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La dernière Geste, premier chant : Si loin du soleil, Morgan Of Glencoe

septembre 21, 2016

couv31169617Résumé : Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.
En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.
Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…

Avis : Yuri est princesse, dans un monde qui ressemble aux nôtres, où les femmes sont juste des bibelots et ne peuvent rien faire sans les hommes, où les fées sont traités comme des animaux (voir pire), et où les homosexuels sont des détraqués à abattre. Ce monde est dirigé par trois grande puissances, le Royaume de France dirigé par le pire enfoiré de la planète, j’ai nommé Louis XX, le Sultanat Ottoman et l’Empire du Japon dont le père de Yuri est Embassadeur.
Yuri est un jour rappelé en France, où elle va se rendre compte que son père l’a tout simplement fiancé à Louis Philipe, le prince de France, sans lui demander son avis. Dégoûtée Yuri, va choisir une autre vie, une vie qui lui conviendra mieux.

J’ai totalement adoré ce livre, c’est très difficile d’en parler pourtant. Il y a énormément de personnages qui vont traverser l’histoire, attachants pour la plupart, j’ai eu envie d’en étrangler certains. Les Fourmi (qui travaillent sur le Rail) sont géniales tous autant qu’ils sont, les Rats (qui vivent dans les égouts) sont super pour la plupart, ça au moins j’en suis sûre.
Yuri se trouve au centre de cette histoire et c’est son évolution qui est au cœur de tout. Parce que bien que Yuri rêve de liberté, elle a été éduqué dans la haine de ce qui n’est pas noble, dans l’idée qu’elle était plus importante que les autres. Dans un monde où on faisait tout pour elle, et pour commencer : on l’habillait.
Passant d’un monde où elle était prisonnière mais protégée, aux Égouts où elle va devoir à se débrouiller toute seule mais pour une fois connaître la liberté, Yuri va doucement évoluer. Et j’ai adoré Yuri, malgré les quelques moments où j’avais envie de lui mettre des claques, c’est un personnage hyper attachant, elle est très intelligente, elle sait se montrer ironique, et elle grandit, s’attache, essaye de comprendre, malgré ses préjugés.
Et puis Yuri va être bien entouré, notamment de Bran, la petite Selkie, et également mon personnage préféré. Leur relation est trop belle et m’a foutu des frissons partout plus d’une fois.

On va découvrir plusieurs types de fées, Selkie, Spectraux, Sylfes, Feux follets, Aelings, et chacune ont leurs particularités et leurs personnalités. Comme les feux follets qui sont des hyperactifs, hyper attachants. Pyro et Ashe sont vraiment adorables, et Ashe a réussi à m’émouvoir au point de me faire pleurer, à un moment du livre.
Il y a beaucoup de liens familiales dans ce roman, les familles sont très attachés et très attachantes, et pour d’autres, ils se créent leurs propres familles. Beaucoup de relations sont hyper touchantes, comme celles du barde et de Sir Edward, ou celle de Bran et Sir Edward, ou celle d’Emmanuel et Samuel, ou celle d’Alcyone et Ren (les deux frangins, avec Alcyone en frère surprotecteur, ce qui est adorable).

Une chose que j’ai beaucoup aimé, c’est comment on peut sentir la libération et le changement de Yuri à travers ses vêtements. Etant Japonaise, Yuri porte un kimono long, un kimono qui est comme une prison, qui la force à marcher à petit pas, et petit à petit elle va porter d’autres vêtements.

C’est un livre qui parle de tolérance, tolérance envers les autres espèces, tolérance également envers les autres classes, envers les autres formes d’amour. C’est aussi un livre qui montre que peu importe qu’on soit un homme ou une femme, ce qui compte c’est ce que nous sommes à l’intérieur et ce qu’on désire, qu’on est autant capable d’être forte même si on est née femme. Cette histoire touche au genre, aux différentes formes d’amour, mais on peut aussi voir un passage sur la façon dont les hommes peuvent avoir intégré des idées dangereuses. Comme celle qu’une femme qui dit « non » dit en fait « oui » et qu’on peut la forcer à coucher.

C’est aussi un roman un peu dépaysant, puisqu’on rencontre plusieurs langues (Japonais, Français et Logrien (anglais en fait) se côtoyant) et plusieurs coutumes.

Tout ça sur fond musicale, avec une histoire super intéressante, des personnages avec un sacré caractère (Yuri est hyper maligne et ne se laisse pas faire), d’autres qu’on déteste (graaaaaah Louis XX et son crétin de fils), une intrigue bien ficelée avec quelques mystères dont on n’a pas forcément la résolution dans ce premier tome (et j’avoue que je suis intriguée sur pleiiiiiiiiins de trucs).

La fin de ce premier tome est absolument horrible, d’ailleurs même avant que ça ne devienne horrible, j’ai pleuré. Et je suis vraiment restée sur le cul, je veux la suite tout de suite, j’en ai besoin, ça va être vraiment très très dur de l’attendre.
Ah oui ! Et en parlant de la fin, il est très important de bien tout lire, même après les remerciements, on a le droit à un petit bonus.

En bref, j’ai dévoré ce livre, il se lit hyper facilement, il est passionnant, il est super bien écrit, il traite de sujet qu’on ne voit pas forcément traité en fantasy ce qui le rend original. Morgan maîtrise bien son sujet, son univers et ses personnages, et elle nous fais vivre pleins d’émotions différentes (rire, joie, colère, rage, tristesse infinie).

C’était génial. Alors vas-y court l’acheter !!! 

Le détail qui tue : Morgan est une amie à ma soeur (et à moi, vu qu’on faisait des RP ensemble, y a un siècle de ça), et j’en suis hyper fière parce que c’est canon comment elle écrit !

Un peu de pub : pour acheter ce livre, il faut aller ici : https://www.amazon.fr/Si-loin-Soleil-Derni%C3%A8re-Geste-ebook/dp/B01HOJLUCG
Oui c’est de l’auto-édition, mais faites moi confiance, il vaut vraiment le coup. Les éditeurs peuvent parfois refuser un manuscrit pour « ne pas prendre de risque » et c’est bien dommage, parce que des livres comme ça en fantasy j’en voudrais plus.

Si vous êtes intéressée, il y a une page Facebook de ce roman : https://www.facebook.com/ladernieregeste/?fref=ts&__mref=message_bubble

Phrases post-itées : 
« lorsque l’on naissait avec dans la bouche une cuillère en platine, il n’était pas rare qu’elle vous étouffe. »

« – Tous, Ohime-sama. Ils me craignent trop pour me désobéir. 
– Et elle, ils la respectent trop pour la décevoir. »

« – Ah, les garçons, je vous jure ! 
– On n’avait qu’à pas les éduquer comme ça… »

« À vous de définir l’ordre de vos priorités, entre rester en vie et faire laver votre linge… »

« Elle n’aurait jamais cru apprécier à ce point une tourte. Dans son esprit, ce que mangeaient les pauvres était bon… pour les pauvres. Mais en fait, c’était bon tout court ! »

« – La seule chose qui n’est pas convenable, c’est qu’une poignée de gens décident ce qui est convenable. »

« Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, Ned. »

« À réfléchir en termes de sexe et de genre, ils ne voient plus que ça. »

« savoir n’est pas vivre, donner naissance n’est pas donner vie, et engendrer n’est pas aimer. »

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Messager, Lois Lowry

septembre 17, 2016

Comme il s’agit d’un tome 3, je risque de spoiler un petit peu.

2ce48e5755b39b6590888a2faf1066a5Résumé : Avant, Village était un havre de paix. L’hospitalité et la bienveillance y régnaient. On y chantait souvent. Les malheureux y trouvaient refuge et ni leurs faiblesses ni leurs différences n’étaient tenues pour des défauts. Mentor était un maître d’école sage et respecté. Le Troc servait à échanger des biens agréables et nécessaires. Tout autour, Forêt veillait. Et puis, l’inquiétude et le secret ont fait leur entrée à Village. Quelque chose a changé. Matty a naguère été accueilli à bras ouverts à Village, alors qu’il était un réfugié révolté, abîmé par la violence et la misère, et voilà qu’il entend parler d’un projet de fermeture des frontières. Lui qui ne rêve que de guérisons et de vies calmées, grâce au don extraordinaire qu’il vient de se découvrir, il voit les rancœurs, les envies et les peurs naître partout. Même Forêt devient menaçante. Pourquoi ? Est-il encore temps de revenir en arrière ?

Avis : Dans ce tome trois, on retrouve les personnages qu’on connait bien. On voit Meneur, qui est en fait Jonas dans le Passeur, on entend parler de Kira, l’Elue. Et Matty qui était dans l’Elue lui aussi. D’ailleurs c’est Matty le héro de ce troisième tome, et c’était chouette de le retrouver. Il a changé, il a appris beaucoup de choses à Village, il n’est plus voleur, moins menteur, il est devenu plus sérieux. Mais il reste un enfant, il aime bien traverser Forêt et distribuer des messages. Il est curieux de tout. Et puis il en pince un peu pour une fille du village, la fille de Mentor. C’est un gosse plutôt attachant.

Village est censé être un refuge, un endroit où tous les gens sont accueillis. La plupart quitte d’autres régions du monde où ils étaient malheureux, et à Village ils trouvent un havre de paix. Sauf que voilà, les choses commencent à changer à Village, l’égoïsme avance. Les gens changent, deviennent plus durs, ils songent à fermer les frontières, Forêt devient plus sombre, moins accueillante.
L’ambiance est en train de se dégrader, et on aime pas beaucoup ça. Au fur et à mesure du tome on s’inquiète de plus en plus. Moi j’étais de moins en moins à l’aise, mais je me disais que j’allais faire confiance à l’auteure, car même dans les pires situations elle arrive à arranger un minimum les choses.
C’est de plus en plus malsain au fur à mesure donc, et Matty va vivre des choses assez tristes et dures. Il va quitter l’innocence.

J’étais vraiment heureuse de retrouver les personnages des autres livres, et surtout Jonas. Je me demandais ce qu’il devenait et c’était un vrai plaisir de voir qu’il s’en était pas trop mal sorti, qu’il avait l’air heureux et qu’il était entouré de livres. J’ai aimé sa relation avec Matty. J’ai aussi aimé la relation de Matty et du Visionnaire (le père de Kira). Visionnaire a éduqué Matty et se comporte vraiment comme un père pour lui, il accepte son impatience (il la trouve amusante) et lui apprends à cuisiner et d’autres choses. Ils sont adorables ensemble.

La fin m’a achevé, j’en ai eu mal au ventre, je me disais « non non non » mais si. Bref, c’était une fin plus dur que pour les autres tomes. Mais j’ai envie de lire le Fils qui sera le dernier tome de cette saga.

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Un peu de pub (pour moi-même)

septembre 16, 2016

Hello les gens.
Bon j’en ai déjà parlé sur la page FB (https://www.facebook.com/JeTuLis/), mais si jamais vous la suivez pas, je me dis que je peux en parler ici aussi.

Entre la lecture et le reste de ma vie, il m’arrive aussi d’écrire un petit peu.
Ces derniers temps je me suis donnée à fond pour écrire une fic sur la série les 100, et je me suis tellement donnée qu’il m’est arrivé d’oublier de manger ou de dormir. Résultat c’est une UA (univers alternatif) de 62 chapitres et environ 450 000 mots et plus de 800 pages. Ouais j’étais motivée.
Si vous aimez les 100 (la série télé, parce que ça n’a rien à voir avec les livres), et que vous êtes curieux, je vous invites à la lire (et franchement si vous le faites, que vous aimez, n’hésitez pas à me laisser une petite review parce que c’est toujours hyper motivant).

En fait vous pouvez même tenté de la lire même si vous ne connaissez pas vraiment cette série, parce que comme il s’agit d’un univers alternatif, c’est presque comme une originale (je dis bien presque, parce que je reste au plus proche des personnages et de leur caractère, c’est juste que je les fous dans un autre monde avec une autre vie, et je fais quelques clins d’œil à la série par ci par là).

J’ai commencé à la poster sur deux plateformes pour plus de visibilités, à vous de choisir votre préféré. Je serais super contente d’avoir quelques retours sur cette fic. 

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Meg Corbyn tome 3 : Gris Présages, Anne Bishop

septembre 15, 2016

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Attention lire cet avis peut vous spoiler les premiers tomes.

Résumé : Depuis que les Autres ont libéré les cassandra sangue de l’esclavage, les fragiles prophétesses du sang courent un grave danger. Simon Wolfgard, chef des terra indigene de l’Enclos de Lakeside, n’a d’autre choix que de faire appel à Meg Corbyn. En effet, les entailles de la jeune femme révèlent d’étranges visions qui sont pour Simon le seul espoir de mettre un terme au conflit. Son sacrifice est nécessaire, car l’ombre de la guerre s’étend de l’autre côté de l’Atlantik, et les conspirations d’un groupuscule extrémiste menacent de la propager à Thaisia…

Mention spéciale pour : les couvertures de cette saga qui sont de plus en plus moches au fur et à mesure des tomes et du résumé qui a été écrit par quelqu’un qui n’a rien compris à ce tome.

Avis : J’ai mis longtemps à lire ce troisième tome, pour diverses raisons, mais aucunement parce qu’il ne me plaisait pas. Retrouver Meg Corbyn est toujours un plaisir tant j’aime sa personnalité, et bien sûr celle aussi des Autres. Qu’il s’agisse de Simon, Sam, Tess, Nathan, Henry, Vlad et les autres. Ils ont tous une personnalité bien marqué et particulièrement attachante.
Ce tome 3 va se centrer sur les cassandra sangue qui n’arrivent pas à survivre hors des instituts où elles étaient placés. Elles sont très fragiles et ne savent absolument pas comment survivre dans le monde, elles finissent par se couper tellement qu’elles en meurent, et ne supportent pas recevoir trop d’informations en même temps d’un monde dont elles ont toujours été privé.
C’est là qu’intervient Meg, elle va devoir trouver une solution pour aider les cassandra sangue à vivre, comme elle a réussi à le faire. Et surtout elle même va devoir apprendre à ne plus se couper à tout bout de champ, apprendre à gérer ses picotements et à découvrir d’où ils viennent avant de s’entailler. Meg va être aidé de ses amies humaines et des Autres pour apprendre à moins se couper.

Le tome se centre aussi sur les humains du mouvement « les Humains Avant Tout », pour dire à quel point les humains sont stupides et se pensent supérieurs aux terra indigenes, ils veulent prendre sans comprendre les risques. Les humains dans cette saga sont vraiment des gros enfoirés et franchement à part certains, on n’a pas tellement envie de les voir survivre, après tout ils n’auraient remportés que la monnaie de leur pièce. Mais certains humains sont moins bêtes que d’autres, et essaient de travailler avec les Autres. Comme Monty, Burke, Merith Lee, Ruth…

Ce tome est rempli de pas mal de tension, les humains prennent le contrôle des médias pour semer la peur et la haine des terra indigenes, pour les forcer à faire partie du mouvement HAT (sous peine d’être rejeté), tout ça est instigué par Mark Griff qui est vraiment un sale type.

Je regrette que l’histoire se centre moins sur Meg, que petit à petit on voit tout ce qu’il se passe autour, et particulièrement ce que mijote les humains. Mais sinon l’histoire n’avancerait pas. Et il semblerait bien que les humains ne sont pas ce qu’il y a de plus dangereux.

Ce que j’aime c’est vraiment la façon dont sont traités les Autres, les relations, et l’attachement entre eux et pour Meg. Comment les personnages évoluent aussi, et comment certains humains et les Autres font équipes. Et puis l’histoire d’amour qui se profile au compte goûte est adorable (et j’aime le fait que ça soit si lent, ça change).

Enfin voilà, pour moi cette saga est une des meilleures en bit-lit (par rapport au peu que j’en ai lu en tout cas). Je trouve qu’elle sort des sentiers battus, qu’elle a sa propre personnalité et que ses persos principaux sont supers attachants.
Je recommande.

Phrases post-itées : 
« Faire le ménage. Détruire tout ce qui était susceptible de prouver à quel point ils étaient cruels, même pour des humains. »

« Elle n’était pas une Louve. Elle n’était pas une terra indigene. Et pourtant Meg était entrain de devenir l’une d’entre eux. »

« – La plupart des gens ne sont pas prêts à admettre que, dans ce cas, les monstres ont non seulement l’air humains, mais sont humains. »

« Simon aurait toutefois été curieux de savoir pourquoi ça ne posait aucun problème que les hommes se mettent torse nu alors que les femmes, elles, restaient couvertes. Ça semblait injuste. »

Mon avis sur : 
le tome 1
le tome 2

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Dysfonctionnelle, Axl Cendres

septembre 14, 2016

couv-dysfonctionnelle-620x987Résumé : Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle ; Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile ; mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux personnalités fortes et aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure Au Bout Du Monde, le bar à tocards que tient le père dans Belleville, théâtre de leurs pleurs et rires.

À l’adolescence, la découverte de son « intelligence précoce » va mener Fidèle à « l’autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves se nomment Apolline ou Augustin, et regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière et ses tee-shirts Nirvana. Mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui forme, transforme… celui qui sauve.

Avis : Comment vous exprimer à quel point j’ai adoré ce livre? Il aborde tout un tas de sujet, des sujets qui me tiennent à cœur. Bisexualité (très très trèèèès peu abordé en littérature), homosexualité (féminine), folie, amour familiale et amour romantique, famille. L’héroïne est née au Liban, elle a des origines polonaise (de sa mère) et kabyle (de son père), et franchement c’est assez rare de trouver des héros de couleur pour le souligner. Ça parle de religions différentes qui se côtoient. Et aussi de féminisme, de combats. 
Je peux même pas expliquer comment j’étais contente de voir tous ces sujets se côtoyer dans ce livre, et sans qu’on retrouve les facilités qu’on peut trouver d’habitude dans ses sujets, pas de préjugé, pas de stéréotype. Sérieusement, c’est une lecture qui m’a fait du bien. 

Et qu’est ce que j’ai ris. Parce que Fifi nous raconte son histoire avec un humour acerbe et un peu piquant. Sa mère est folle, son père se retrouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment et fait des allés et retours en prison fréquents, ses frères et sœurs ont tous des personnalités biens marqués et ils vivent dans un bar. Son oncle est un adepte de « sychologie », et sa grand-mère Zaza prépare le meilleur des couscous et a de l’amour à revendre.
J’ai adoré entrer dans cette famille dysfonctionnelle. C’était drôle, touchant, ça donnait envie de distribuer des câlins à tout va. Mais derrière cet humour et cette ambiance touchante, on sent que tout n’est pas rose. Pas facile quand notre mère a des soucis de santé mentale, pas facile quand notre père va en prison, pas facile de se retrouver dans des familles d’accueil qui se trouvent être mauvaises. Pas facile de grandir non plus, d’être confronté aux douleurs de la vie, à l’injustice, au départ de sa famille. Pas facile non plus quand l’amour ne fonctionne pas, quand on se sent trahis…

Et pourtant ce livre est rempli d’amour, une famille qui se sert les coudes (ou qui essaie), de la tendresse à revendre, de l’humour même dans les coups durent, du soutient, de la fierté de la part des parents et de la grand-mère. Rempli d’amour également pour Fifi qui fait la rencontre d’une fille qui va changer sa vie, et réciproquement.

On s’attache tellement aux personnages aussi, la plupart je les ai adoré, qu’ils me fassent rire ou pleuré. Je suis plus mitigée pour certains qui se sont mal comportés à mon avis, mais la plupart sont vraiment touchants – malgré leurs défauts.

J’en ai versé des larmes vers la fin, quand tout s’accélère, quand Fifi nous fait voir l’autre côté de la pièce, celle peu reluisante de cette famille dysfonctionnelle, celle où elle-même se paume de plus en plus. Et puis tout devient alors tellement émouvant, que j’ai encore plus pleuré jusqu’à la fin qui m’a touché comme c’est pas permis.

Le détail qui tue : Une phrase que Sarah dit « Je pense qu’on ne tombe pas amoureux d’un garçon ou d’une fille, mais d’une personne. » 
En la lisant j’ai été un peu perturbée parce que ceux qui me connaissent pourront le dire, mais c’est un truc que je rabâche tout le temps. On tombe amoureux d’une personne ! Rahlalala c’était émouvant de voir ça dans un livre, comme si l’auteure et moi on se connaissait un peu.

Le texto que j’ai envoyé après cette lecture : 
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Phrases post-itées : 
« Comme on répétait souvent que j’étais un « garçon manqué », je me disais que ce frère, lui, allait être un « garçon réussi » et qu’il allait, pour de bon, m’évincer du cœur de mon père… »

« Tout était brillant, tout sentait bon, tout était rangé… Quand je pensais au bordel qui régnait chez moi, on aurait vraiment dit qu’ici, on était au bout du monde de là-bas. »

« On créait ce désordre extérieur comme s’il pouvait ranger notre désordre intérieur. »

« J’aurais voulu que le temps soit à la hauteur de ma douleur. »

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La Décision, Isabelle Pandazopoulos

septembre 12, 2016

la-decision-3467043 Résumé : Un matin, Louise, 17 ans, a un malaise en plein cours de maths. Quelques instants plus tard, elle accouche seule d’un enfant qu’elle n’a pas attendu, et encore moins désiré. Assaillie de questions, cette jeune fille sans histoires, croit devenir folle. Pourtant, l’évidence est là: ce bébé de 3,3 kg, son fils. Comment l’accepter?

Avis : Ce livre c’est encore un peu une baffe dans ma tronche, parce qu’il m’a vachement touché. Au début j’ai eu peur, parce que c’était des autres qui vivaient ce qui se passaient, tout était du point de vue extérieur, et moi je me disais « mais ce serait pas mieux vécu par Louise »? Mais petit à petit, on rentre dans la tête de Louise, doucement, par petit bout. On passe par des moments de folie, des moments d’abandon, on est déchiré. Louise dit qu’elle n’a couché avec personne, et la voilà qui accouche après un déni de grossesse. Alors évidemment, personne ne la croit, parce que bon le bébé est là, il a bien fallu qu’elle couche pour que ça arrive. On sent les préjugés s’abattre sur cette adolescente qui étouffe de cette situation, qui n’arrive pas à l’oublier, à la laisser derrière elle. On sent le jugement, même parfois du personnel médicale lui-même et c’est pas facile.
Pourtant Louise ne ment pas, et elle va devoir essayer de vivre avec ça, essayer de comprendre qui est ce bébé, d’où il vient et pourquoi. Essaye de l’aimer?

Une fois dans l’histoire on s’y plonge et c’est difficile d’arrêter sa lecture, parce qu’on a envie de savoir, de comprendre. On veut voir la reconstruction de Louise et j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle. Elle culpabilise parce qu’elle se sent incapable d’aimer Noé. Elle le porte comme un sac, elle ne le regarde pas. Pour elle il est un objet et elle a du mal. Elle se retrouve en centre maternel où elle va être suivie et aidé par une éducatrice, une psychologue aussi. Elle va faire la connaissance d’autres adolescentes mères, à la différence que celles-ci aiment leurs bébés. Ce qui augmente un peu plus la culpabilité de Louise, parce qu’elle a l’impression que ce n’est pas normal de ne pas aimer Noé. Alors qu’au vu de la situation, ça peut totalement se comprendre.

Je n’avais jamais rien lu sur le déni de grossesse et c’était très intéressant comme lecture. Il faut un sacré bout de temps à Louise pour ne plus être dans le déni, même plusieurs semaines après la naissance de Noé. Ses parents eux-mêmes d’ailleurs, sont dans une sorte de dénie, ils préfèrent oublier, faire comme-ci…

Certains passages m’ont hyper bouleversé et m’ont fait super mal. J’ai adoré Samuel qui va chercher à savoir, à comprendre, qui va être confronté à la situation lui aussi, quand bien même ce n’est pas directement à lui que ça arrive. Au moins il ne se comporte pas en lâche, il va croire et aider Louise, il m’a vraiment plu. J’ai aimé Ulysse le petit frère de Louise, même s’il va dire des trucs blessants. J’ai adoré Louise elle-même, ainsi que sa reconstruction. C’est une fille qui aide les autres, on le sent, elle fait de son mieux pour les comprendre. Elle se donne à fond, et des fois peut-être fait un peu trop ce qu’on attend d’elle. La situation dans laquelle elle se retrouve est vraiment très dure et elle galère quand même pas mal.

La fin m’a ému aux larmes, c’est une fin très réaliste et très belle, touchante et pas forcément hyper happy end mais pas non plus tragique. Une fin que j’ai adoré, comme tout le reste.
Un très beau livre, avec un sujet difficile.

Phrases post-itées : 
« […]je pourrai faire ce que je veux, j’ai pensé, et c’est ça qui est arrivé, sauf qu’en vrai, ce que je veux, j’en sais rien »

« et je comprends soudain qu’elle n’a plus rien à perdre puisqu’elle a tout perdu, elle s’est vidée d’elle-même, trahie par son propre corps, et maintenant n’est plus rien, ne veut rien, n’existe plus vraiment, comme une marionnette, un chiffon »

« lui ne sachant pas quoi faire de mon silence, moi ne sachant pas quoi faire de ses mots. »

« Elle était mère, j’avais refusé de l’être. »

« Elles aiment leur enfant plus que tout. 
Moi pas.
Moi rien. »

« C’est ce qu’on a en commun, notre manière à nous depuis le début de ne pas être ensemble. »

« A quoi ça sert la vérité si la vérité fait si mal ? »

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fugueuses, Sylvie Deshors

septembre 12, 2016

fugueusesRésumé : Lisa et Jeanne sont copines depuis le collège et pourtant
elles ne se ressemblent en rien.
L’une est rêveuse, l’autre révoltée.
La même colère gonfle en elles, depuis des mois
Alors elles décident de s’enfuir. Mais pas n’importe où.
Elles rejoignent une forêt, occupée par des opposants
à la construction d’un aéroport, à Notre-Dame-des-Landes.
Dans ce campement, en plein hiver, elles se plongent
dans la vie collective et militante. Une vie bouillonnante,
où ça discute, ça rit et ça s’engueule.
En attendant de refaire le monde, c’est Lisa et Jeanne
qui vont changer…

Avis : Sur un thème d’actualité, on assiste à la fugue de deux jeunes filles qui se sentent étouffés chez elles. Notamment pour Lisa, dont les parents et le frère sont réfractaires, elle a l’impression de ne pas pouvoir être libre de ses choix, de ses idées, d’être enfermé dans un carcan, dans un monde où tout va à l’encontre de ses valeurs et de ses choix. Elle couve pas mal de rage. Mais elle ne serait sans doute pas partie, s’il n’y avait pas eu Jeanne. Jeanne est plus calme, rêveuse, amoureuse de la nature. Elle n’aime pas la violence, ni la destruction. Elle, son rêve, c’est de construire une cabane.
La relation entre les deux filles est hyper forte, même si cette arrivé à la ZAD, elles ne vont pas la vivre de la même façon. Lisa va s’émanciper, trouver un sens à sa vie, enfin se sentir quelque part à sa place, se sentir utile. Jeanne va être plus réservée, bien qu’heureuse d’être là avec Lisa. Elle s’intéresse à la découverte de nouvelles activités, veut apprendre. Sans vouloir se retrouver mêlée à la violence.

A travers ce livre qui montre le combat des opposants contre la construction de l’aéroport, on a une dénonciation sur les médias (qui peuvent ridiculiser le combat, le rendre moins fort, lui faire perdre son sens), et également sur la violence des CRS (on se retrouve face à une guerre humaine, une violence du côté des CRS qui pousse les opposants à se défendre (alors qu’ils ne sont pas aussi bien armés)). Le livre est engagé, et prend position et ça se sent. Mais ça ne dérange pas je trouve, ça nous permet aussi de voir le combat depuis l’intérieur, d’avoir un autre point de vue.
On sent également un côté assez féministe à cette oeuvre, surtout au travers de Lisa et ce qu’elle vit avec sa famille.

On a également le point de vue de Brit, une personne âgée, qui a été mêlé à pas mal d’opposition dans ce genre, et qui a toujours cherché à faire bouger les choses, changer le monde à son échelle.

Ce sont toutes les trois des personnages hyper intéressantes. Il s’agit d’un bout de vie, un moment de nostalgie, la fin m’a à la fois brisé le cœur et émue. C’est aussi un livre qui donne des envies de liberté.

Phrase post-itée : 
« Tac, tac, tac fait ma canne sur le plancher de la terrasse et c’est plus fort que moi, malgré l’âge, mon récent état de grand-mère, je m’imagine pirate sur le pont avant l’abordage. »