h1

Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski

mai 25, 2017

Gagner-la-guerreRésumé : Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. »
Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère.
Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire.
Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

Avis : Pavé de 980 pages, écrit assez petit, autant dire que c’est une longue lecture qui m’attendait, mais j’étais vraiment curieuse de découvrir cette histoire narré par Benvenuto. Et ça a été une belle découverte, très dense et surtout très bien écrite. J’ai adoré la narration de cette histoire, le vocabulaire de Benvenuto est excellent, et j’ai aimé ce personnage qui est plus proche de l’enfoiré que du héros.
Quand on commence ce livre, on peut mettre la morale de côté, parce que Benvenuto s’embarrasse assez peu de ce genre de choses, lui, il fait en sorte de survivre. Dans le même temps, il suit les ordres de Leonide Ducatore, qui est un Podestat de la République et qui est bien décidé à gagner la guerre et se faire aimer de Ciudalia, quitte à sacrifier quelques vies pour ça.

Benvenuto va traverser des mers, du pays, et pas mal d’embrouilles. Il ne va pas sortir indemne de l’aventure, et ne va pas se faire que des amis. Il a le sang chaud Benvenuto, et des fois, la colère et la fatigue lui font faire des conneries, ce qui lui apporte son lot d’ennuies. Ce que j’ai aimé c’est que l’histoire était faite de ricochet, certains actes, peut-être anodin, allaient, en fait, faire tomber pleins de dominos et provoquer pleins d’événements. On ne voit pas venir tous les rebondissements, toutes les révélations, et Benvenuto, lui-même, pouvait avoir un comportement inattendu. Ce livre brise un peu les codes de la fantasy, de l’évolution du personnage. Benvenuto est plutôt pas mal pourri, et il le reste, et pourtant on s’attache à lui – même si un de ses actes m’a grandement dérangé.

C’était une bonne histoire, certains passages étaient hyper prenants, la fin m’a à la fois fais rire et secoué. C’est assez dingue.
Ceci dit, le livre comporte des longueurs, j’ai trouvé qu’il était assez long au démarrage et si je suis entrée immédiatement dans l’histoire par l’écriture, j’ai attendu un moment avant que vraiment je me fasse embarquer par l’aventure.
Malgré cela, j’ai passé un super moment de lecture et pour une fois je n’ai pas dévoré le livre trop vite.

La photo : 
18741314_10154704339774226_787726182_n

Phrases post-itées :
« Or j’ai toujours eu un sale caractère. Celui qui devait crever, c’était le bâtard d’en face, pas le brave petit double-solde Benvenuto Gesufal. »

« Un joli coin pour mourir, de façon romanesque, au point du jour; mais j’en avais pleins les bottes et je me disais que crever pour crever, j’aurais pu me passer du détour touristique. »

« Avant d’être humilié en exposant mes gencives, j’avais envie qu’on me cire les pompes. »

« Une fois crevé et travesti en symbole patriotique, Regalio avait fini par être aimé. »

« Charmant dilemme : souffrir mille morts ou périr. »

« À la fin de l’exil, on devait souffrir de la nostalgie de l’exil. »

h1

Némésis, Shaun Hutson

mai 9, 2017

6936082Résumé : Sue et John Hacket ont vu l’horreur absolue quand ils ont retrouvé chez eux leur petite fille sauvagement assassinée. Pour ne pas sombrer dans la folie et tenter de sauver ce qui reste de leur mariage, ils déménagent et partent s’installer dans la petite ville de Hinkston. Or, autrefois paisible, cette bourgade est aujourd’hui déchirée par une série de meurtres aussi atroces qu’inexpliqués. C’est qu’elle abrite un terrible secret, vieux de cinquante ans, un secret aux conséquences si épouvantables qu’il était censé avoir été étouffé à jamais pendant la guerre. Mais ce ne fut pas le cas, et Sue Hacket, encore fragilisée par ce qu’elle a traversé, risque bien d’en faire l’horrible expérience…

Avis : Que dire ? J’ai à la fois bien aimé et été un peu écœurée par ce bouquin. L’histoire en elle-même est pas mal, j’ai bien aimé l’idée et le petit côté flippant était ce que je cherchais. Par contre j’ai moins apprécié la surenchère de violence, de sang et de sexe. J’aurais préféré une peur plus insidieuse, plutôt que balancer comme ça à la tronche des trucs dégueu pour impressionner.
Je n’ai rien contre le gore, normalement, s’il sert à l’histoire, j’aime plutôt ça, mais là ? Je n’y ai trouvé que peu d’intérêt, surtout que le schéma devenait répétitif au bout d’un moment et la fin trop rapide laisse planer le mystère sur quelques trucs qui me gênent. Je n’ai pas apprécié les personnages, John était un peu gavant, mais le pire, c’était sa femme, j’ai fini par ne plus la supporter du tout. Elle m’a réellement gonflé, si bien que je n’éprouvais plus aucune empathie pour elle.

tout de même eu quelques surprises sur la fin, et le livre était assez prenant pour que j’ai envie d’en apprendre plus sur l’histoire et comprendre ce qu’il se passait. C’était une lecture dégoûtante mais quand même sympa pour son intrigue. La toute fin est plutôt pas mal, même si encore une fois, il manque des réponses.
Je pense que le livre aurait pu être un peu plus court, sans certaines scènes bien inutiles, ou trop détaillées, et ça c’est dommage oui.

En bref, une lecture en demi-teinte, pas totalement désagréable, qui se laissait lire et assez sympa, mais bien trop gore (dans la surenchère), un peu trop facile peut-être parfois et dont les réponses n’ont pas été toutes données.

h1

La tyrannie des apparences, Valérie Clò

mai 8, 2017

9782283028155Résumé : Pour ses dix-huit ans, Thalia reçoit de ses parents le plus beau des cadeaux : ses premières injections pour vieillir prématurément la peau. Elle sait qu’être jeune est la pire des conditions. Elle a beau teindre ses longs cheveux en gris, elle reste laide. Le monde a bien changé. La jeunesse est devenue maudite et chaotique. Désormais, la vraie vie commence à cinquante ans et le pouvoir est aux mains des anciens.

Le père de Thalia, vieillard tout puissant, pense à l’avenir de sa fille et décide qu’il est grand temps de la marier à un homme d’âge mûr. En effet, rien n’est plus choquant et socialement déplacé que de s’unir entre jeunes… Thalia faillira-t-elle à l’ambition de son père ?

Avis : Cette histoire est très intéressante car elle montre le diktat de la beauté, mais de façon inversé. Ici, ce n’est pas la jeunesse qui est recherché à tout prix, mais la vieillesse. Ici, les rides c’est beau, la peau fripée c’est beau, les vieux sont beaux et les jeunes pas terribles. Cela provoque un rejet des jeunes, une différenciation des traitements.

Thalia, dont le père travaille comme scientifique pour faire vieillir la peau, commence à se poser des questions sur sa vie, sur son avenir, sur ce qu’elle veut vraiment. Des attentes différentes de ce que lui impose son père et sa mère, qui veulent le marier à un vieux parce que c’est comme ça que ça fonctionne. Un vieux à qui elle fera des enfants, car les jeunes ne sont là que pour ça, sinon pourquoi les épouser ?
Si on devait comparer à notre époque, on pourrait voir ceux qui se marient avec des vieux que pour l’argent, par exemple.

D’ailleurs notre époque n’est pas mise de côté, Thalia trouve un livre d’une certaine Laura, qui décrit sa vie, et du coup, notre époque est mise en parallèle de celle-ci, et montre que peu importe le diktat, une partie de la société finit toujours par se faire exclure à cause de celui-ci.

C’est une bonne critique de la société, de ses diktats, des profiteurs pharmaceutiques et chirurgie esthétique. À qui ce genre de choses profitent.

Cette lecture est assez douce, Thalia évolue au fur et à mesure des pages, cherche sa voie, se cherche, et se sent écrabouillée par les ambitions de son père. Pourtant elle va trouver de l’aide en Loïs, et changer. C’était sympathique de voir la façon dont ses pensés changent, comme son esprit qui a plutôt subit une propagande, finit par s’en libérer et voir les choses autrement.

L’autrice écrit bien, j’ai aimé la façon dont c’était écrit, avec très peu de dialogues, et qui sont insérés à l’intérieur du récit, avec des extraits de l’oeuvre de Laura, mettant en parallèle les deux époques.

C’était une très bonne lecture, donc.

Le détail qui tue : j’avais post-itée des phrases mais les post-its se sont barrés la route alors… Tant pis.

h1

Le crime du comte Neville, Amélie Nothomb

mai 7, 2017

JAQ_RL_130x200Résumé :  « Le crime du comte Neville » raconte l’histoire d’une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d’une voyante rencontrée à l’issue d’une fugue qui n’en est pas une.

Avis : Si l’histoire est un clin d’œil à la merveilleuse oeuvre « Le crime de lors Arthur Savile » d’Oscar Wilde, elle prend un ton beaucoup moins joyeux et moqueur au cours de l’histoire.

Au début j’avais un grand sourire, qui s’est fané quand Sérieuse demande à son père de la tuer. Comme si c’était la seule solution à sa dépression, au vide qu’elle ressent. Prenant pour exemple les tragédies Grecques pour montrer qu’il n’y a pas le choix, que c’est un peu le destin. Neville ne va plus en dormir, ne va plus savoir quoi faire, va chercher une solution. Autant dire que ce qu’a dit la voyante va vraiment le perturber, et pourtant il n’y croit pas d’habitude à ce genre de choses, mais là il est persuadé que la voyante a raison. Ça prête à sourire, sauf qu’il ne voit pas d’autres solutions que tuer sa fille.
Comme d’habitude j’ai adoré la plume d’Amélie, et les dialogues, la façon dont les personnages se parlent. J’ai aimé aussi un peu la folie de ces personnages, leur histoire, celle de l’enfance de Neville.

J’ai dévoré cette lecture et la fin a confirmé que j’adorais cette lecture, c’était limite jubilatoire comment ça se termine. J’ai aimé que ce soit très rapide, et que ça coupe presque avec l’espèce de lascivité du récit, représentant l’esprit du personnage qui ne sait quoi faire et qui est perdu.

Bref c’était franchement génial ! Je regrette que ça n’ait pas été un tout petit peu plus long afin d’en savoir plus sur le frère et la sœur de Sérieuse, j’aurais adoré en voir plus sur leur relation. Mais j’ai tout de même adoré cette lecture.

Phrases post-itées : 
« Neville était terrifié à l’idée qu’il allait y tuer l’un de ses invités. Cela ne se faisait pas. Et dire qu’il allait commettre un tel impair alors qu’il s’agirait de la toute dernière garden-party du Pluvier ! »

« Malheureusement, il était comme presque tout le monde : il ne croyait les prédictions que si elles le concernaient. »

«  »Pourquoi a-t-on inventé l’enfer alors qu’il existe l’insomnie ? » »

« Plus que les autres, les insomniaques savourent le bonheur du sommeil : eux au moins, ils savent qu’ils dorment. »

h1

Le garçon des rives/Le garçon d’écume, Cathy Ytak/Thomas Scotto

mai 7, 2017

10nov13.jpg

Résumé : Samuel n’a qu’un rêve : se faire ami avec le garçon d’écume. Un jeune de son âge qui ne quitte jamais la péniche de ses parents. Sur son bateau, Sylvain passe sa vie sur les canaux tout en se demandant qui peut bien être ce garçon des rives qui lui fait bonjour de loin. Un roman écrit à quatre mains par Cathy Ytak et Thomas Scotto, deux auteurs phares de la littérature jeunesse.

Avis : Ces deux petites histoires sont liés par la rencontre des deux garçons, mais ne racontent pas la même chose. Le garçon d’écume vit sur sa péniche, et ne supporte pas la Terre, le monde qui ne bouge pas, il subit la déprime, le mal de terre, quand il doit aller à l’école. D’un autre côté, le garçon des rives vit avec ses parents sourds et se retrouve presque enfermé dans une amitié où la jeune fille décide pour lui d’être sa meilleure amie.

J’ai adoré la plume des deux auteurs, les petites histoires étaient très prenantes, et montraient deux façons de vivre différentes, un moyen de trouver le bonheur d’une autre façon, et pourtant un lien entre deux garçons qui ignorent tout de l’un de l’autre.

J’en aurais voulu plus, cependant, j’aurais adoré que ce soit plus long. On a l’impression de se retrouver devant l’introduction d’un plus long roman, d’une histoire entre ces deux garçons, et ça me manque un peu de n’avoir que ça à me mettre sous la dent. Même si c’était très beau, très bien écrit. Et que j’ai passé un très bon moment de lecture.

Phrases post-itées : 
« La vie qui reste au même endroit, quand même, je trouve que c’est bizarre. »

« Parce que « meilleure » ça veut forcément écrabouiller autre chose qui pourrait être aussi très joli. »

h1

Le journal intime de Georgia Nicolson, tome 2 : le bonheur est au bout de l’élastique, Louise Rennison

mai 7, 2017

product_9782070538003_244x0Attention, spoil du tome 1 je pense.

Résumé : Georgia Nicolson a retrouvé le sourire. Plus question de rejoindre son père en Nouvelle-Zélande. Plus question de quitter ses copines, son chat Angus et surtout Robbie, le garçon de ses fèves.
La vie est à nouveau pleine de promesses… qu’elle ne tient pas: Robbie suggère à Georgia de sortir avec un autre garçon parce qu’il la trouve trop jeune pour lui ! L’humiliation est atroce. Mais Georgia est bien décidée à reconquérir l’homme de sa vie.
Elle met sur pied un plan imparable qui exige un élastique, des glaçons et une chèvre…

Avis : Comme le premier tome, celui-ci est tout aussi cucul. D’ailleurs il commence directement après la fin du premier. Georgia ne veut pas aller en Nouvelle Zélande, elle ne veut pas quitter ses amies, et surtout pas Super Canon qui est enfin, son petit ami. J’aime pas tellement leur relation aux deux, Super Canon est juste canon, elle est incapable de lui parler, ils ne savent rien l’un de l’autre, c’est pas super comme couple.

Et puis Robbie (Super Canon donc) ne sait pas ce qu’il veut.
Alors Georgia va vouloir le rendre jaloux en sortant avec un autre gars. Et je peux vous dire que je trouve ce plan pitoyable, pathétique, à chier. J’avais parfois envie d’en coller une à Georgia. Mais elle sait se rattraper.

C’est, encore une fois, pas de la haute littérature, mais ça fait son job de me faire rire et passer un bon moment avec une ado grincheuse qui fait pleins de conneries sans jamais trop assumer. Et dont la meilleure amie est complètement stupide aussi, en passant. J’ai pas grand chose à en dire de plus, pour cette lecture, simplement qu’une fois le tome fini, je suis bien motivée pour lire la suite.

h1

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami

mai 6, 2017

CVT_Ltrange-Bibliotheque_6541Résumé : Japon, de nos jours. Un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale. Jusqu’ici, rien que de très banal, le garçon est scrupuleux, il rend toujours ses livres à l’heure. Cette fois, pourtant, rien ne se passera comme prévu … Entre rêve et cauchemar, Haruki Murakami nous livre une nouvelle inédite, hypnotique, grinçante, superbement mise en images par la talentueuse illustratrice allemande Kat Menschik.

Avis : Une lecture onirique et plutôt étrange, comme l’indique le titre. Le garçon va à la bibliothèque chercher des livres, sans se douter où ça va le mener. Dans un autre monde presque, dans un monde sombre, une cellule où il doit juste lire et apprendre par cœur des livres pour qu’on puisse lui aspirer la cervelle. Il va faire des rencontres étranges (là aussi), et y trouver un ennemi ou des amis.

Cette lecture m’a vraiment plu, c’était passionnant, très bien écrit et prenant. Le côté onirique et fantastique berce, nous guide, et oui c’est bizarre, mais ça marche très bien, on est presque dans un rêve et on se demande ce qui arriver à ce garçon, qui, finalement se pose assez peu de question sur ce qu’il se passe. Son esprit reste bloqué sur des détails, mais comme dans un rêve, il se demande assez peu ce qu’il se passe. On a le droit aussi à des raisonnements sur la lecture, et sur l’existence des choses et des gens. La fin m’a un peu retourné. Les illustrations participent à rendre le livre plus étrange encore.
J’ai beaucoup aimé.

Quelques illustrations : 

Phrase post-itée : 
« Et puis, dans le même temps, mon angoisse se transforma en une angoisse qui n’était plus angoissante. Et toute angoisse qui n’est pas spécialement angoissante, au bout du compte, c’est une angoisse sans importance. »