Archive for mars 2017

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A comme Aujourd’hui, David Levithan

mars 31, 2017

product_9782070660452_244x0Résumé : Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, dans une nouvelle vie, et ne dispose d’aucun moyen de savoir qui sera son hôte. Une seule chose est sûre : il n’empruntera cette identité que le temps d’une journée. Aussi incroyable que cela puisse paraître, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence : ne pas s’attacher, ne pas se faire remarquer, ne jamais s’immiscer dans la vie de l’autre. Jusqu’à ce qu’il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu’il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, il n’est plus question de subir : il tente par tous les moyens de la revoir, quitte à bouleverser la vie de ses hôtes. Car A a enfin croisé quelqu’un avec qui il veut être jour après jour…

Avis : Ce livre laisse un goût un peu mélancolique dans la bouche, il transporte et en même temps il blesse, il touche et en même temps il griffe un peu. J’ai été prise d’une énorme empathie pour A, pour son histoire, pour sa vie. Ou plutôt pour ses vies. Parce que A passe d’un corps à un autre, tous les jours il change de vie, d’histoire. Il ne peut dès lors avoir aucune attache, n’aimer personne, et essayer de ne pas trop perturber ces vies qu’il emprunte le temps d’une journée.
Sauf que tout va changer alors que A va tomber amoureux de Rhiannon. Cette fille va changer sa vie, il va avoir envie de pouvoir vivre quelque chose, de pouvoir rester avec quelqu’un et d’enfin aimer, d’enfin vivre sa propre vie à lui et pas celle des autres.

L’histoire d’amour ne m’a pas vraiment emballé, elle est assez fade et ne repose sur absolument rien. D’autant plus que j’ai trouvé que Rhiannon était un personnage désagréable au possible et que j’ai passé mon temps à lever les yeux au ciel à cause d’elle. Ceci étant dit, j’ai beaucoup aimé les sentiments de A, sa façon d’aimer, de chercher un moyen pour que les choses changent, d’avoir lui aussi envie de connaître une histoire d’amour, d’avoir quelqu’un. Même si pour lui, c’est dur. Il m’a vraiment fait mal au cœur au cours de ma lecture et plus d’une fois j’ai eu envie de le serrer dans mes bras.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce livre, au delà du personnage de A, c’est toute la palette de personnages que l’on rencontre. Diverses sexualités (homosexualité masculine et féminine, hétérosexualité), divers genre (transgenre, cisgenre, et même les deux ou pas du tout, à travers le personnage de A), handicap, famille abusive, harcèlement, violence, envie suicidaire, obésité etc. etc.
Beaucoup de choses sont remises en question dans l’histoire et c’était hyper bon, hyper bien écrit et les interrogations sont très biens emmenés, j’ai vraiment adoré ça dans ce livre. L’auteur passe vraiment d’un personnage à un autre et on a chaque fois une mini-vie, une mini histoire. Et tout ça accompagné des sentiments de A. C’était très bien dosé et super agréable à lire.

La fin m’a tout de même brisé le cœur, je tiens à le dire.
C’était une très bonne lecture à la fois douce et dure.

Phrases post-itées : 
« J’ai vu ça bien trop souvent. Ce dévouement complètement injustifié. Accepter d’être avec la mauvaise personne parce qu’on ne peut pas affronter la peur d’être seul. »

« J’ai tort de faire ça. Mais j’ai absolument raison. »

« Pour faire court, les croyances sont presque toujours les mêmes ; ce sont seulement les histoires qui varient. »

« Je ne suis jamais tombé amoureux  de quelqu’un parce qu’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Je suis tombé amoureux d’individus en raison de ce qu’ils manifestaient d’unique. »

« Je suis semblable à ces gens que nous croisons dans leurs voitures : j’ai une histoire, mais je file trop vite pour qu’on me comprenne ou même me remarque. »

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George, Alex Gino

mars 31, 2017

george-smallRésumé : Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu’elles sont. Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, Scott aime son « frérot », et Kelly le tient pour son meilleur ami. Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille.

Avis : George c’est un livre doudou, un livre qui fait du bien. Le genre de livre que j’adore parce qu’ils sont doux et simples et puis, George parle d’un enfant transgenre, un sujet peu abordé, surtout dans les livres jeunesses.

George est une fille, elle en est convaincue, mais personne ne la voit comme telle. Ça lui fait mal (et on peut la comprendre) de s’entendre dire « mon garçon » « mon fils » « jeune homme », alors qu’elle est une fille. C’est difficile pour elle de le montrer, difficile de pouvoir vivre comme elle voudrait être. George rêve alors d’incarner un rôle féminin au théâtre, afin que tout le monde puisse voir la vérité, que tout le monde puisse voir qui elle est réellement.

J’ai adoré le frère de George et sa meilleure amie, pour leur attachement à George. Kelly va aider George, et leur complicité est vraiment mignonne.
La souffrance de George m’a beaucoup touché et j’aurais voulu pouvoir ouvrir les yeux de son entourage, crier « mais c’est une fille bon sang ». Ce livre fait réfléchir à la place qu’on attribue au sexe et au genre dans la société, ainsi qu’au poids des mots. On qualifie les personnes, on les case « fille » « garçon », sans même voir que l’image peut être différente de ce qui est. Oui il y a des filles avec des organes génitaux masculins et vice et versa.

La fin est émouvante, le livre est mignon comme je l’ai dis, et m’a vraiment touché et émue. C’était vraiment super adorable.

Seul bémol : j’ai trouvé que les rôles filles/garçons étaient un peu trop cliché. Les filles se maquillent et adorent le rose, les garçons regardent forcément sous les jupes. Je ne pense pas qu’une couleur définisse ce qu’est être une fille ou être un garçon, je ne pense pas que les garçons soient tous sales et vulgaires parce qu’ils sont des garçons, ou que les filles doivent toutes porter du maquillage, du rose et être « mignonne » pour être des filles.
Bon et un garçon qui aime les magasines féminins n’est pas forcément homo, je tiens à le souligner…

N’empêche que j’ai aimé George, et j’ai aimé cette histoire. J’espère réellement plus voir de livres jeunesses traitant de ce genre de sujet, qui sont, pour moi, vraiment important.

Phrases post-itées :
« Les papillons dans son estomac avaient eux-mêmes des papillons dans leurs estomacs. »

« – Bah, nous ne pouvons pas imposer nos vues à nos enfants, mais nous pouvons les encourager, n’est-ce pas ? »

 

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La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker

mars 30, 2017

la-verite-sur-l-affaire-harry-quebert,M93686Résumé : À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Avis : J’ai été transporté par ce livre. Il fait plus de 800 pages et pourtant je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, je n’ai pas vu le temps passer, ni les pages tourner. Je me perdais totalement dans l’histoire, j’étais complètement aspirée.

On se retrouve devant une histoire qui peut paraître banale, et pourtant j’ai trouvé l’intrigue tellement prenante et maîtrisée que je me suis plongée dedans en un rien de temps. Marcus est prêt à tout pour innocenter Harry, et c’est pas une mince affaire, parce que toutes les directions pointent vers Harry. Et pourtant Marcus a tellement de respect pour ce vieux professeur qui lui a sauvé la vie, pour cet ami en qui il tient tellement qu’il est persuadé de son innocence et fera tout pour le prouver. Même fourrer son nez partout.

L’histoire se passe sur plusieurs époques. La rencontre de Marcus avec Harry. Ce que Harry lui a appris sur le métier d’écrivain. L’été 1975 et la disparition de Nola (et son histoire d’amour avec Harry), et bien sûr 2008 avec l’enquête de Marcus. On se retrouve dans un sac de nœud en lisant l’histoire. On a plusieurs images des habitants, au début, on a l’impression d’avoir à faire  à ces bons vieux gens d’un village, mais au fur et à mesure de l’enquête de Marcus, des secrets sont mis à jour, et on se rend compte que les gens ne sont pas aussi lisses et bons qu’ils en ont l’air. Et que finalement l’amour de Harry pour une fille de 15 ans alors qu’il en avait 34, était presque pur par rapport au reste. (D’ailleurs je n’ai pas trouvé ça si choquant, d’autant plus qu’il est très droit avec elle, n’agit pas du tout comme un pervers).

L’histoire d’amour n’est pas très très intéressante, très poétique mais pas touchante, d’autant plus que je n’ai pas tellement aimé Nola, je l’ai trouvé assez manipulatrice, moins innocente qu’elle en donnait l’impression. Mais, j’ai aimé l’amour d’Harry, ce qu’il éprouvait en fait, cet amour indéfectible qui n’a jamais cessé. Et surtout, ce que j’ai adoré dans cette histoire, ce n’est pas l’histoire d’amour, mais bien l’histoire d’amitié entre Marcus et Harry. Une amitié vraiment puissante, qui lie deux êtres comme un père et un fils. D’autant plus que la mère de Marcus est un peu cinglée (même si elle m’a vraiment fait marrer). Et en plus de ça, Marcus est un personnage que j’ai absolument adoré, je l’ai trouvé hyper attachant, un peu naïf, et un peu lâche aussi, mais vraiment à fond dans son enquête.

L’intrigue est hyper prenante, les événements se recoupent petit à petit et c’est passionnant. Pour une fois je n’ai pas deviné la fin du tout, j’avais quelques hypothèses mais elles retombaient souvent à plat, et j’ai été mené par le bout du nez. Pourtant tous les éléments étaient bien là, sous notre nez. J’ai adoré l’enquête.
J’ai aussi beaucoup aimé voir les mauvais côtés d’être écrivain. Comment on pouvait vite être trahit par l’éditeur. Comment certains ne pensent qu’au pognon qu’on va faire avec le livre, et non à l’écriture ou à l’histoire. Ça parle de ceux qui utilisent des « écrivains fantômes » pour les aider à écrire. Du business du livres. Du danger de perdre le contrôle d’un livre. C’est une dénonciation de cette société et de ses travers.

J’ai vraiment été enthousiasmé par ce livre et même ému plus d’une fois, une super bonne lecture. J’ai adoré.

Phrases post-itées : 
« Dans ma vie, je n’avais que Harry, et étrangement, il n’était pas question pour moi de savoir s’il était coupable ou non de ce dont on l’accusait : la réponse ne changeait rien à l’amitié profonde que je lui portais. »

« j’ai compris que pour être formidable il suffisait de biaiser les rapports aux autres : tout n’était finalement qu’une question de faux-semblants. »

« Et je m’étais dit qu’une étoile filante, c’était une étoile qui pouvait être belle mais qui avait peur de briller et s’enfuyait le plus loin possible. Un peu comme moi. »

« – Je ne sais pas si ce sont les écrivains qui sont seuls ou si c’est la solitude qui pousse à écrire… »

« – Au fond, rétorqua Harry, le seul à savoir si Dieu existe ou n’existe pas, c’est Dieu lui-même. »

« Car la maladie des écrivains, Marcus, ce n’est pas de ne plus pouvoir écrire : c’est de ne plus vouloir écrire mais d’être incapable de s’en empêcher. »

« – Que la vie n’avait que peu de sens. Et qu’écrire donnait du sens à la vie. »

« Tout ce que je sais, c’est que la vie est une succession de choix qu’il faut savoir assumer ensuite. »

« Apprenez à aimer vos échecs, Marcus, car ce sont eux qui vous bâtiront. Ce sont vos échecs qui donneront toute leur saveur à vos victoires. »

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Hortense, Jacques Expert

mars 28, 2017

Hortense-de-Jacques-ExpertRésumé : 1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Avis : Ce livre me faisait envie, au vu de tous les avis positifs que j’avais vu à son sujet. Immédiatement je me suis laissée porter par l’histoire de Sophie. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que ce personnage dévoile sa folie petit à petit, même si on sent dès le début qu’elle est instable. Et du coup ça nous fait douter, Emmanuelle est-elle Hortense, ou bien Sophie délire-t-elle complètement ?
Je ne me suis pas du tout attachée à Sophie, personnellement elle me faisait froid dans le dos. Et plus j’avançais dans l’histoire et moins je l’aimais. Elle est très lunatique, elle bat le chaud le froid, et quand les choses ne vont pas dans son sens, elle se met en colère. Mais bien sûr, elle n’est pas faite pour qu’on l’aime.

Par contre j’ai bien aimé Emmanuelle « Hortense ». Même si son amour exclusif pour son père, j’ai trouvé ça hyper malsain, et très œdipien. Il était temps qu’elle se détache un peu de lui.

Il y a beaucoup de trous dans cette histoire, qui fait qu’on se pose beaucoup de questions et qu’on peut faire beaucoup de suppositions. Il y a aussi beaucoup de répétitions de la part de Sophie, et j’avoue que ça a fini par un peu m’agacer. J’avais par moment l’impression de tourner en rond, que l’auteur voulait faire monter le suspens pour balancer son élément final et ça me gonflait.
J’ai lu jusqu’au bout en me demandant où on allait, et contrairement à la majorité des gens, la fin ne m’a, non seulement pas surprise, mais en plus je la trouve vraiment bâclée. L’auteur nous balance ça, et ensuite « voilà débrouille toi maintenant pour mettre en place le reste du puzzle ». C’est un peu trop facile, et pas du tout intéressant à mon goût.

Du coup cette fin me laisse un gros goût amer, m’a complètement dégoûté de tout le roman. Je partais pourtant très enthousiaste avec cette lecture, mais j’ai fini par me lasser et la fin m’a simplement achevé.
Une grosse déception donc.

Phrase post-itée : 
« Voilà ce que je suis devenue. Rien. 
Même pas un fantôme. Un fantôme, on finit toujours par le voir. Moi je ne suis rien, depuis une éternité, et cela m’indiffère. »

Quelques mots sur la fin (attention spoil, surligner pour voir) : 
En fait, il y a tellement peu d’explication, que je ne suis même pas tout à fait sûre d’avoir compris la fin. Sophie a-t-elle empaillé sa propre fille? (Mais alors qu’est devenu Sylvain? Comment a-t-il fait pour l’attacher?), ou bien a-t-elle empaillé une autre enfant (mais pourquoi ne parle-t-on pas d’autres disparitions?). 
Ce qui m’a fait dire qu’elle avait sûrement tué sa propre fille, c’est qu’à un moment Sophie dit « je l’ai appelé Hortense, comme ma première poupée ». Elle voit sa fille comme un objet qu’on peut modeler, et plus ça va, plus elle en parle et plus elle est flippante dans sa façon de voir Emmanuelle et de parler de sa façon d’éduquer Hortense. Bref, si vous l’avez lu, j’aimerais savoir comment vous avez compris cette fin… 

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Eleanor & Park, Rainbow Rowell

mars 26, 2017

bm_CVT_Eleanor-and-Park_8591Résumé : 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s’installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l’ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths… Et qu’importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Avis : Encore un livre de Rainbow Rowell que j’ai dévoré et adoré. Ce livre est un condensé de marshmallow et de sucre et de tout pleins de vibrations et d’amour et c’est hyper bon à lire. C’est totalement le genre de romance que j’aime, que j’aurais voulu vivre étant ado, le genre de trucs qui guident deux personnes l’une vers l’autre.
Eleanor est grosse, rousse, et habillée à sa manière, et la première fois qu’elle monte dans le bus, Park la traite comme absolument tout le monde, et pourtant il va la faire s’asseoir à côté de lui, et ce geste va changer leur vie à tous les deux. 

La vie d’Eleanor n’est pas géniale, son beau père est un vrai connard (et oui c’est le mot), un sale type qui tape sur sa femme et lui fait vivre l’enfer, à elle et à ses gosses. C’est une vraie pourriture et en plus il fout la trouille. Eleanor le déteste et on la comprend, vu ce qu’il lui fait subir, vu comment il lui parle. Comme si ce n’était pas suffisant, la vie d’Eleanor est aussi un enfer au lycée, parce qu’elle se fait harceler. Finalement il n’y a que dans le bus que les choses vont être différentes. Dans le bus, avec Park.

Park a une mère coréenne et un père américain grand comme une maison, son petit frère est plus grand que lui aussi, et Park fait tout ce qu’il peut pour ne pas passer « pour une fiotte » aux yeux de son père. Un père qui a des préjugés un peu débiles sur les filles et les garçons et tout un tas de conneries. La mère aussi d’ailleurs, mais en plus doux (une fille doit s’habiller en fille, en gros) (mais je vous rassure ils évoluent). Et pour Park c’est pas évident, parce qu’il se sent petit et pas franchement musclé (et pas du tout intéressé par le sport). Il n’est pas non plus franchement intéressé par les filles, jusqu’à l’arrivé d’Eleanor dans sa vie. 

Leur relation est hyper hyper hyper (vraiment hyper) mignonne. Toute douce, toute guimauve, ils prennent tellement leur temps, ils apprennent à se connaître, à se découvrir, et seulement se prendre la main est absolument incroyable (et m’a foutu des frissons). J’ai adoré la façon dont ils se parlaient (c’est un truc que j’aime beaucoup chez cette autrice, la façon dont elle construit ses dialogues). J’ai adoré les sujets qui sont abordés (bien que certains soient très difficiles). J’ai adoré la simplicité avec laquelle cette histoire coulait, comme les choses dures sont adoucis par la beauté des sentiments des deux personnages. Je pouvais les voir, entendre la musique qu’ils écoutaient, et bon sang, ils m’ont presque fait aimer les comics quoi.

C’était tellement beau bon sang. Tellement touchant et prenant. Et puis la fin… C’est comme se recevoir un boulet de canon quand on volette sur un petit nuage. Je m’en suis retrouvée bouleversée, le besoin de faire une pause et en même temps de tout lire. Les derniers mots m’ont arraché d’énormes larmes (qui menaçaient déjà de couler).

Une superbe lecture, douce, émouvante au possible, drôle aussi, magnifique.

Mon ressenti :
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Phrases post-itées : 
« – J’aimerais bien que tu t’en ailles, murmura-t-il, pour qu’on puisse enfin parler. »

« – Tu es sûr de vouloir me présenter ?
– Oui. Je veux que tout le monde fasse ta connaissance. Tu es ma personne préférée de toute la vie. »

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L’inconnu du Nord-Express, Patricia Highsmith

mars 25, 2017

9782253055464Résumé : Deux hommes se rencontrent par hasard, dans un train. Chacun aimerait se débarrasser d’une personne de son entourage. Et si l’un tuait pour le compte de l’autre, il serait impossible d’établir le lien entre la victime et son meurtrier. Bruno est un jeune homme riche qui déteste son père, nourrit des idées morbides et fomente des crimes parfaits. Cette fois, il a imaginé un chef-d’oeuvre du genre. Mais son interlocuteur, Guy Haines, architecte promis à un brillant avenir, est un homme intègre. Il sera entraîné malgré lui dans une spirale cauchemardesque.

Avis : J’ai eu très envie de lire du Patricia Highsmith après avoir vu une vidéo qui en parlait. Je me suis donc lancé avec celui-ci, qui est son premier roman. Un roman assez noir et sombre.

Guy va faire la rencontre de Bruno dans un train, Bruno qui est un jeune homme assez fou et très porté sur l’alcool, et qui va lui proposer d’échanger leurs meurtres. Guy refuse et pense que l’histoire s’arrêtera là. C’est sans compter sur Bruno, Bruno nourrit une obsession pour Guy depuis leur rencontre et est bien décidé à mettre son plan à exécution.

Le livre a un côté étouffant, je ne m’en rendais pas compte au cours de ma lecture, mais c’est en le refermant pour dormir, qu’il a beaucoup tourné dans ma tête et que je me suis retrouvée un peu prise au piège de l’histoire. On se sent comme pris dans une toile d’araignée avec cette histoire, et on sent bien que les liens se resserrent autour des personnages au fur et à mesure.

Plus qu’une envie de tuer, je pense que c’est l’obsession de Bruno pour Guy qui le conduit au meurtre, son envie de le revoir, d’avoir quelque chose à partager avec lui, de vouloir lui rendre service. Oui, Bruno est un personnage horrible, il voit les autres un peu comme des objets, il s’ennuie, il est fou, et alcoolique, mais en même temps, je me suis attachée à lui d’une certaine façon. Il éprouve un attachement pour Guy qui le conduit un peu plus dans la folie, et parce qu’il ne peut pas avoir Guy, il cherche un moyen de les lier définitivement, d’une certaine façon. Du moins j’ai vécu l’histoire comme ça. Bruno est très changeant, ses pensées tournent dans tous les sens, un jour il pense blanc, le lendemain il pense noir, et l’alcool ne l’aide pas à avoir les idées claires. La seule chose qui est sûre c’est sa fixation sur Guy qui ne vacillera jamais.

De son côté Guy est un personnage très porté sur la mélancolie, et qui a tendance à laisser les choses se faire, à ne pas se battre. La façon dont sa femme se sert de lui, l’utilise, et comment il se défend à peine, en est un bon exemple. C’est un personnage assez doux, amoureux d’Anne, et qui rêve de construire de grande chose, de se faire un nom comme architecte, et en plus il a du talent. Piégé par Bruno pourtant, sa vie va devenir un véritable enfer. Il va chercher à fuir, à l’éviter, mais ce n’est pas si facile, parce que lui-même éprouve une certaine fascination pour Bruno (en même temps que du rejet).
J’avais parfois envie que Guy se secoue, bouge, essaie de changer les choses, mais il se laisse écraser par les événements, et accuse la destinée. Je n’ai pas tant aimé ce personnage finalement.

J’ai trouvé que l’histoire perdait un peu de rythme après un certain événement, mais l’écriture est très prenante et on continue à lire jusqu’au bout. Jusqu’au dénouement final. Un dénouement que je ne suis pas tout à fait sûre d’aimer, mais qui reste en accord avec l’histoire et qui est quand même très bien.

Un livre que j’ai donc beaucoup aimé, et qui, malgré son côté sombre, m’a beaucoup fait rire par moment, car j’ai trouvé certaines situations plutôt cocasse au vu de la personnalité de Bruno et de sa façon de penser. Je suis très contente de cette découverte.

Phrases post-istées : 
« C’est une de mes théories qu’on doit faire tout ce qui est possible avant de mourir, et peut-être mourir en essayant de faire quelque chose de vraiment impossible. »

« Il avait toujours abhorré les histoires judiciaires. C’était comme un jeu pervers dont l’objectif n’était pas de découvrir la vérité mais de permettre à un avocat de lancer des piques à l’autre et de le désarçonner sur un point de procédure. »

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Incarceron tome 2 : Le Cygne Noir, Catherine Fisher

mars 24, 2017

couv33103345Attention lire cet avis risque de vous spoiler le tome 1 !

Résumé : Alors que Finn s’est évadé d’Incarceron et s’apprête, à devenir roi, une nouvelle menace surgit, qui met sa vie, et celle de Claudia, en danger. Toujours enfermés dans la Prison, Keiro et Attia espèrent, s’échapper grâce au pouvoir d’un gant magique. Mais face obstacles qui s’accumulent, le rêve de liberté s’éloigne. Pendant ce temps, Incarceron poursuit ses propres désirs d’indépendance. En secret, la Prison se fabrique une arme ultime, une arme qui pourrait bien détruire le monde…

Avis : Tout comme j’avais adoré et dévoré le premier tome, j’ai adoré et dévoré ce deuxième tome. On retrouve Finn à l’extérieur de la prison, mais dans un monde qui ne lui plaît finalement pas tant que ça. Dans un monde remplis de complots, de tricheries, de mensonges. Un monde où il doit jouer un rôle, un rôle qui lui déplaît. Il est aidé par Claudia, mais pas tant que ça. J’ai trouvé Claudia assez cruelle dans ce tome-là, elle m’a même carrément agacé par moment. Elle se sert beaucoup de Finn pour arriver à ses fins, sans essayer de se mettre à sa place. Jared, lui va chercher une solution pour essayer de rouvrir la prison. Parce que Finn est obsédé par Keiro, qu’il veut absolument sauver d’Incarceron.

De son côté Keiro fait équipe avec Attia pour trouver un Gant mystérieux, le Gant de Sapphique, qui pourrait les faire sortir de la prison. Je n’ai toujours pas aimé Attia, sans vraiment savoir pourquoi. Par contre dans ce tome là, je me suis beaucoup attaché à Keiro, il y a beaucoup de choses qu’il cache, je dirais que tout est façade chez lui et nul ne sait vraiment ce qu’il veut, mais ça le rend vraiment intéressant comme personnage. Et j’ai vraiment adoré sa relation avec Finn, que j’ai trouvé vraiment forte alors qu’ils étaient séparés.

Incarceron est effrayante et complètement folle, c’est un personnage hyper intéressant mais qui fait froid dans le dos.

Le livre est emprunt de mystères, de magie et d’actions. Tout n’est pas forcément expliqué mais ça ne m’a pas dérangé, c’était comme suivre les règles d’un monde dont on ignore tout, certaines choses restent inexplicables, surtout la magie. Les légendes sur Sapphique sont super intéressantes, et puis il y a un côté onirique très beau.
Ce que j’ai adoré aussi c’est la question de la liberté. Finalement on peut se retrouver en prison, qu’on soit à l’intérieur de la Prison, ou à l’extérieur. Des fois les prisons sont dans nos têtes, ou dans les mondes qu’on a créer, qui ont emprisonné les hommes.

C’est une histoire que j’ai vraiment vraiment beaucoup aimé, et la fin, très ouverte, n’enlève rien à l’histoire. Au contraire, j’ai aimé cette fin, touchante, qui laisse place à l’imagination.

Un diptyque que j’ai adoré.

Détail : on m’aurait dit qu’il devait y avoir un tome 3, je ne sais pas si c’est vrai ou non, en tout cas il n’a jamais été publié, et je trouve que les deux tomes se suffisent à eux-mêmes. Pas besoin de suite.

Phrase post-itée : 
« Il ne suffit pas de s’évader. Cela ne répond pas à toutes les questions. Ce n’est pas ça, la liberté. »