Archive for juin 2016

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Summerset Abbey tome 2 : Le printemps des débutantes, T.J Brown

juin 24, 2016

summerset-abbey-tome-2-le-printemps-des-debutantesRésumé : L’âge des possibles, c’est aussi celui des choix cruciaux et délicats. Les deux sœurs Buxton ne tardent pas à le découvrir. S’imposer professionnellement en tant que femme ou aimer l’homme de son choix, un défi pour ces jeunes femmes de l’Angleterre victorienne… Prudence s’est éloignée d’elles, résignée à mener une vie d’épouse modeste. Mais difficile d’oublier son passé… et son grand amour !

Avis : Je crois que ce tome 2 est encore meilleur et plus addictif que le premier. Sans doute parce que Victoria va faire face à l’injustice d’une société patriarcale et rentrer dans un monde qui défend la cause des femmes. C’était hyper intéressant de voir ce qu’essayait de faire les suffragettes, comment elles se battaient pour aider les femmes dans divers domaines. Les défendre contre les violences des hommes, les aider face à un monde d’homme, face à la pauvreté, à l’injustice faites aux femmes. J’aurais vraiment voulu que ce côté soit encore plus développé. Mais c’était déjà super intéressant.

Ce que je préfère dans ce livre c’est la façon dont les femmes vont se battre pour leur indépendance. Rowena évolue par rapport au tome précédent, elle est un peu moins placide et puis elle est amoureuse de Jon (et c’est réciproque). J’ai trouvé l’histoire très mignonne, mais surtout ce que j’adorais vraiment c’était voir Rowena apprendre à piloter. Je trouve que cela donne une réelle image de la prise de liberté, et franchement, je trouve ça terriblement géniale. J’ai aussi beaucoup aimé rencontrer la famille de Jon (sauf George son frère).

Prudence de son côté essaie d’être une épouse parfaite (mais surtout une ménagère en fait), et elle n’aime pas ça. Du tout. Elle se voit vivre avec son mari et ne lui servir que de ménagère toute sa vie, ça lui plait moyen. Mais Prudence, je trouve, se fond trop dans les conventions. Contrairement à Victoria qui se débat et Rowena qui essaie de transgresser aussi, Prudence suit « le bon petit chemin de la parfaite petite épouse » même si ça ne lui plait pas. Elle ment à son mari en plus (vive l’amour aha). J’aime bien Andrew même si « je ne veux pas vivre aux crochets de ma femme » m’a gonflé. En gros la femme peut, c’est même normal, mais l’homme a trop de fierté, ça me donne envie de les gifler. Mais à part ça, c’est quand même un bon personnage. 

Au niveau des romances, elles ne me satisfont pas plus que ça. Sauf l’histoire de Kit et Victoria. Parce que j’adore Kit, parce qu’ils m’ont fait vibrer. Mais surtout parce que Victoria refuse totalement de se marier, et ça c’est hyper agréable. Victoria est sans conteste mon personnage préféré, et son indépendance et son caractère me plaisent énormément. Certes elle est impulsive, mais franchement y a pire que d’utiliser cette impulsivité pour essayer d’aider les femmes.

Ce tome comporte pas mal de rebondissements. Encore une fois l’intrigue n’est pas très surprenante, mais j’ai quand même adoré ma lecture et le livre est assez addictif.

Phrase post-itée : 
« – J’ai la seule mère du royaume qui considère que le fait d’être gentille avec son fils est une tactique ! »

Mon avis sur : 
Le tome 1

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Summerset Abbey tome 1 : Les héritières, T.J Brown

juin 22, 2016

summerset-abbey-tome-1-les-heritieresRésumé : Londres, 1913. Prudence a grandi auprès de Rowena et Victoria, qu’elle considère comme ses sœurs, oubliant parfois qu’elle n’est que la fille de la préceptrice. À la mort de sir Philip, les deux orphelines sont recueillies par leur oncle au domaine de Summerset Abbey, mais pour rester avec elles, Prudence doit accepter de rejoindre le rang des domestiques. Alors que le monde moderne frappe à la porte du manoir, la jeune femme se retrouve face à son destin.

Avis : Il y a toujours un risque avec ce genre de livres, que l’époque soit mal décrite, qu’on tombe dans une histoire planplan cucul la praline, que ce soit mal écrit et pas intéressant, que les personnages soient chiants, etc.
En grande adepte de Jane Austen et des sœurs Brontë, je peux me montrer parfois difficile dans le genre, mais ce livre m’a conquise. Ce que j’ai préféré c’est l’ambiance et surtout les personnages, ces trois sœurs qui ont vécu une vie assez libre, avec un père qui leur a appris que les rangs ne signifiaient rien et que les femmes devraient avoir autant de droits que les hommes. Et qui doivent maintenant vivre avec un oncle et une tante très riches, qui ont les idées inverses. Les femmes doivent faire un beau mariage, les domestiques doivent tenir leur rang. Et c’est comme ça que Prudence, qui n’est pas réellement la sœur de sang de Victoria et Rowena, se retrouve être leur femme de chambre. 

L’ambiance n’est pas lourde, ça sent pas les drames à tous les coins, mais il y a quelques complots. En fait c’est surtout la tante et sa femme de chambre qui font des sales coups, pour que Prudence ait envie de partir et vite. Du coup, Prudence est mal traitée par les domestiques, elle subit une vie qu’elle n’a pas connu, et en plus ne se trouve pas d’amis parmi ces gens. Rowena commence par la traiter en domestique en plus, tandis qu’elle voit de moins en moins les deux sœurs.
Les événements s’enchaînent, et j’avoue que l’intrigue est assez grosse, il n’est pas si difficile de deviner les gros secrets familiaux, et je n’ai pas été surprise lors des découvertes, mais la lecture est tellement agréable que ça ne m’a pas dérangé, et j’avais hâte de savoir comment Prudence allait découvrir la vérité.

Mon personnage préféré dans cette histoire est sans conteste : Victoria. Des trois, c’est la plus libre, celle qui essaie de toutes ses forces de vivre la vie qu’elle entend vivre, même si elle est une femme et qu’elle doit tenir son rang. Rowena a fini par vraiment me gonfler en revanche, elle était trop placide, elle laissait trop les choses se faire et ne faisait que culpabiliser ensuite, avoir des regrets, au lieu de se battre pour les choses qu’elle veut. Elle n’essaie même pas, elle abandonne tout de suite et au bout d’un moment j’ai juste eu envie de la gifler pour qu’elle se bouge.
Prudence est celle qui découvre le plus vite que la vie est injuste, et que les conventions sociales l’enfermeront toujours dans une vie dont elle ne veut pas. Cependant elle se rend compte que son combat est vain face aux conventions. Elle essaie pourtant de se battre, de garder la tête haute, et elle sait que les sœurs sont là pour l’aider.

On se retrouve aussi avec quelques romances, que j’ai trouvé plutôt mignonne. Un peu facile (genre au premier regard c’est l’amour), mais assez bien écrite tout de même et puis choupi et douce.

La fin m’a foutu un choc, je l’ai vu comme une défaite. J’aurais voulu quelque chose de plus positif. Mais il y a deux autres tomes et j’espère qu’ils seront aussi bien et comme je me suis attachée, j’espère surtout que ça se terminera bien au final. Il y a également dans ce livre, un petit fond féministe qui m’a bien plu.

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Le secret des pierres, Brigitte Varel

juin 21, 2016

le-secret-des-pierresRésumé : Début du XXème siècle, au pied du massif de la Chartreuse. Marie est la descendante d’une lignée de femmes auxquelles on prête des dons mystérieux. Dons exacerbés lorsque leur prénom commence par la lettre « M ». Initiée par sa grand-mère, Marie en fait usage pour venger la mort de cette dernière, avant de donner naissance à son tour à une petite fille…

Avis : Un livre mélangeant historique et surnaturel, magie et vie de fermes dans le XXème siècle. Cela avait l’air très intéressant, d’autant plus que j’étais très intrigué par ce pouvoir. Sauf que ça n’a pas fonctionné. J’ai trouvé ça trop plat, les événements s’enchaînent trop vite, d’un chapitre sur l’autre on avance de dix ans, aucunement le temps d’éprouver de l’empathie pour les personnages, sur trois générations qui se succèdent, les histoires d’amour sont toujours les mêmes (une histoire d’amour d’enfance, un amour tout en symbiose blablabla). J’avais pensé voir un combat par Marie pour venger sa grand-mère., finalement non, c’est réglé en deux coups de cuillères à pot. Ensuite j’ai pensé qu’on verrait un véritable combat entre elle et Germaine, et finalement non, on passe sur ça aussi, et au bout d’un moment je me suis rendue compte qu’on passait sur tout. On se retrouve alors vite fait avec des descriptions « il s’est passé ça » et ça tombe à plat parce qu’au final on a rien, que des bouts. Dès que mon intérêt remontait, il retombait direct.

Et puis les fils de l’intrigue sont trop grosses, je voyais tout venir. J’ai fini par vraiment m’ennuyer, soupirer, lever les yeux au ciel, espéré que ça démarre, ou bien que ça s’arrête. L’histoire ne se concentre sur rien du tout, on a trop peu d’explications, on doit accepter cette histoire de magie sans poser de questions. J’ai pas non plus trouvé ça super réaliste par moment, j’ai trouvé que la haine des gens restaient limite très mesurés, on s’attend à plus de représailles. Mais il ne se passe jamais rien.

C’est certes très bien décrit, la vie des fermes et des villages, comment la guerre à bousculer certaines choses, mais encore une fois ça aussi ça restait vraiment en surface.

J’ai fini par abandonner, parce que j’en pouvais plus, parce que ça n’avançait pas, parce qu’on en était à la enième histoire d’amour encore pareil que les précédentes, parce que je voyais venir le truc, parce que j’avais pas envie de continuer tout simplement. Alors je suis allée lire la fin, j’ai pas été très surprise, j’ai été contente de m’être arrêtée. Voilà. Une mauvaise lecture.

Le détail qui tue : donc Marie (une des héroïnes) c’est mon nom. Sa petite fille s’appelle Mathilde (c’est le nom de ma cousine). Et la fille de Mathilde s’appelle Amandine (et c’est le nom de ma nièce). Ça m’a fait marrer.

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Je suis le seigneur du château, Susan Hill

juin 21, 2016

je suis le seigneur du chateauRésumé : « Tout ceci t’appartiendra… » Edmund, onze ans, rêve de ce jour où il deviendra maître de Warings !
Mais l’arrivée au château d’une gouvernante et de son fils Charles, dix ans, vient tout gâcher ! Edmund voit son père, veuf depuis de longues années, revivre en la présence de la jolie Mme Kinshaw. Et il n’a plus qu’une idée : chasser ces intrus de « son » château !
Intelligent, ingénieux, avec des raffinements de cruauté et une perversité inouïe, Edmund, sûr de ses droits de seigneur du château, humiliera Charles, le persécutera, le terrorisera…
Il existe un monde sombre et violent de l’enfance, sans pureté, sans innocence, un monde que les adultes préfèrent ignorer…

Avis : Ce livre est malsain, Edmund est un enfant qui fait froid dans le dos. Dès le début, on sent qu’il est pas net, qu’il est destructeur. La façon dont il va réduire un papillon en poussière (même sans faire tout à fait exprès) est à mon avis annonciateur de ce qu’il va faire avec Charles. L’histoire est surtout vécu du point de vue de Charles (même si au début c’était celui d’Edmund qui prédominait, avec l’arrivé de Charles on se concentre sur celui-ci), et je dois dire que j’étais terriblement mal à l’aise.

Edmund manipule Charles, il le harcèle sans arrêt, et il est assez malin pour jamais se faire prendre, pour que son père et la mère de Charles ne voient rien. Il faut dire que je n’ai jamais vu des adultes aussi peu à l’écoute de leurs enfants. Surtout la mère de Charles, qui lui impose son amour comme une prison « je n’ai plus que toi », mais qui est prête à ne rien voir quand son fils va mal, pour ses propres besoins à elle.

Je pense qu’en plus de devoir subir les idées retors d’Edmund, Charles subit la solitude que lui impose sa mère en refusant de l’écouter ou de le comprendre. Lui-même finit par avoir une âme qui s’assombrit au fur à mesure des pages, il ne souhaite plus qu’une chose, c’est la mort d’Edmund. Et pourtant lui-même sera incapable de réellement lui faire du mal.

On se rend compte au fur à mesure du livre, que malgré ce que montre Edmund, c’est un lâche, un trouillard, incapable de se débrouiller seul. Tandis que Charles, au contraire, peut montrer une grande force de caractère et pas mal de débrouillardise. Sans Edmund pour lui pourrir l’esprit et sa confiance en lui-même, Charles est un gamin vraiment capable de faire pleins de choses.

Mais Edmund ne le lâche pas, sa méchanceté n’a aucune limite, et jusqu’au bout Charles subit sa cruauté et ses plans malsains. Que ce soit des simples phrases, ou des gestes et de véritables attaques, on sent toute l’emprise d’Edmund sur Charles (et sur les adultes).

Un livre terriblement dérangeant, qui montre les noirceurs de l’âme humaine, et surtout de celles des enfants, qui ne sont pas toujours si innocents que ça.

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Inventaire après rupture, Daniel Handler

juin 21, 2016

inventaire-aprc3a8s-rupture-daniel-handlerRésumé : Devant la porte d’Ed, il y a un carton. Dans ce carton, il y a une lettre. Et plein d’objet. La lettre, c’est Min qui l’a écrite pour Ed. Elle y commente un par un ces objets, qui évoquent tous les petits et grands moments de leur rencontre, de leur histoire, de leur amour. Ainsi, Min explique à Ed comment elle l’a aimé… et pourquoi elle l’a quitté.

Avis : Ce qui m’attirait dans ce livre, c’était l’idée de ces objets qui allaient servir de fil conducteur à l’histoire. Min rend un carton plein d’objets à Ed, qu’elle aimait, et elle raconte pourquoi eux c’est fini. Elle le dit souvent « voilà pourquoi toi et moi c’est fini », mais sans donner de raisons exactes, et pourtant on sent ce qui a pu se passer, des indices sont parsemés tout du long de ce qu’elle raconte. J’adore Min, c’est une rêveuse, elle est fan de vieux films (aucune idée si ce sont des films réels, j’ai rien trouvé à leurs sujets) et essaie de faire de sa propre vie, un film. J’aime sa façon d’être, de voir dans des petites choses, quelque chose de précieux. Et puis je pouvais la comprendre sur pleins de choses, cette façon d’aimer peu la foule et les fêtes pleines d’alcool, de ne pas se sentir à l’aise parfois, de ne pas aimer le sport.

Min tombe amoureuse d’Ed, et pourtant ils n’ont rien en commun. Alors oui, ça veut rien dire, l’amour ça peut marcher même quand on a rien en commun avec l’être aimé, et pourtant je les ai trouvé hyper mal assorti et je ne voyais rien de tangible dans cet amour. Si ce n’est qu’elle le trouvait beau et qu’elle était flattée qu’il l’aime. Du coup on a du mal à y croire.

En revanche j’adorais la relation de Min et d’Al, ils sont meilleurs amis, se comprennent, se soutiennent (la plupart du temps), et ont beaucoup de goûts en commun. Quand ils se parlent, ils sont sur la même longueur d’onde. C’est la même chose entre Min et ses autres amis. Tandis qu’avec Ed, et bien il y avait un monde entre eux, et on sentait bien que ça ne pourrait pas fonctionner.

L’histoire en elle-même, je l’ai trouvé très prenante, l’écriture assez spéciale (surtout au niveau des dialogues où il me fallait parfois les relire une ou deux fois pour comprendre qui parlait), mais le livre était difficile à lâcher. Je ne me suis pas ennuyée, j’ai passé un bon moment de lecture et même si je me doutais pas mal de ce qu’il en était, ça reste un livre plutôt sympa.

C’était donc une bonne lecture, très bien illustré, mais qui ne restera pas impérissable dans ma mémoire. D’autant plus que certaines choses m’ont fait grogné (surtout l’homophobie de certains personnages). Un livre sympa, mais qui ne m’a pas transporté comme d’autres le font parfois.

Phrases post-itées : 
« – Et arrête de dire « sans vouloir te vexer » quand tu dis des choses vexantes. Ce n’est pas un passe gratuit, un permis de vexer. »

« Je me sentais comme une patate candidate à la présidence, comme un vélo en maillot de bain. »

Illustré par : Maira Kalman

 

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Belle, Robin McKinley

juin 17, 2016

belle-lhistoire-eternelle-robin-mckinley-L-d1RcKvRésumé : Belle était loin d’être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d’une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s’acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l’histoire d’un château magique et de la terrible promesse qu’il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous… ? » Ceci est son histoire… une histoire d’amour et de rêve.

Avis : Une réécriture de la Belle et la Bête, dont la couverture magnifique m’avait attiré voilà pas mal de temps. Endormis depuis des siècles dans ma PAL, je l’en ai enfin sorti, en espérant aimer et ne pas être déçue. L’histoire est narrée par Belle elle-même, et j’ai beaucoup aimé ses traits d’esprit, son humour, sa façon d’être.

Belle est futée, elle adore lire, elle adore aussi sa famille. Elle ne se préoccupe guère de son physique, puisque de toute façon elle se trouve moche (et se compare beaucoup à ses deux sœurs Grâce et Espérance, qui elles, sont magnifiques). On sent bien que son point de vue est biaisé à ce sujet. Elle est la dernière, elle est la plus petite, et puis ses sœurs sont vraiment belles et beaucoup courtisés. Pour autant, Grâce et Espérance sont hyper attachantes, elles sont très gentilles et leurs histoires d’amour sont belles également (et triste pour Grâce).

J’ai aimé tous les personnages, je l’avoue. Ils sont tous attachants, et l’histoire est assez douce. On passe de la ville à la campagne (où la magie semble plus présente), et finalement arrive l’événement qu’on attend, l’arrivé de la Bête. Belle, va aller au devant des préjugés et va décider de se rendre au château de ce personnage, et de là va commencer une histoire magique (avec de l’amour à la clé).

J’ai trouvé ça plutôt mignon, j’ai beaucoup aimé comment la relation entre Belle et la Bête se met en place, leurs échanges, la façon dont ils vont s’apprivoiser. J’ai aimé les enchantements du château, toute cette magie qui entourait l’endroit était superbe, d’autant plus que c’était si bien décrit qu’on se serait cru nous mêmes dans les lieux.

Cette histoire reste douce jusqu’au bout, il n’y a pas vraiment de passage de haine ou de colère, pas de grands événements non plus, mais ça se lit très bien, l’écriture est vraiment bonne et prenante. Je regrette ceci dit que ce soit si proche du conte, pour une réécriture on attend peut-être un peu plus de changement. Mais c’était une lecture qui m’a baigné dans la magie et dans une histoire que j’ai trouvé assez mignonne et prenante, ça faisait du bien.

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Tess d’Urberville, Thomas Hardy

juin 16, 2016

bm_27561_1283522Résumé : Jeune paysanne innocente placée dans une famille, Tess est séduite puis abandonnée par Alec d’Urberville, un de ses jeunes maîtres. L’enfant qu’elle met au monde meurt en naissant.

Dans la puritaine société anglaise de la fin du XIXe siècle, c’est là une faute irrémissible, que la jeune fille aura le tort de ne pas vouloir dissimuler. Dès lors, son destin est une descente aux enfers de la honte et de la déchéance.

Le détail qui tue : j’ai un peu du mal avec ce résumé, mais j’en ai pas trouvé de meilleur. Seulement dire que Tess est « séduite » par Alec d’Urberville me dérange. Puisqu’il ne s’agit pas de séduction mais bel et bien d’un viol.

Avis : Ce livre m’a déprimé, les malheurs vont s’acharner sur Tess les uns après les autres, ne lui faisant vivre que quelques moments de bonheur. Pourtant Tess est une fille généreuse, travailleuse, et qui aime beaucoup sa famille et fait de son mieux pour celle-ci. Si elle est naïve, elle n’est pas non plus stupide. Simplement Alec d’Urberville va commettre un acte qui ne sera jamais réparé, ni réparable, et qui vont casser toutes les bases de ce que Tess cherchera à construire ensuite. Tout ça parce que son père a découvert qu’il était un d’Urberville, une ancienne grande famille et que ça lui est un peu monté à la tête.
De plus, on vit à une époque où il est inadmissible qu’une femme ne soit plus vierge hors mariage, que ce ne soit pas sa faute, tout le monde s’en fiche (d’autant plus que les hommes ne sont guère punis pour leurs actes, eux).
Pourtant Tess va vraiment essayer de se reconstruire, d’être à nouveau heureuse. Sa rencontre avec Angel va lui donner une idée du bonheur et je les ai trouvé mignon. Même si on se doute assez facilement ce qui va se passer.
L’auteur joue avec Tess, enchaînant les « si Tess avait fait ça » ou les « si à ce moment là il s’était passé ça », insistant sur le fait que tout aurait pu être différent.

L’écriture est délicieuse, l’auteur joue avec l’ironie, se moque parfois gentiment de ses personnages, ou bien pose sur eux un regard de tristesse. On sent derrière ces mots une critique de la société, des lois sociales qui enferment des bonnes personnes dans leur malheur, de la religion et de ceux qui suivent la mode et les convenances sans jamais se remettre en question (comme les frères d’Angel). La façon dont il est « si facile » de se convertir, alors qu’au fond on n’a pas changé.
C’est bien écrit, mais très facile à lire quand même, je me suis régalée.

Et pourtant j’ai souffert, pour cette pauvre Tess, pour tout ce qu’elle a à subir à cause de l’acte d’un autre. A la fin, je me suis sentie l’envie de me rouler en boule dans un coin, j’avais aussi un sentiment d’injustice dans la bouche. On sent que l’auteur est attaché à son personnage, malgré ce qu’il lui fait subir, il a un regard assez doux sur elle (beaucoup plus que sur d’autres personnages).

L’histoire se passe dans le monde paysan, et au cours de notre lecture, on pourra voir la façon dont ils travaillaient, même les femmes (elles devaient travailler tout autant que les hommes, mais elles étaient moins payés).

En bref, c’était une très bonne découverte, qui me donne envie de me tourner vers d’autres œuvres de l’auteur, ayant beaucoup aimé sa plume.

Phrases post-itées : 
« Il suffit que, dans le cas actuel comme dans des millions d’autres, ne se rencontrèrent pas à la minute fatidique les deux moitiés d’un tout qui eût été parfait. »

« Elle pensait, sans s’exprimer aussi exactement sa pensée, combien étrange et divin était le pouvoir d’un compositeur qui, de la tombe, savait mener, à travers des enchaînements d’émotions éprouvées d’abord par lui seul, une fille comme elle, qui n’avait jamais entendu son nom et ne devait jamais avoir la moindre idée de sa personnalité. »

« Le silence absolu frappait comme un être réel plutôt que comme la négation du bruit. »

« Les germes d’une ferme amitié se trouvaient-ils cachés sous l’émotion passagère qui l’étreignait, ou n’était-ce qu’une joie sensuelle, causée seulement par sa beauté et que ne soutenait rien de durable? »