré. Mais là ça ne l’a pas fait du tout, je n’avais que peu d’empathie pour les persos et je m’ennuyais en lisant.

Ça ne l’a donc pas fait avec moi, et c’est bien dommage.

Phrases post-itées : 
« C’est que ça ne va pas de soi… le fait que rien puisse être quelque chose. Qu’un truc qui ne peut être vu ni mesuré puisse quand même exister et avoir un sens. C’est pareil avec l’âme, quand on y réfléchit. »

« Une chose qui ignore qu’elle est vivante n’est pas censé savoir qu’elle est morte. »

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Nord et Sud, Elizabeth Gaskell

juillet 25, 2017

51oAC-ABRJL._SX301_BO1,204,203,200_Résumé : Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s’installe dans une ville du Nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s’éveille. John Thornton, propriétaire d’une filature, incarne tout ce qu’elle déteste : l’industrie, l’argent et l’ambition. Malgré une hostilité affichée, John tombera sous son charme.

Avis : C’est un livre qui se lit doucement et en même temps, dont les chapitres défilent à toute vitesse. Margaret, suite à une décision de son père, se retrouve à vivre à Milton, une ville industrialisée, qui n’a rien à voir avec là où elle avait vécu jusqu’alors, une petite maison dans un village du Sud, très rural. Elle va donc devoir tout apprendre de cette ville, de comment fonctionne les industries, de la bagarre entre patrons et ouvriers qui ne se comprennent pas et s’opposent alors qu’ils travaillent en commun. Elle va voir la saleté, la fumée, le bruit, et la pauvreté de certains de ces ouvriers qui ont du mal à joindre les deux bouts. Elle va se prendre d’affection pour l’un d’eux, et s’opposer à Thornton en parallèle. Faut dire qu’il est arrogant, bouffé par l’ambition, il est persuadé d’avoir raison, d’être dans son bon droit et ne veut rien savoir des ouvriers qui travaillent pour lui, qu’il considère juste comme « une main d’oeuvre » et les voit à peine comme des humains. Son avis tranché m’a tout de suite énervé et j’ai éprouvé peu d’empathie pour ce Thornton, j’aimais que Margaret s’oppose à lui. On a aussi les travers des ouvriers et de la façon dont fonctionne leur syndicat.

Et si c’était intéressant, j’avoue que certaines fois j’ai trouvé ce livre un peu longuet. Déjà la décision du père de quitter Helstone m’a paru farfelu au possible, je n’ai pas réussi à la comprendre, mais passons, une fois qu’ils se retrouvent à Milton l’histoire démarre enfin. Mais est sans cesse entrecoupée de moments que j’ai trouvé un peu long et qui avait du mal à faire avancer l’histoire.
Autre chose qui m’a dérangé, c’est que pas une seule seconde j’ai été touché par les sentiments des protagonistes. La romance m’a paru un peu plate, on y croit pas tellement (en tout cas moi j’y ai moyennement cru).

J’ai beaucoup aimé le personnage de Margaret qui va devoir traverser pas mal d’épreuves et devoir trouver sa voie parmi tout ce qu’elle subit. Les quiproquos entre elle et Thornton ont un côté amusant, même si le fait qu’ils s’étendent encore et encore devient un peu chiant à la longue. Et j’avoue que le côté très religieux du livre m’a un peu gonflé, même si c’est pour montrer la différence entre les superstitions du Sud et les incroyances du Nord.

C’était tout de même une bonne lecture que j’ai aimé faire et découvrir, malgré les longueurs, je me suis laissée transporter par l’histoire et certaines fois j’ai eu peur pour les personnages et été touché par ce qui leur arrivait. J’ai même éprouvé des gros moments de stress. J’ai absolument adoré la fin qui m’a fait sourire jusqu’aux oreilles.

En plus : j’ai très envie de voir la mini série de la BBC, mais je ne trouve pas de version vostfr, dommage. J’essayerai de voir s’ils ont les dvds à la médiathèque.

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Anthologie : À voile et à vapeur, Collectif

juillet 19, 2017

f79a9fa7c4013afea9325f35b18922deab0c02841ce0d8c640b535a04107Résumé : De la science-fiction à la fantasy en passant par le fantastique, dix auteurs proposent leur vision d’un avenir du passé. Dans ce rétro-futur haut en couleurs, la vapeur et la voile cohabitent, le chevalier d’Éon use de charmes inattendus, des automates interrogent le tic tac de leur coeur mécanique et des élixirs permettent de changer de sexe à volonté. Embarquez à bord de la Vagabonde ou du Quatorze Sacs à Malice, destination la Russie, l’Afrique coloniale, Paris ou Londres, et partagez avec ces personnages les tourments et les plaisirs d’une vie à voile et à vapeur riche en aventures de tous genres ? et sans distinction de genre…Anthologie LGBT

Avis : Attention, comme il s’agit de courtes nouvelles, mon avis risque de contenir des spoils.

C’est une anthologie steam punk et LGBT en prime, et j’avoue vraiment avoir dévoré ces nouvelles et avoir adoré, pour la plupart, ma lecture. Mes préférées étant :

Poupée de chiffons de Sophie Fisher qui conte l’histoire d’un androïde amoureux de son sauveur. J’ai trouvé l’histoire hyper mignonne et douce et j’ai adoré être dans la tête de cet androïde. J’ai aimé le détail du mécanisme du cœur qui se grippe. C’était une belle histoire, tout en douceur.

Une histoire d’éléphants d’Isaac Orengo qui va raconter l’histoire d’un détective à la recherche d’un voleur, un voleur dont il est en fait amoureux, et ils entretiennent alors une relation aventureuse, où le voleur attend que le détective le trouve. J’ai adoré, ça m’a rappelé un côté Arsène Lupin, en y ajoutant un côté gay et mignon. La fin est peut-être un peu trop rapide, mais ça restait une histoire vachement intéressante et drôle (même s’il y a un moment triste).

Ces deux nouvelles ont vraiment su me toucher et me faire sourire. J’ai aussi beaucoup aimé :

Les mécanismes de l’errance dAlex Barlow que j’ai trouvé super chou. Il s’agit d’une histoire conté sur un bateau qui traverse l’espace, une histoire d’amour qui va peut-être changer les pensés des gens sur l’homosexualité, ouvrir les esprits et aider ceux qui s’aiment à le dire aux autres. C’était hyper hyper chou.

Dans les bras d’Orion de Céline Etcheberry. Celle-ci était hyper bizarre, c’était la plus spéciale de toute l’anthologie. En plus du steampunk, elle contenait un côté un peu fantastique et mystérieux. Pour autant cela sonnait un peu comme un conte, et c’était à la fois dur et jolie.

J’ai bien apprécié également  Louise Geneviève de Beaumont de Tonnerre d’Anthony Boulanger, cet homme qui se grime en femme, bisexuel, et qui joue les espions pour la France. Il est très taquin et pleins d’humour et surtout très libre, c’est un personnage très plaisant, mais le sous entendu de la toute fin m’a un peu fait tiquer.

Du vent dans les voiles de Jean-Basile Boutak et Histoire naturelle d’Angou Levant m’ont intéressé sans me marquer. Même si la première m’a amusé pour sa morale et sa façon de détourner un peu notre société pour montrer la stupidité des jugements des gens. La deuxième par contre ne m’a pas tellement marqué, j’aurais voulu plus de développement sur cette histoire, elle sonne plus comme un prologue à quelque chose. Pour Suivez cette cathédrale ! de Gareth Owens, c’est celle je pense qui m’a le moins enthousiasmé.

Finalement j’ai eu un gros problème avec deux nouvelles en particulier et c’est à la limite du coup de gueule pour celles-ci parce qu’elles sont, selon moi, très dérangeantes :

Ceci n’est pas une histoire de tortue de Tesha Garisaki pour commencer. Une femme qui grâce à un fluide extraordinaire et révolutionnaire peut devenir un homme si c’est ce qu’elle désire, et comment elle se sent au fond d’elle. Alors là je me suis dis « trop cool, le sujet de la transsexualité est abordé ». Sauf que ça ne l’a pas fait du tout, cette nouvelle m’a mise très mal à l’aise, j’ai trouvé le sujet mal traité, mal abordé, et la fin m’a choqué. C’est quoi la morale de cette fin? « Pour le mec que tu aimes ne soit pas toi même mais donne toi le corps que lui, il désire » ? Non vraiment ça m’a posé soucis. J’ai trouvé cette nouvelle très mauvaise du coup et je le regrette parce que le sujet était vraiment intéressant.

Finalement j’ai eu le même soucis avec Le pudding bavarois de Jarod Felten, qui avait pourtant très bien commencé. Un échange de lettres entre deux hommes sur la possibilité de l’existence des esprits. C’était prenant et j’avais hâte de savoir où ça nous mènerait. Sauf que j’ai trouvé la fin bâclée, trop rapide, et pareil que pour la précédente, c’est quoi cette morale à la con ? J’aurais largement préféré un « malgré sa sexualité, il est tellement amoureux, qu’il se fiche du sexe et du genre de la personne », plutôt que « comme il l’aime il change de sexe pour lui faire plaisir ». Pitié quoi. Je trouve ça très dérangeant et du coup ça m’a vraiment enlevé tout l’enthousiasme que j’éprouvais au début de cette nouvelle.

De manière générale pourtant, c’est une très bonne anthologie avec des nouvelles qui ont su me toucher. J’avais peur de tomber dans des clichés ou des trucs pas très biens écrits, à la va vite. Mais pas du tout, les histoires sont, certes courtes, mais la plupart sont biens écrites et racontent une histoire intéressante, tout en mêlant très bien le côté steam punk à une histoire d’amour (ou non, selon la nouvelle).
Donc franchement je recommande. C’est dommage que cette Anthologie ne soit pas plus connue. Je sais qu’elle n’existe qu’en numérique, mais vraiment elle vaut le coup d’œil.

Lien où trouver l’Anthologie : http://editions-voyel.fr/boutique/#!/Anthologie-A-voile-et-à-vapeur/p/45381998/category=1474707

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Sept jours à l’envers, Thomas Gornet

juillet 16, 2017

7-jours-a-lenversRésumé : Tout s’est passé très vite, en une semaine. Si vite qu’il peut remonter les jours, comme dans un film qu’il regarderait en marche arrière. Dimanche, samedi, vendredi… jusqu’au dimanche précédent où il s’est passé quelque chose de pas vraiment drôle. En attendant, il aimerait bien trouver la réponse à la devinette qu’on lui a posée ce jour-là.

Avis : Je suis obligée d’écrire à travers mes larmes et en me sentant un peu détruite par ce livre. Il raconte pourtant quelque chose qui peut arriver, il raconte à l’envers le décès d’un proche. À l’envers parce que l’histoire commence par la fin, et se raconte en remontant les jours un par un. Jusqu’à ce fameux dimanche.

C’est très doux dans l’écriture, c’est raconté par l’ado de treize ans et comment il vit ça, comment il voit ses parents vivre ça. Et pourtant c’est très dur, parce que tout du long, on ressent l’absence. Cette absence de celui qui est partit. « Lui ». On a des extraits de conversations qu’il a eu avec le narrateur. Des moments entre eux. Des souvenirs. Jusqu’au final qui est le début de tout et qui m’a totalement brisé.

Bon, c’est pas comme si on savait pas, puisque l’histoire commence presque avec l’enterrement, avec la fin. Alors en remontant les horloges on sait bien ce qu’il s’est passé, on sait qu’il y a eu un accident. Le savoir ne rend pas les choses moins tristes, et plus on remonte dans le temps et plus la gorge se noue, parce que plus on est proche de ce qui s’est passé, et plus les personnages en sont proches aussi. Triste. Sombre. Plongé dans cette nouvelle qui les a brisé et qui les changera à tout jamais.

Rien que d’en parler, j’ai le cœur qui se sert à nouveau. Ça m’a vraiment touché et fait mal. C’était une histoire dure et belle dans le déroulement du deuil, qui n’est pas encore fini au début (bien sûr ils n’ont eu qu’une semaine). Ça m’a vraiment pris à la gorge en tout cas. J’ai beaucoup aimé, mais dur.

Le détail qui tue : 
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Lui il est bien, il s’en fout.

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Matin brun, Franck Pavloff

juillet 16, 2017

franck-pavloff-matin-brun-1Résumé : Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’État brun.

Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.

Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ?

Avis : D’abord c’est les chats. Les chats qui n’ont plus le droit d’être autre chose que brun. C’est expliqué parce qu’il y a une surpopulation de chats. Bon pourquoi pas. Personne ne dit rien, pas le temps, autre chose à faire, la vie continue. On tue les chats pas bruns et on en prend un nouveau. Puis c’est les chiens. Même raison. Tout recommence. Bon. Puis les journaux disparaissent, faut les faire taire, ils osaient parler de chats et chiens pas bruns, puis tout continue, encore plus vite. On détourne les yeux.
Jusqu’au pire.

Ce livre décrit comment partir d’une petite interdiction, très vite les choses peuvent s’emballer, comment on peut instaurer un état totalitaire et dangereux, en partant d’une petite chose. Et comment on laisse faire, parce que ça paraît rien, parce qu’on n’a pas le temps de dire, parce qu’on n’a pas le temps de se plaindre.
C’est un livre qui peut être totalement d’actualité, et qui montre qu’il faut rester sur ses gardes et ne pas suivre aveuglément des lois injustes, par confort.

C’est une lecture très très courte mais qui va à l’essentiel et qui fait un peu flipper. Tout se précipite, parce qu’on a laissé faire pour les chats, pour les chiens, puis pour le reste et ensuite c’est trop tard. C’était sacrément puissant et dérangeant. J’ai beaucoup aimé, mais ça laisse un goût bien amer dans la bouche.