h1

Des enfants trop parfaits, Peter James

novembre 28, 2016

71wqqzdh87lRésumé : Naomi et John ont perdu leur fils unique, emporté par une maladie génétique rare à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, des années plus tard, ils se sentent enfin prêts à refonder une famille dont ils ont toujours rêvé.

Lorsqu’ils entendent parler du docteur Dettore, généticien visionnaire, ils voient en lui l’homme providentiel. Dettore connaît une méthode infaillible pour que leur prochain enfant ne soit pas atteint de la même pathologie. Comment résister à la promesse d’un bébé en bonne santé ?

Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives… trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Avis : L’histoire me tentait bien, le résumé donnait envie. J’avais envie de voir ces enfants, qu’est ce qui allait se passer et je m’attendais à une histoire bien glauque sur des enfants qui devenaient de plus en plus flippants, parce que justement « trop parfaits ». Sauf que, certes oui, les enfants dérangent, ils mettent mal à l’aise, mais l’histoire est beaucoup trop peu centrée sur eux. Au final, on tourne surtout autour de Naomi et John, et comme personnage chiant, on fait pas mieux. Des vraies girouettes pour commencer, ils ont des sautes d’humeur puis changent d’avis. Ils m’ont tellement saoulé, particulièrement John que j’avais envie de balancer par une fenêtre.
Et puis là, c’est le délire, on rentre dans une histoire de secte, des sales types qui tuent les enfants génétiquement modifiés et l’histoire devient chiante à mourir. Je me suis vraiment ennuyée souvent avec cette lecture, j’avais assez peu envie d’y revenir, la plupart du temps, j’avais juste hâte que ça se termine et le livre me paraissait énorme.

Heureusement certains passages ont réveillé mon intérêt, sinon j’aurais sans doute abandonné ma lecture. J’ai vraiment aimé les moments où on se centre véritablement sur les enfants, j’aurais voulu en savoir plus, en voir plus, et que ça tourne réellement au cauchemar à cause des enfants. Malheureusement, ces passages sont trop courts et on repart vite dans les délires des sectes et autres. Selon moi, le livre contient un super sujet hyper intéressant, avec pas mal de remise en question sur ce que l’humain a le droit ou non de faire, que ce soit ou non pour changer l’humanité. Mais ce n’est pas exploité, pas assez approfondit, et nourris par des personnages inintéressants.

La fin est pas mal, une bonne leçon, je dirais, mais en même temps, elle n’est pas non plus extraordinaire, et un peu lente à se mettre en place. Parfois, j’avais envie de sauter des pages pour arriver plus vite au cœur du problème.
Une lecture assez mitigée donc pour moi. Je m’attendais vraiment à quelque chose qui se centre sur les enfants et qui foncent dans l’horreur à cause de ces dis enfants, ce ne fut pas vraiment le cas et je suis restée au bord de la route avec ce livre. Tant pis.

Phrase post-itée : 
« Dans une certaine chaîne de hamburgers, ils mettent du polyester dans leurs pains pour les faire gonfler. Ils te font bouffer du polyester et, toi, tu te dis que si ce pain a l’air tellement bon, c’est qu’il va te faire du bien ! »

h1

Bazar Bizarre, Jacques Zeimet

octobre 31, 2016

SAMSUNG CAMERA PICTURES 2-8 joueurs ♠ 6 ans et + ♠ 20min

Auteur : Jacques Zeimet
Illustrateur : Gabriela Silveira
gigamic

Matériel :
SAMSUNG CAMERA PICTURES
5 pièces en bois 

SAMSUNG CAMERA PICTURES
60 cartes

SAMSUNG CAMERA PICTURES
Règle du jeu 

Le spitch : Franklin, le fantôme, a découvert un vieil appareil photo dans la cave du château. Il a immédiatement photographié tout ce qu’il aime faire disparaître… à commencer par lui-même. Malheureusement, les couleurs des clichés sont souvent mauvaises. Ainsi, la bouteille verte apparaît tantôt blanche, tantôt bleue. En regardant les photos, Franklin ne se rappelle plus exactement ce qu’il voulait faire disparaître…. Aidez-le à identifier rapidement la bonne pièce : les plus vifs ont les meilleures chances de mener la partie…

Avis :
J’ai découvert ce jeu avec les enfants avec lesquels je travaille. Le jeu paye pas de mine au début, il paraît plutôt simple. Il faut attraper des objets en fonction des cartes que l’on tire. Soit l’objet qu’il manque sur la carte, soit celui qui, au contraire, est sur la carte. Et puis en fait, c’est pas si facile, ça demande vachement de concentration. D’un coup, on est super content d’avoir attrapé cette souris grise qui n’est pas sur la carte, avant de déchanté très vite en se rendant compte qu’il fallait en fait attraper la bouteille verte, car elle est sur la carte, elle. Alors on se retrouve obligé de donner une carte à celui qui a vu juste.
Un jeu d’observation et de dextérité, où le plus rapide et le plus observateur va l’emporter.

J’ai tout de suite accroché à ce jeu, il se joue rapidement, même avec des enfants – qui sont bien souvent beaucoup plus doués que moi (je dois avoir le cerveau trop ralenti pour ces trucs) – et les parties sont souvent une bonne tranche de rire (ou parfois de frustration). Faire attention aussi aux ongles longs pour quand on attrape en même temps le même objet. Testé à 2 et à 3 joueurs, ce qui était déjà sportif. J’aimerais testé avec 8 joueurs, la dynamique doit être plutôt dingue.

Les + : 
Rapide
Matériel de qualité
Fun

Les – : 
Ça peut être frustrant quand on galère à voir ce qu’il manque ou ce qu’il y a sur la carte
Attention aux ongles

Je recommande pour : 
Ceux qui aiment le jungle speed et veulent renouveler un peu.
Ceux qui aiment les jeux de rapidité et d’observation.

Ma note : 4,75/5

La vidéo Tric Trac : 
http://www.trictrac.tv/video/iframe/Bazar_Bizarre_de_l_explipartie

Autres versions ou extensions du jeu :

h1

Mort-en-direct.com, John Katzenbach

octobre 13, 2016

mort-en-directcom Résumé : Pour retrouver la victime d’un snuff movie, un professeur de psychologie doit faire équipe avec un pédophile.
Adrian, professeur de psychologie, apprend qu’il est atteint d’une maladie dégénérative du cerveau provoquant, entre autres symptômes, des hallucinations.
Un soir, il voit une jeune fille se faire embarquer de force dans une camionnette. Il est le seul à croire à un enlèvement. Sans l’aide de la police, Adrian doit, pour la sauver, recourir à un spécialiste des réseaux souterrains et illégaux : un pervers sexuel en liberté surveillée. Adrian la retrouvera-t-il avant de sombrer dans la folie ?

Avis : Je me suis embarquée dans ce petit thriller dont le résumé me faisait pas mal envie et j’ai beaucoup aimé ma lecture. Adrian apprend qu’il est atteint de la démence à corps de Lewy, une maladie aussi rare que destructrice. Adrian se retrouve victime d’hallucinations et perd peu à peu la tête. Il a donc prévu de se suicider avant de ne plus être maître de lui-même, sauf que ses projets sont annulés quand il assiste à un kidnapping. De là, il va se mettre dans la tête d’aider cette victime et de la sauver, en partie parce qu’il n’a pas pu sauver son frère, sa femme et son fils tous morts bien trop tôt. Accompagné des hallucinations de sa famille, il va mener son enquête qui vont l’emmener très loin.
Même si au début, j’ai eu un peu de mal avec l’écriture, au fur et à mesure de ma lecture, j’ai de plus en plus accroché, m’attachant au personnage d’Adrian. Ce professeur qui perd la tête est super attachant, et sa vie a été vraiment difficile, il a vu toutes les personnes qu’il aimait mourir. Pouvoir les retrouver en hallucination est presque un soulagement pour lui, en fait. On sent qu’Adrian est sur un fil, entre folie et réalité, et malgré ça, il va se battre pour retrouver Jennifer et je l’ai vraiment aimé. J’ai beaucoup moins apprécié la flic, Terry. Elle aussi a un passé difficile, fuyant avec ses filles un mari violent. Mais je l’ai trouvé presque trop terre-à-terre. Elle pensait beaucoup à sa carrière, allant parfois jusqu’à souhaiter être débarrassée de cette affaire. Elle restait très droite, certes, mais inutile du coup. Je pense que ça représente une certaine réalité de la police, ils ont des règles à suivre et ils sont parfois bloqués par la peur des journalistes, la peur de voir leur carrière détruite par une erreur.
On se retrouve aussi dans la tête de Jennifer, et je l’ai trouvé hyper courageuse, j’avais envie qu’elle se batte, qu’elle lutte, j’avais tellement envie qu’elle s’en sorte. On sent qu’elle a du caractère, qu’elle ne veut pas céder, mais en même temps, elle est terrifiée par ce qui lui arrive. Pour autant, elle réussit à obtenir des petites victoires face à ses agresseurs. Des agresseurs qui se prennent pour des grands scénaristes et ne voient pas le problème dans ce qu’ils font. Ils ne se sentent ni violeur, ni meurtrier. On sent leur folie chaque fois qu’on se retrouve dans leur tête, une folie guidée par leur amour. Ils font froid dans le dos, mais j’ai trouvé que ceux qui regardaient le site, tels des voyeurs, étaient encore pire qu’eux.
Ils assistent à ce que doit subir Numéro Quatre, ils la regardent jour après jour, essaie de ne pas rater les meilleurs moments (un peu à la Truman Show, mais en vraiment plus glauque), et pas un seul ne prévient la police, n’essaie de sauver Numéro Quatre. On voit diverses sortes de persos, des gros pervers, des étudiants pas nets, mais également des jeunes filles, des réalisateurs… Et aucun n’essaie d’aider la jeune fille qu’ils voient souffrir à l’écran. Ils se délectent simplement du spectacle et franchement, pour moi, ils valaient pas mieux que Linda et Michael, les agresseurs de Jennifer.
Et puis il y a Wolfe, le délinquant sexuel qui va aider Adrian à retrouver la jeune fille, et lui, je ne l’ai pas aimé pour tous pleins de raisons, mais c’est un personnage intéressant qui montre la psychologie de ce genre de personnes. Leur perversité, mais également leurs autres facettes. Par exemple, ici, Wolfe malgré ses actes, consacre beaucoup de temps à sa mère malade.
Le récit est donc vu à travers tous ces points de vue, et si on sait déjà qui est coupable, pourquoi et comment, ça n’enlève rien au thriller qui est une course contre la montre, mais qui va surtout visiter la psychologie des personnages, et qui est donc très intéressant. Chaque personnage est vraiment visité, on voit leurs pensées, c’est très profond. L’intrigue est donc prenante, et à la fois malsaine. Parce qu’on a l’impression aussi d’être des voyeurs, en regardant ce qu’il va arriver à Jennifer. Sauf qu’on n’a pas les pouvoirs de prévenir personne, on peut juste espérer qu’elle soit retrouvée à temps.
La fin m’a pas mal émue, j’en ai eu les larmes aux yeux. Même si je regrette que certains personnages soient effacés, pour lesquels j’aurais voulu en savoir plus sur leur devenir. Mais ça reste une belle fin et un bon livre.

Phrase post-itée : 
« Elle était consternée par le fait que la nature criminelle de leurs activités leur interdise d’être célèbre. »

h1

13 1/2, Nevada Barr

octobre 10, 2016

17693140Résumé : Minnesota, 1968. Quand Dylan, onze ans, se réveille dans sa maison couvert de sang, il ne se souvient de rien.Pourtant,tout prouve qu’il vient de massacrer ses parents et sa petite sœur à la hache. Seul survivant : Richard, son frère aîné. Dylan est désormais le célèbre « Petit Boucher ».
La Nouvelle-Orléans, 2007. Dans une ville dévastée pas l’ouragan Katrina vivent sous le même toit deux frères, Marshall et Danny… en réalité Richard et Dylan. Nouveau départ, nouvelle identité, mais qui est qui ? Lorsque Marshall rencontre Polly, mère de deux filles, c’est le coup de foudre. Mais en entrant dans la vie des deux hommes, Polly vient de se jeter avec ses deux enfants dans la gueule du loup…

Avis : J’ai tout de suite compris et deviné l’intrigue de ce livre. Alors j’étais un peu déçue, j’espérais me tromper, et ce ne fut pas le cas du tout. Pourtant j’ai dévoré ce livre et j’ai aimé ma lecture. Surtout parce que j’ai trouvé le personnage de Dylan hyper attachant. Malgré ce qu’il a fait, malgré ce dont on l’accuse, malgré le fait qu’il s’enferme à l’intérieur de lui-même, je l’ai aimé. Il a quelque chose de touchant, il est perdu, il se prend pour un monstre et il n’arrive pas à se souvenir de ce qu’il s’est passé quand il a tué sa famille. Et surtout, il ne veut pas se souvenir, il ne veut se rappeler de rien. Soutenue par son frère, sa seule famille désormais, il va s’accrocher à lui. Richard fait tout pour que son petit frère s’en sorte et lui donner une autre vie.

D’un autre côté on a Polly qui a vécu une enfance de merde et qui est bien décidée à en donner une meilleure à ses deux filles. J’ai beaucoup aimé Polly également. Et sa relation avec Marshall, bien que très rapide, je l’ai trouvé touchante aussi d’une certaine façon. Et puis tout s’écroule.
Le rythme est entraînant, je ne me suis pas du tout ennuyée quand bien même j’avais tout compris très vite. Par chance que les personnages sont attachants (ou pas pour certains), que l’histoire est bonne et qu’on a quand même envie de savoir comment ça va se terminer. J’avais peur, très peur que tout se termine très très mal.

Finalement, ça reste un thriller assez doux. Certes ça parle de massacre, mais c’est quand même pas hyper gore, c’est très peu décrit, on ne voit pas énormément de sang. On sent la folie qui s’immisce, c’est assez psychologique. Personnellement j’avais envie de protéger les personnages. J’ai trouvé que la toute fin avait un petit quelque chose qui faisait froid dans le dos. Mais dans l’ensemble, ça n’est pas une lecture qui va mettre des nœuds dans l’estomac et tout le toutim. Peut-être les événements qui s’accélèrent vers la fin vont un peu donner le frisson, mais pas énormément non plus.

Une bonne lecture quand même, malgré le fait que j’avais tout compris, parce que les personnages sont attachants. J’ai aussi trouvé ça très bien écrit, très entraînant et prenant. Un peu doux pour un thriller, ça pourrait être l’occasion pour ceux, que le genre thriller, stressent, de commencer avec celui-ci. En tout cas, j’ai bien aimé.

Phrases post-itées : 
« Il faudrait vraiment qu’il y ait prescription sur les mauvais souvenirs. »

« Être amoureuse, même si cela s’avérait aussi magnifique que l’avaient annoncé les poètes, apportait également un sentiment d’impuissance terrifiant. »

« – Je t’aime, dit-il simplement. Te trouver, ça a été comme découvrir que je n’étais ni sourd, ni idiot, ni aveugle, même si j’avais fini par apprendre à vivre ainsi. »

« Danny avait l’intime conviction que c’était là la version moderne du « pain et des jeux ». Tant que les masses pouvaient être diverties et passer leur temps à chercher le saint (et coûteux) Graal du grand amour, elles avaient moins tendance à se préoccuper du système qui les menait en bateau. »

h1

100 000 canards par un doux soir d’orage, Thomas Carreras

octobre 7, 2016

couv-100-000-canardsRésumé : Anatidaephobia (n.f) : Peur panique à l’idée d’être observé, où que l’on se trouve, par un ou des canards.

Quand Ginger, globe-trotteuse américaine de 19 ans, débarque à Merrywaters – le bled le plus paumé d’Angleterre – pour participer à un festival de musique, elle est loin de se douter que les canards seront aussi nombreux dans le coin. Ni qu’ils commenceront à l’espionner. Ni qu’ils représenteront, peut-être, un danger mortel.
LA SUITE ? AH NON, C’EST TOUT, ON NE VOUS DIT PLUS RIEN !

Sachez seulement qu’aucun canard n’a été blessé pendant l’écriture de ce livre.

Avis : Une couverture alléchante, un titre intrigant, un résumé qui donne envie. Sauf que ça n’a pas fonctionné pour moi. J’ai hésité à écrire ou non une chronique, à placer ce livre simplement dans « ces livres que j’ai abandonné », mais je me suis dis que j’allais quand même en parler. Parce que j’ai lu toute la première partie, un peu de la deuxième et la fin. Et j’ai quelques petites choses à en dire, sur le pourquoi de mon abandon.

D’abord, j’ai trouvé ça mal écrit. Un style assez simple, très oral, mais pas accrocheur du tout. En plus je trouvais que les dialogues sonnaient mal, pas réalistes, malgré le style oral. J’ai aussi trouvé ça tiré par les cheveux, mais pas dans le bon sens. Habituellement j’aime les choses absurdes, alors que là j’ai eu simplement l’impression que l’auteur prenait des raccourcis pour pas être embêté par son histoire. C’est fait avec humour, mais c’est un humour qui n’a vraiment pas fonctionné pour moi. Du coup, ça m’a paru trop brusque, trop facile. Je m’ennuyais ferme, mais j’ai décidé de laisser tout de même une chance au livre de me surprendre. Les canards sont un petit peu flippants, et il y a eu un moment où mon intérêt a été réveillé. J’ai pensé que l’auteur voulait jouer sur la folie de Ginger, nous faire douter. Est-ce que les canards la regardent vraiment? Ou est-ce qu’elle a pété un plomb? Et ça, ça m’intéressait. Sauf qu’en fait c’est très (trop) court, et que la réponse est trop rapide, et ne m’a pas plu.
J’ai eu beaucoup beaucoup de mal avec la deuxième partie, mon intérêt était retombé d’un coup, je trouvais ça plat, pas intéressant, pas accrocheur. En fait ça se veut absurde et fou, et pourtant d’une certaine façon j’ai trouvé ça banale. Un genre d’attaque zombie, mais avec des canards. Les personnages n’étaient absolument pas attachants et en plus je trouve qu’ils changent trop rapidement de caractère, je n’ai pas du tout été empathique avec ce qui leur arrivait.

Quand les Rolling Stones entrent en scène, j’ai roulé des yeux. J’ai pas aimé la façon dont ils étaient exploités, aussi absurde que le reste. Et j’ai décroché. J’ai décidé d’aller lire la fin en me disant « si la fin est incroyable, je continue ». Sauf que non. Pas de fin incroyable.
J’ai lu quelques passages au milieu. Rien qui me donne envie de continuer.
Alors voilà. J’en ai fini là avec ce livre.

Je le regrette parce qu’il y avait de l’idée, de l’originalité et de l’humour. Mais l’écriture était vraiment trop simpliste pour moi, limite imbuvable, et l’absurde est utilisé pour faciliter l’histoire ce qui ne la sert pas, au final on se retrouve devant quelque chose de pas si original que ça. Sauf que c’est déjanté et que les méchants sont des canards.

Dommage.

h1

Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri, David Lelait-Helo

octobre 6, 2016

visuel-quand-je-serai-grand-je-serai-nana-mouskouriRésumé : Dès l’enfance, Milou a des ambitions qui ont de quoi surprendre. Dans la cour de récréation, ce drôle de petit garçon aime jouer à la princesse, et faire de ses copines ses soldats. Il s’imaginera aussi un destin dans la peau d’un monstre orange, le Casimir de L’île aux enfants, avant de se mettre en tête qu’il est la plus puissante des reines d’Égypte.
Mais quand il a treize ans, une voix fait chavirer tous ses projets.
Celle de Nana Mouskouri.
C’est décidé : il sera cette femme-là !
Que d’embûches… Car Milou n’est pas grec, il ne porte ni lunettes ni longue robe pailletée, il ne sait pas chanter et, pire que tout, il découvre, effaré, qu’il est un garçon.
Pourtant, Milou a plus d’un tour dans son sac…
Son truc à lui, au fil des années, jusqu’au soir de ses quarante ans, c’est de défier le réel pour suivre son rêve. Un rêve qui le mènera bien plus loin qu’il ne l’avait imaginé…

Avis : Merci à la masse critique de Babelio pour l’envoie de ce livre. Je ne pense pas que je l’aurais découvert sans ça, et je suis vraiment heureuse d’avoir pu lire ce livre, car j’ai beaucoup aimé.
C’est l’histoire de Milou, et de sa quête pour devenir Nana Mouskouri. Entre recherche de sa propre identité et la poursuite de cette héroïne qui a bercé son adolescence et qui a été là dans les moments difficiles. Milou, en plus de Nana, il aime sa grand-mère Aimé, et il va lui donner tout son amour à cette grand-mère. Et j’ai adoré leur relation, elle m’a touché profondément.
Il est en conflit avec ses parents aussi, et pourtant même s’il en parle peu de ses parents, on sent qu’ils aiment ce fils. Ce fils qui leur en veut quand ils essaient de le séparer de sa grand-mère, ce fils peut-être un peu étrange qui rêve d’être Nana Mouskouri, qui s’habille en Nana Mouskouri et chante ses chansons. On sent également que Milou cherche en Nana Mouskouri comme une échappatoire, une autre vie que la sienne.

Et moi j’ai adoré Milou et son rêve. Même si certains s’en moquaient, même s’il a dû subir les attaques de sales types stupides durant l’adolescence, Milou continuait d’y croire et d’être fort.
J’ai aussi adoré l’écriture. Elle a un côté un peu poétique, poignant également, Milou nous raconte son histoire mais il réfléchit en même temps à ce qu’il a vécu, on est vraiment au cœur de ses pensés à lui, et je trouvais ça beau. Les pages se tournaient délicieusement, comme une crème brûlée qu’on prend le temps de laisser fondre sous la langue, et je relisais certains passages qui me touchaient beaucoup. On ressent vraiment ce que ressent Milou, et on peut presque le voir enfant, adolescent, dans sa tenue de Nana et à chanter devant son public.

J’aime l’évolution de l’histoire, comment Milou se découvre petit à petit, poursuit son rêve tout en le modifiant, tout en le rendant encore plus beau et plus grand, sans doute. Et puis quelque part cette histoire donne de l’espoir, et l’envie aussi de se battre pour ses rêves, de continuer à y croire, quand bien même les rêves évoluent.

C’était une superbe lecture.

Phrases et passages post-itées (j’ai encore exagéré) : 
« L’adolescence ferait-elle figure de test d’endurance avant que l’on entame la vraie et grande vie ? Qui parvient à supporter la peau vérolée, les cheveux gras, les errances vestimentaires, la révolte intérieure et l’incompréhension noire du monde entier devrait pouvoir affronter sans trop de heurts l’âge adulte. »

« Je vivrai ailleurs que dans la vraie vie. Là où il n’y aura personne d’autre que mes rêves. »

« Ça fait comment quand on rêve ? 
C’est comme vivre sans rien devant, sans rien derrière, juste en équilibre au-dessus d’un improbable désir. Sans craindre jamais de tomber, en se sentant protégé. »

« Comme il devait m’aimer pour me laisser libre de devenir celui que je voulais et pour m’accompagner sur un chemin auquel ni lui ni personne n’entendait rien. Mais il faut devenir adulte, et presque vieux, pour se savoir un enfant aimé de ses parents et pour voir en face, et sans filtre, l’extrême gentillesse d’un père dont on a longtemps eu si peur. »

« L’enfer est sur terre, il dîne en famille. »

« Sa honte fait écho à la mienne – quand je redoutais que l’on devine sur moi la trace des crachats et des injures, quand je tremblais que mes parents comprennent comment, dans la cour d’école, j’étais un moins que rien, la lavette sur laquelle s’essuyaient les plus forts. »

« Ça meurt un rêve ? 
Ça arrive parfois et c’est terrible.
Ton rêve meurt et tu n’as plus qu’à mourir avec lui. 
À petit feu le plus souvent. 
Mais par miracle, dans les braises, poussent parfois des rêves tout neufs… »

« Mine est un de ces êtres qui, d’un seul regard, changent la couleur de votre ciel, y mettent des étoiles, de ceux sans qui l’on respirerait beaucoup moins bien s’ils nous étaient arrachés. »

« J’ai grandi. Sans cesser de l’aimer, mais autrement, mieux. Non plus dans le ciel, mais sur la terre ferme. »

h1

Aurélien, Louis Aragon

octobre 5, 2016

aurelienRésumé : Aurélien tombe amoureux de Bérénice Morel qui, de sa province, est venue passer quelques jours à Paris.

Avis : Aurélien sort de la première Guerre Mondiale, mais paraît y être encore. Il vit sur ses rentes, sans but, passe de femmes en femmes, sans en aimer aucune. Il semble assez détaché du monde, jusqu’à l’arrivé de Bérénice dans sa vie. Bérénice vient de la campagne, elle débarque à Paris et découvre un peu la vie en ville. Si elle à un côté naïf, on sent aussi qu’elle a de l’esprit, elle réfléchit et garde sur les gens un regard parfois amusé. J’aurais aimé être plus souvent dans la tête de Bérénice, mais les fois où on y est, elle m’a plu. Aurélien va, d’abord, la trouver laide, faire peu attention à elle. Puis petit à petit les choses vont changer et un amour va naître entre eux.

J’ai aimé cette histoire, parce que j’ai adoré l’écriture d’Aragon. Parfois un brin « moqueuse », on sent tout de même qu’il a un attachement pour ses personnages, surtout pour Aurélien et Bérénice. Le questionnement sur l’Amour m’a plu. Comment savoir si on aime, si l’autre nous aimes, les doutes, et également le bonheur d’être auprès de la personne qu’on aime. Le manque qu’elle laisse. Et pourtant entre Aurélien et Bérénice, il ne va pas se passer grand chose, mais en même temps, il va se passer beaucoup. Ils m’ont déchiré le cœur de par certaines de leurs décisions. Et en même temps j’avais souvent envie de les secouer. Bérénice m’énervait parfois, mais je l’aimais quand même. Dans un sens on la comprend, elle veut l’amour absolue d’Aurélien, qui avant elle passait de femmes en femmes.

Aurélien et Bérénice sont entourés d’autres personnages. On entend parler de Picasso, de Cocteau, et d’autres dans ce livre. Ça parle des arts de cette époque, le dadaïsme, le surréalisme, il y a un regard un peu critique dessus. On voit également la vie après guerre de ceux qui y étaient, certains ne s’en sortent pas, on regrette presque la guerre par moment.
Il y a également le cousin de Bérénice qui cherche simplement à avoir de l’argent pour être tranquille et qui à épousé sa femme juste pour ça. Je dois dire que je n’ai pas du tout aimé Edmond et son comportement, j’avais envie de lui mettre ma main dans la tronche. J’ai à peine plus apprécié Blanchette, car le chantage qu’elle fait subir à Bérénice est vraiment énervant, mais en même temps elle a pas une vie facile vu comme son mari la traite.

Le livre se lit facilement, on ne voit pas les pages passer. J’ai souri plusieurs fois au cours de ma lecture, et j’ai été chamboulé également. J’avais vraiment envie que ça se termine bien, que tout s’arrange. La fin m’a pas mal chamboulé, elle est assez expéditive en plus.
Dans tous les cas c’est un livre qui m’a pas mal touché et que j’ai aimé lire.

Phrases post-itées : 
« Trente ans. La vie pas commencée. Qu’attendait-il ? Il ne savait faire autrement que flâner. Il flânait. »

« Il promenait avec lui, et pour lui seul, sa guerre, comme une plaie secrète. »

« on comprendra qu’il eût trente ans et qu’il fût si peu entré dans l’existence, qu’il se sentit encore à trente ans dans les vêtements d’un autre, comme un intrus dans le monde, et un peu un enfant qui s’est introduit dans les pièces de réception d’une demeure de province, avec ses persiennes baissées et les housses sur les meubles. »

« Nous faisons de bon camarades précisément pour ça… parce qu’on peut se taire ensemble… ou parler sans que l’autre vraiment écoute… »

« Pour la première fois il vient de sentir son absence. Il vient de sentir son absence dans ses bras. »

« L’argent n’était qu’un moyen de ne plus avoir à penser à l’argent »

« Au fond, le siècle d’Aurélien s’écrit en deux mots : il y avait eu la guerre, et il y avait Bérénice. »

« C’est bien de dire qu’on part, mais si on part pour emmener avec soi ce dont on part? »

« Peut-être ne l’aime-t-elle, pas, lui, Aurélien, mais elle aime l’amour qu’il a d’elle. »

Je vous conseille la vidéo suivante : 

Elle en parle beaucoup mieux que moi, de ce livre !