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Eleanor & Park, Rainbow Rowell

mars 26, 2017

bm_CVT_Eleanor-and-Park_8591Résumé : 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s’installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l’ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths… Et qu’importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Avis : Encore un livre de Rainbow Rowell que j’ai dévoré et adoré. Ce livre est un condensé de marshmallow et de sucre et de tout pleins de vibrations et d’amour et c’est hyper bon à lire. C’est totalement le genre de romance que j’aime, que j’aurais voulu vivre étant ado, le genre de trucs qui guident deux personnes l’une vers l’autre.
Eleanor est grosse, rousse, et habillée à sa manière, et la première fois qu’elle monte dans le bus, Park la traite comme absolument tout le monde, et pourtant il va la faire s’asseoir à côté de lui, et ce geste va changer leur vie à tous les deux. 

La vie d’Eleanor n’est pas géniale, son beau père est un vrai connard (et oui c’est le mot), un sale type qui tape sur sa femme et lui fait vivre l’enfer, à elle et à ses gosses. C’est une vraie pourriture et en plus il fout la trouille. Eleanor le déteste et on la comprend, vu ce qu’il lui fait subir, vu comment il lui parle. Comme si ce n’était pas suffisant, la vie d’Eleanor est aussi un enfer au lycée, parce qu’elle se fait harceler. Finalement il n’y a que dans le bus que les choses vont être différentes. Dans le bus, avec Park.

Park a une mère coréenne et un père américain grand comme une maison, son petit frère est plus grand que lui aussi, et Park fait tout ce qu’il peut pour ne pas passer « pour une fiotte » aux yeux de son père. Un père qui a des préjugés un peu débiles sur les filles et les garçons et tout un tas de conneries. La mère aussi d’ailleurs, mais en plus doux (une fille doit s’habiller en fille, en gros) (mais je vous rassure ils évoluent). Et pour Park c’est pas évident, parce qu’il se sent petit et pas franchement musclé (et pas du tout intéressé par le sport). Il n’est pas non plus franchement intéressé par les filles, jusqu’à l’arrivé d’Eleanor dans sa vie. 

Leur relation est hyper hyper hyper (vraiment hyper) mignonne. Toute douce, toute guimauve, ils prennent tellement leur temps, ils apprennent à se connaître, à se découvrir, et seulement se prendre la main est absolument incroyable (et m’a foutu des frissons). J’ai adoré la façon dont ils se parlaient (c’est un truc que j’aime beaucoup chez cette autrice, la façon dont elle construit ses dialogues). J’ai adoré les sujets qui sont abordés (bien que certains soient très difficiles). J’ai adoré la simplicité avec laquelle cette histoire coulait, comme les choses durent sont adoucis par la beauté des sentiments des deux personnages. Je pouvais les voir, entendre la musique qu’ils écoutaient, et bon sang, ils m’ont presque fait aimer les comics quoi.

C’était tellement beau bon sang. Tellement touchant et prenant. Et puis la fin… C’est comme se recevoir un boulet de canon quand on volette sur un petit nuage. Je m’en suis retrouvée bouleversée, le besoin de faire une pause et en même temps de tout lire. Les derniers mots m’ont arraché d’énormes larmes (qui menaçaient déjà de couler).

Une superbe lecture, douce, émouvante au possible, drôle aussi, magnifique.

Mon ressenti :
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Phrases post-itées : 
« – J’aimerais bien que tu t’en ailles, murmura-t-il, pour qu’on puisse enfin parler. »

« – Tu es sûr de vouloir me présenter ?
– Oui. Je veux que tout le monde fasse ta connaissance. Tu es ma personne préférée de toute la vie. »

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L’inconnu du Nord-Express, Patricia Highsmith

mars 25, 2017

9782253055464Résumé : Deux hommes se rencontrent par hasard, dans un train. Chacun aimerait se débarrasser d’une personne de son entourage. Et si l’un tuait pour le compte de l’autre, il serait impossible d’établir le lien entre la victime et son meurtrier. Bruno est un jeune homme riche qui déteste son père, nourrit des idées morbides et fomente des crimes parfaits. Cette fois, il a imaginé un chef-d’oeuvre du genre. Mais son interlocuteur, Guy Haines, architecte promis à un brillant avenir, est un homme intègre. Il sera entraîné malgré lui dans une spirale cauchemardesque.

Avis : J’ai eu très envie de lire du Patricia Highsmith après avoir vu une vidéo qui en parlait. Je me suis donc lancé avec celui-ci, qui est son premier roman. Un roman assez noir et sombre.

Guy va faire la rencontre de Bruno dans un train, Bruno qui est un jeune homme assez fou et très porté sur l’alcool, et qui va lui proposer d’échanger leurs meurtres. Guy refuse et pense que l’histoire s’arrêtera là. C’est sans compter sur Bruno, Bruno nourrit une obsession pour Guy depuis leur rencontre et est bien décidé à mettre son plan à exécution.

Le livre a un côté étouffant, je ne m’en rendais pas compte au cours de ma lecture, mais c’est en le refermant pour dormir, qu’il a beaucoup tourné dans ma tête et que je me suis retrouvée un peu prise au piège de l’histoire. On se sent comme pris dans une toile d’araignée avec cette histoire, et on sent bien que les liens se resserrent autour des personnages au fur et à mesure.

Plus qu’une envie de tuer, je pense que c’est l’obsession de Bruno pour Guy qui le conduit au meurtre, son envie de le revoir, d’avoir quelque chose à partager avec lui, de vouloir lui rendre service. Oui, Bruno est un personnage horrible, il voit les autres un peu comme des objets, il s’ennuie, il est fou, et alcoolique, mais en même temps, je me suis attachée à lui d’une certaine façon. Il éprouve un attachement pour Guy qui le conduit un peu plus dans la folie, et parce qu’il ne peut pas avoir Guy, il cherche un moyen de les lier définitivement, d’une certaine façon. Du moins j’ai vécu l’histoire comme ça. Bruno est très changeant, ses pensées tournent dans tous les sens, un jour il pense blanc, le lendemain il pense noir, et l’alcool ne l’aide pas à avoir les idées claires. La seule chose qui est sûre c’est sa fixation sur Guy qui ne vacillera jamais.

De son côté Guy est un personnage très porté sur la mélancolie, et qui a tendance à laisser les choses se faire, à ne pas se battre. La façon dont sa femme se sert de lui, l’utilise, et comment il se défend à peine, en est un bon exemple. C’est un personnage assez doux, amoureux d’Anne, et qui rêve de construire de grande chose, de se faire un nom comme architecte, et en plus il a du talent. Piégé par Bruno pourtant, sa vie va devenir un véritable enfer. Il va chercher à fuir, à l’éviter, mais ce n’est pas si facile, parce que lui-même éprouve une certaine fascination pour Bruno (en même temps que du rejet).
J’avais parfois envie que Guy se secoue, bouge, essaie de changer les choses, mais il se laisse écraser par les événements, et accuse la destinée. Je n’ai pas tant aimé ce personnage finalement.

J’ai trouvé que l’histoire perdait un peu de rythme après un certain événement, mais l’écriture est très prenante et on continue à lire jusqu’au bout. Jusqu’au dénouement final. Un dénouement que je ne suis pas tout à fait sûre d’aimer, mais qui reste en accord avec l’histoire et qui est quand même très bien.

Un livre que j’ai donc beaucoup aimé, et qui, malgré son côté sombre, m’a beaucoup fait rire par moment, car j’ai trouvé certaines situations plutôt cocasse au vu de la personnalité de Bruno et de sa façon de penser. Je suis très contente de cette découverte.

Phrases post-istées : 
« C’est une de mes théories qu’on doit faire tout ce qui est possible avant de mourir, et peut-être mourir en essayant de faire quelque chose de vraiment impossible. »

« Il avait toujours abhorré les histoires judiciaires. C’était comme un jeu pervers dont l’objectif n’était pas de découvrir la vérité mais de permettre à un avocat de lancer des piques à l’autre et de le désarçonner sur un point de procédure. »

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Incarceron tome 2 : Le Cygne Noir, Catherine Fisher

mars 24, 2017

couv33103345Attention lire cet avis risque de vous spoiler le tome 1 !

Résumé : Alors que Finn s’est évadé d’Incarceron et s’apprête, à devenir roi, une nouvelle menace surgit, qui met sa vie, et celle de Claudia, en danger. Toujours enfermés dans la Prison, Keiro et Attia espèrent, s’échapper grâce au pouvoir d’un gant magique. Mais face obstacles qui s’accumulent, le rêve de liberté s’éloigne. Pendant ce temps, Incarceron poursuit ses propres désirs d’indépendance. En secret, la Prison se fabrique une arme ultime, une arme qui pourrait bien détruire le monde…

Avis : Tout comme j’avais adoré et dévoré le premier tome, j’ai adoré et dévoré ce deuxième tome. On retrouve Finn à l’extérieur de la prison, mais dans un monde qui ne lui plaît finalement pas tant que ça. Dans un monde remplis de complots, de tricheries, de mensonges. Un monde où il doit jouer un rôle, un rôle qui lui déplaît. Il est aidé par Claudia, mais pas tant que ça. J’ai trouvé Claudia assez cruelle dans ce tome-là, elle m’a même carrément agacé par moment. Elle se sert beaucoup de Finn pour arriver à ses fins, sans essayer de se mettre à sa place. Jared, lui va chercher une solution pour essayer de rouvrir la prison. Parce que Finn est obsédé par Keiro, qu’il veut absolument sauver d’Incarceron.

De son côté Keiro fait équipe avec Attia pour trouver un Gant mystérieux, le Gant de Sapphique, qui pourrait les faire sortir de la prison. Je n’ai toujours pas aimé Attia, sans vraiment savoir pourquoi. Par contre dans ce tome là, je me suis beaucoup attaché à Keiro, il y a beaucoup de choses qu’il cache, je dirais que tout est façade chez lui et nul ne sait vraiment ce qu’il veut, mais ça le rend vraiment intéressant comme personnage. Et j’ai vraiment adoré sa relation avec Finn, que j’ai trouvé vraiment forte alors qu’ils étaient séparés.

Incarceron est effrayante et complètement folle, c’est un personnage hyper intéressant mais qui fait froid dans le dos.

Le livre est emprunt de mystères, de magie et d’actions. Tout n’est pas forcément expliqué mais ça ne m’a pas dérangé, c’était comme suivre les règles d’un monde dont on ignore tout, certaines choses restent inexplicables, surtout la magie. Les légendes sur Sapphique sont super intéressantes, et puis il y a un côté onirique très beau.
Ce que j’ai adoré aussi c’est la question de la liberté. Finalement on peut se retrouver en prison, qu’on soit à l’intérieur de la Prison, ou à l’extérieur. Des fois les prisons sont dans nos têtes, ou dans les mondes qu’on a créer, qui ont emprisonné les hommes.

C’est une histoire que j’ai vraiment vraiment beaucoup aimé, et la fin, très ouverte, n’enlève rien à l’histoire. Au contraire, j’ai aimé cette fin, touchante, qui laisse place à l’imagination.

Un diptyque que j’ai adoré.

Détail : on m’aurait dit qu’il devait y avoir un tome 3, je ne sais pas si c’est vrai ou non, en tout cas il n’a jamais été publié, et je trouve que les deux tomes se suffisent à eux-mêmes. Pas besoin de suite.

Phrase post-itée : 
« Il ne suffit pas de s’évader. Cela ne répond pas à toutes les questions. Ce n’est pas ça, la liberté. »

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Incarceron tome 1, Catherine Fisher

mars 22, 2017

IncarceronRésumé : INCARCERON, UNE PRISON A NULLE AUTRE PAREILLE: ELLE DECIDE DE QUI DOIT VIVRE… et de qui doit mourir. Rien ne peut lui échapper.

Finn est prisonnier d’Incarceron, un univers pénitentiaire plein de dangers, de trahisons et de menaces. Il tente par tous les moyens de s’évader.

Claudia, la fille du directeur d’Incarceron, vit à l’Exterieur, dans un royaume figé au XVIIIe siècle. Piégée par une existence qu’elle n’a pas choisi, elle cherche à percer les mystères de la Prison.

Un jour, Finn et Claudia trouvent une clé, qui permet à chacun de communiquer avec l’autre. Alors surgit un espoir, la possibilité d’échapper à un destin tout tracé dont ils ne veulent pas.

Avis : Ce livre c’est de la bombe nucléaire. J’ai tellement adoré. Que ce soit l’histoire, l’intrigue, les personnages. J’ai passé un super bon moment de lecture (malgré le stress) et je l’ai dévoré.

Ce livre raconte l’histoire de Finn, piégé dans Incarceron, mais persuadé qu’il vient de l’Extérieur, à cause des visions qu’il a. Pour d’autres, Finn est un prophète, particulièrement pour Gildas, qui est persuadé qu’il est la clé pour s’échapper de la prison. Incarceron est une prison maléfique, qui joue avec ses prisonniers et leur fait subir l’Enfer. Une prison qui garde un œil sur « ses enfants ». Incarceron est inquiétante et à la fois fascinante, c’est un personnage à part entière de l’oeuvre.

De l’autre côté on a Claudia, qui vient de l’Extérieur. À l’Extérieur, les choses ne sont pas forcément mieux. Les habitants sont bloqués à l’Epoque, et aucune avancé technologique sont permises, ils doivent vivre comme s’ils étaient dans le siècle des Rois et y sont bloqués, doivent suivre le protocole. C’est presque une prison aussi, finalement. Claudia veut à tout prix échapper à son mariage avec Caspar, le fils de la reine et également un vrai sale type. Et pour ça elle est déterminée à savoir ce qui est arrivé à Gilles le frère de Caspar et à découvrir la vérité sur Incarceron (dont le père de Claudia en est le directeur). Avec l’aide de Jared, elle va mener l’enquête, mais les réponses ne sont pas aussi faciles qu’on le pense.

Les histoires vont se trouver et s’entrecroiser, et j’ai adoré suivre Finn (perso que j’ai trouvé hyper attachant), comme j’ai adoré suivre Claudia. Je me suis méfiée de presque tous les personnages. Keiro particulièrement, et pourtant il avait quelque chose d’attachant, et sa relation avec Finn avait quelque chose de réellement spécial. Je n’ai pas tellement aimé Attia par contre, et Gildas me paraissait un peu siphonné. Du côté de Claudia, je l’ai adoré elle et Jared. Je ne savais que penser de son père en revanche, mais il faisait froid dans le dos. J’ai détesté la Reine et Caspar.

J’ai adoré les complots, les machineries (j’adore ce genre d’histoire), j’ai adoré l’originalité de l’histoire, entre ce qu’il se passe à l’Extérieur, et Incarceron elle-même (une prison vivante quoi, c’est juste génial) on est servi. J’ai adoré les rebondissements. Le livre ne nous laisse guère le temps de souffler, il y a beaucoup d’actions, et c’est une véritable aventure que va vivre Finn. 

C’est hyper intriguant, hyper prenant, et aussitôt fini, j’ai directement enchaîné avec le tome 2.

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La fille du train, Paula Hawkins

mars 20, 2017

41iRZXaX2vL._SX314_BO1,204,203,200_ Résumé : Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller et revenir de Londres. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe une jolie maison. Cette maison, elle la connaît par coeur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle aperçoit derrière la vitre : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.
Mais un matin, elle découvre un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Merci à Aurore pour ce cadeau !! 

Avis : L’histoire débute avec Rachel. Une femme alcoolique, déchirée par son divorce, qui prend le train tous les jours pour se rendre à Londres et qui imagine la vie parfaite d’un couple qu’elle aperçoit à travers les vitres du train. Ça aurait pu en rester là, si Rachel n’avait pas décidé de s’en mêler un jour.

Cette histoire se coupe en trois points de vue. Celui de Rachel qui essaie à tout prix de découvrir la vérité, tout en se battant contre ses faiblesses et son alcoolisme en même temps. Ses peurs, sa solitude et sa dépression, aidé par Cathy (un personnage que j’ai beaucoup aimé, on devrait tous avoir des amies comme ça). Celui de Megan, la femme qui a disparu, son point de vue se déroule un an avant, et on voit bien que la vie parfaite qu’imaginait Rachel, ne l’est en fait pas du tout. Megan est une femme qui se sent mal dans sa peau, enfermée, et qui rêve que de fuir cette vie et qui n’arrive pas à s’en sortir. Elle est manipulatrice aussi. Pourtant on empathise avec elle quand même, et j’avais envie qu’elle s’en sorte. Tout comme pour Rachel que j’ai beaucoup aimé, malgré tous ses travers. Finalement on a le point de vue d’Anna, la nouvelle femme de Tom (l’ex-mari de Rachel), et par contre, elle, je ne l’ai pas du tout trouvé attachante. Peut-être parce qu’on a tendance à prendre partie pour Rachel, mais j’ai trouvé qu’Anna avait des fois des propos qui m’ont énervé. Tout comme la flic qui s’occupe de l’enquête que j’ai trouvé très jugeante et méprisante, pas du tout à l’écoute.

Toute l’histoire repose sur un trou de mémoire de Rachel, sur ce qu’elle a oublié le soir de la disparition de Megan. Elle cherche à tout prix à savoir ce qu’il s’est passé, à nouer avec Scott (le mari de Megan). Elle se sent en quelque sorte responsable de ce qui est arrivé, comme elle se sent responsable d’avoir gâché son mariage et sa propre vie. Elle cherche à trouver Megan, comme une façon de s’amender, de s’en sortir.

Il y a pas mal de fausses pistes dans le livre, même si j’avais un doute à propos de quelques trucs, il m’a fallu arriver loin pour me voir confirmer mes doutes et comprendre finalement ce qu’il en était. C’est un livre qui se dévore, un thriller assez tranquille bien écrit et très intrigant, qui nous donnes toujours envie d’en savoir plus jusqu’au dénouement. J’ai eu beaucoup de mal de le lâcher une fois plongée dedans. J’ai beaucoup aimé la fin, qui laisse un petit goût amer dans la bouche.

C’était une très bonne lecture.

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Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier

mars 19, 2017

prodigieuses créaturesRésumé : « La foudre m’a frappée toute ma vie. Mais une seule fois pour de vrai ».

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration.
Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Celte vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme.

Avec une finesse qui rappelle Jane Austen, Tracy Chevalier raconte, dans Prodigieuses Créatures, l’histoire d’une femme qui, bravant sa condition et sa classe sociale, fait l’une des plus grandes découvertes du XIXe siècle.

Avis : Ce livre va raconter le destin incroyable de deux femmes. Celui de Mary Anning qui est la première personne a découvrir un ichtyosaure (et elle avait juste douze ans). Et celui d’Elizabeth Philpot, une femme passionnée par les fossiles. Ces deux femmes ont réellement existé, et ce livre raconte leur parcours, de façon romancé. C’était une superbe lecture. J’ai adoré l’amitié qui se nouait entre les deux femmes. L’acharnement de Mary, leur passion à toutes deux pour les fossiles. Leur combat contre un monde d’hommes qui se pensent plus intelligents que les femmes, et qui ont tendance à vite les oublier pour prendre tous les honneurs. Plus d’une fois, j’ai bondis, au cours de ma lecture, tellement les hommes m’ont agacé avec leurs préjugés.

Le livre se partage en deux points de vue, celui d’Elizabeth et celui de Mary, ainsi cela permet de voir l’histoire avec deux regards différents. Le regard d’une femme bourgeoise, cultivée, qui ose remettre en question ce qu’on a toujours cru sur Dieu et ses créations, à cette époque. Et qui voue pour les fossiles une véritable passion, un amour particulier pour les poissons, qui la pousse à les collectionner. Elle a aussi une grande curiosité et une soif d’apprendre. Elle va se laisser guider par Mary, qui s’y connait mieux qu’elle pour découvrir les fossiles. Le point de vue de Mary est celle d’une fille pauvre, fille d’ouvrier, au langage plus cru, et qui remet moins en question les choses – et bien sûr qui évolue au fur et à mesure de l’histoire. Elle sort sur la plage pour chercher des « curios » comme elle les appelle, et ceci peu importe le temps qu’il fait. Elle a ça dans le sang, plus douée qu’Elizabeth pour faire des découvertes, elles vont pourtant partager de longs moments ensemble sur la plage à chercher des fossiles.

Les découvertes de Mary vont bouleverser les connaissances du monde, les croyances. Très difficile à cette époque de tout remettre en question sur ce que les gens ont toujours cru à propos de Dieu et la création du monde. Certains ne vont même pas se donner la peine de changer d’avis ou de se poser des questions, car c’est trop difficile pour eux. Mais d’autres personnes, vont étudier ces fossiles et essayer de trouver des explications. Elizabeth fait partie de ceux-là.

J’ai adoré suivre ces deux femmes, la découverte des fossiles et leur amour pour cette chasse. Ainsi que leur combat pour être reconnue et contre les hommes. On peut d’ailleurs dire que les hommes sont pas forcément mis à l’honneur dans ce livre, certains se comportent vraiment mal, et leurs préjugés sont hyper énervants. La façon dont sont traitées les femmes de l’époque, c’est parfois vraiment à gerber, même si ça reste très léger dans cette histoire. Elizabeth fait de son mieux pour être respectée, elle n’a pas la langue dans sa poche, même si elle a du mal à se faire entendre.

Au cours de l’histoire, l’amitié des deux femmes va être mise à l’épreuve, et j’avoue qu’il y a un moment que j’ai moins aimé, mais c’est parce que la pseudo romance ne m’a pas tellement touché. J’ai trouvé qu’elle ralentissait le rythme de l’histoire et j’avoue que ça ne m’intéressait guère de voir les deux femmes courir après un homme plutôt qu’après les fossiles. Ceci étant dit, ça n’a pas gâché ma lecture pour autant, car l’histoire reste vraiment prenante et puis a tôt fait de reparler des fossiles.

La fin m’a terriblement émue, je l’ai trouvé superbe, j’en avais les larmes aux yeux. C’était une magnifique histoire d’amitié entre deux femmes que tout devrait séparer, et qui vont se lier pour la même passion. Une passion qui va bouleverser le monde.

Superbe.

Phrases post-itées : 
« J’ai rencontré des tas de gens comme elle : des gens qui ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas. »

« C’est comme ça avec la chasse aux fossiles : elle s’empare de vous, comme une fringale, et rien d’autre ne compte à part ce que vous trouvez. Et même quand vous trouvez, vous vous remettez à chercher la minute d’après, parce qu’il pourrait y avoir un curio encore plus beau quelque part, tout près. »

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Du domaine des Murmures, Carole Martinez

mars 18, 2017

81ViY9+35nLRésumé : En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.

Avis : Ce livre est terrible. Terriblement prenant, pour commencer, avec une écriture très poétique et très belle, qui nous entraîne et nous plonge dans l’histoire immédiatement en posant le décor dans lequel va se dérouler l’histoire. C’est presque comme si on pouvait entendre Esclarmonde s’adresser à nous, nous raconter ce qu’il s’est passé, nous parler de sa vie. Une vie peu enviable, autant le dire. Esclarmonde refuse de se marier, et faut la comprendre, Lothaire, le mari que son père lui a choisi, est un sale type qui viole les filles et se prend pour un guerrier. Esclarmonde a peu de choix pour y échapper, et elle va sacrifier sa liberté pour la gagner (dis comme ça c’est bizarre, mais le fait d’être emmuré, c’est elle qui le choisi au moins, même si c’est un choix horrible). Les femmes à cette époque subissait des trucs dingues, j’avais déjà lu des choses sur ces femmes emmurées vivantes dans Je, François Villon de Jean Teulé, et c’est un sort vraiment peu enviable que ces femmes qu’on enfermait debout entre des murs et qui ne pouvait voir que le ciel. Esclarmonde s’estime presque chanceuse dans sa cellule puisqu’elle peut se coucher… C’est pour dire.

Comme si ça ne suffisait pas, l’horreur est telle qu’Esclarmonde se fait violer avant d’être emmurée. Elle se réfugie dans sa foi naïve, elle prie Dieu, laisse son esprit s’échapper de cette façon. Et loin de devenir folle, elle tient bon (moi au bout de deux jours on m’aurait ramassé à la petite cuillère). Elle va pouvoir apprendre beaucoup de choses, s’instruire comme elle ne l’aurait sans doute pas pu si elle avait été marié à Lothaire. Les gens vont compter sur elle, lui parler de leurs pêchés, de leurs voyage, tous ces pèlerins viennent de loin pour la voir. Et le pouvoir qu’elle a sur eux, permet en quelques sortes à Esclarmonde de garder l’esprit.

Et puis un autre événement va bouleverser sa vie. Un événement qui va tout changer pour elle.

J’ai adoré le personnage d’Esclarmonde. Elle est certes, très naïve, mais elle a un esprit tout de même acéré, elle peut être un peu manipulatrice même et elle a consciente du pouvoir que lui confère son emmurement. Son évolution est très intéressante et à la fois touchante et triste. L’histoire baigne aussi d’un peu de magie, de légende, de vision, et ça donne un côté un peu mystique, mais encore plus poétique d’une certaine manière.

C’est aussi un roman qui met les femmes en avant, les hommes sont des personnages secondaires dans cette histoire, et j’ai aimé voir ces femmes essayer de se battre contre un monde d’hommes, et vivre la vie qu’elles se sont choisis (ou pas).

Ce roman est à la fois très dur et en même temps très doux, et très très beau. J’ai passé une super bonne lecture et j’ai adoré.

Le détail qui tue : j’ai quand même rêvé qu’on m’emmurait à cause de ce livre…

Phrases post-itées : 
« J’étais posée comme une borne à la croisée des mondes »

« Mon fils vivait fort, il s’époumonait dans ma tombe. »

« Le monde n’était plus pour elle cette matière souple dans laquelle il fait bon se mouvoir, se plonger, cette matière dont on tire jouissance; le monde, autrefois délicieux, avait gelé et l’avait prise dans sa masse, elle y était incluse comme un insecte englué dans la cire d’une chandelle. »

« Et moi, j’étais entrée dans ma cellule comme en un navire, j’y avais essuyé des tempêtes, abordé des terres inconnues, j’y avais tout perdu et tellement espéré. Comment pouvait-on tant apprendre, tant changer, tant souffrir, tant vieillir, en si petit espace ? »