Archive for août 2016

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Les papillons rêvent-ils d’éternité, Sandra Labastie

août 8, 2016

Les_papillons_revent-ils_d_eternite_poster Résumé : « Cette journée du 1er janvier, la première de la dernière année du monde, il s’est passé quelque chose de spécial entre nous, les élus. C’était comme au printemps, quand on devient joyeux sans comprendre pourquoi. C’est la dernière année de souffrance, a dit papa. Bientôt, on sera libérés. »

Les saisons se succèdent et les croyants se préparent à la fin des temps. Parmi eux, une jeune fille de 13 ans contemple la condition humaine dans ses craintes et ses obsessions, dans sa surprenante capacité d’imagination pour triompher d’une vie sans espérance.

Avis : Que dire sur ce livre? C’est très compliqué d’en parler. On va vivre à travers les yeux d’une jeune fille, une année qui doit être la dernière pour l’humanité, sauf pour les élus. Faisant partie d’une religion extrémiste (je dirais même carrément une secte), la jeune fille va commencer à se poser des questions sur ce qu’on lui enseigne.
Elle est vraiment prisonnière d’un monde horrible (où les gens en haïssent d’autres et se font haïr en retour, et n’attendent qu’une chose : que tous les incroyants meurent). Ils sont complètement hypocrite, et pour eux rêver et se poser des questions sont totalement interdit. Plusieurs fois ça m’a retourné l’estomac, et en plus leur truc est hyper misogyne (la Bible a été écrite par des hommes de toute façon).

Mais la jeune fille va remettre tout ça en question, on sent que son ton change au fur à mesure, qu’elle comprend l’injustice, qu’elle se sent mal et étouffée par toute cette organisation. Elle doit subir la haine des incroyants qui la prennent pour une folle, elle a honte d’aller sonner aux portes pour rependre la parole de leur secte, elle se demande de quelle vérité on lui parle. Elle trouve que la Bible et le dictionnaire ne disent pas la même chose.

C’était dur de voir cette gamine dans ce monde, et les réflexions qu’elle faisait, ou que les autres autour d’elle faisaient. On se retrouvait vraiment au cœur de la secte et on voyait comment ça fonctionne. Mais c’était super intéressant de voir l’évolution de la jeune fille et son changement.

Pour ce que j’ai moins aimé c’est la violence qu’elle va subir au cours de l’histoire, ça m’a retourné l’estomac et j’avoue que ça m’a laissé perplexe. Surtout vis à vis des réactions de la jeune fille, qui semble totalement détachée de ce qu’il se passe. Ça m’a vraiment mise mal à l’aise et du coup je me suis un peu détachée de l’histoire. J’ai trouvé ce qu’il se passait parfaitement horrible, et je ne sais pas du coup quoi penser de ce livre. Même après une nuit passée, je reste interrogative à propos de cette lecture. J’avoue que je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi violent.

Une histoire difficile donc, dérangeante, gênante. Qui montre l’hypocrisie d’une secte et comment les fidèles sont manipulés et subissent un véritable lavage de cerveau.

Phrases post-itées : 
« Dieu veut constamment des preuves d’amour. Il veut qu’on se fasse baptiser, qu’on prêche, qu’on ne fréquente pas les incroyants, qu’on résiste à la torture et à la tentation, qu’on renonce à sa famille… 
La liste des preuves à apporter est immense. Et cette liste est la preuve que Dieu est amour. »

« Le dictionnaire rouvre toutes les portes que la Bible ferme les unes après les autres avec ses réponses. »

« Je suis trop petite pour connaître la réponse mais assez grande pour me la poser. »

« La personnalité chrétienne, ça vous aplatit. Avoir des secrets, c’est une sensation merveilleuse, c’est comme si on avait une épaisseur à l’intérieur, quelque chose qui n’appartient qu’à soi.On se sent exister. »

« J’aime beaucoup les mots. Il y en a qui font mal mais il y en a qui soignent, parfois ce sont les mêmes, ça dépend comment on s’en sert. « 

Blablabla sur le livre (spoils, surligner pour voir) :
D’abord, la jeune fille va se faire violer par les garçons de l’école (car oui ils vont lui mettre un doigt dans le sexe et c’est un viol !), puis elle va se retrouver à coucher avec un des types de la secte (encore une fois un viol), et ça m’a écœuré. D’autant plus que la jeune fille semble prendre ça froidement, avec un total détachement, presque comme si c’était normal. Elle est persuadée qu’elle est fautive pour les garçons de l’école.  J’ai trouvé ça horrible, et elle ne reçoit aucune aide, je comprends même pas que ça ait pu arriver sans que personne n’intervienne. Et pour ce qu’il se passe avec l’autre vieux type pervers dégueulasse, ça m’a écœuré aussi, je le sentais venir en plus, ça puait à pleins nez. Mais j’ai pas vraiment aimé comment c’était traité. Et le fait qu’il ait fallu ça pour réveiller les parents et les sortir de la secte, ça m’a dégoûté aussi.

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L’instinct du Troll, Jean-Claude Dunyach

août 7, 2016

instinct-du-TrollRésumé : Glissez-vous dans l’intimité d’un troll le temps de quatre aventures qui font trembler la terre jusqu’aux tréfonds des mines les plus obscures. Bien sûr, pour cela, vous allez devoir franchir les falaises du Désespoir, affronter les périls du col des Assassins et vous enfoncer dans les marais de la Mort sinueuse, mais ne vous inquiétez pas : après, c’est fléché. Et, avant, mieux vaut savoir que, s’il faut qu’un troll s’habille pour une occasion spéciale, il convient de le prévenir dix ans à l’avance. Surtout, n’oubliez jamais que l’eau ferrugineuse est un fléau qui ravale le troll au rang de l’homme. Alors, vous qui entrez ici, laissez toute espérance ainsi que vos affaires personnelles au vestiaire. Et n’oubliez pas de rapporter vos notes de frais.

Avis : Ce livre était hyper drôle. Ce que j’ai adoré c’est tous les clins d’œil à d’autres œuvres, tel quel les schtroumpfs, les légendes Arthuriennes, ou même « cinquante nuances de grès », c’était super marrant et bien imaginé et pensé. Complètement loufoque aussi je dois le dire.
Les histoires nous sont racontés par le Troll des montagnes, et il est excellent. Il a un regard hyper acéré vis à vis de toutes les espèces, que ce soit les humains, les nains ou les trolls, une façon de raconter amusante, remplis de jeu de mots et de quelques ironies et sarcasmes. On sent qu’il ne se prend pas au sérieux.

Ce que j’ai aimé c’est l’originalité. Les événements ne se passent pas comme on pourrait s’y attendre, on sent la parodie et l’humour. Par exemple, un événement terrible pour le Troll, c’est de devoir se coltiner un stagiaire. Les personnages m’ont vachement plu d’ailleurs, Cédric, au début, est un tantinet chiant, mais il apprend et puis c’était amusant de voir le Troll avec lui. Les personnages sont d’ailleurs pas mal caricaturaux, un brin exagéré mais du coup hilarant, et pourtant quand même attachant (bon pas tous).

On sent également la critique de la société, une société en mouvement, une société où l’administratif peut bloquer les choses, où les archives peuvent être synonyme d’enfer, et où les femmes et les hommes n’ont pas le même salaire (oui ça m’a marqué ce passage). C’est bien pensé, c’est bien écrit, et franchement j’ai passé un super moment de rigolade. J’avais peur que ce soit trop lourd, mais pas du tout, l’humour est bien dosé, les jeux de mots ne sont pas lourds, le Troll m’a trop plu.
J’avais pas envie que ça se termine.

Une super bonne lecture donc.

Phrases post-itées : 
« Je vois les rouages qui s’agitent derrière ses yeux. Les humains font ça en permanence, ça s’appelle réfléchir. Je n’ai pas encore compris à quoi ça leur sert. »

« – J’ai eu une idée, chef !
– Ce n’est pas ton boulot. »

« L’instinct du troll. C’est un truc inexplicable pour n’importe qui d’autre. On sent les ennuies arriver de très loin, ça nous permet de foncer droit dedans et de profiter de la bagarre. »

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Roman d’horreur tome 1 : ils n’auraient jamais dû retourner dans cette maison, Arthur Ténor

août 7, 2016

roman-d-horreur-arthur-tenorRésumé : Après une soirée « films d’horreur » hilarante, Valentin, Cédric et Zoéline, trois adolescents qui adorent frissonner de peur, vont vivre en live une expérience digne des meilleurs récits d’épouvante. Le décor est une maison sinistre à souhait, close comme un coffre-fort de l’enfer, et les damnés qui la hantent font froid dans le dos. De quoi les combler de bonheur ! Ou de peur. Car le pire, le monstre, le cauchemar pour de vrai, n’a rien d’un gag… Il n’a pas de visage, ne parle pas, n’émet aucun son en se déplaçant. Et lorsque se produit la rencontre… il est trop tard pour fuir.
Méfiez-vous de vos désirs, ils pourraient bien devenir réalité.

Avis : Je suis quelqu’un de facilement impressionnable et mon imagination joue beaucoup sur ma peur. Du coup bien avant que quoi que ce soit commencé, ce livre me mettait mal à l’aise. Trois jeunes vont visiter une maison où il y a eu des morts violentes, une maison qui est condamnée. Moi rien que ça, ça me ferait vraiment flipper comme c’est pas permis et je ne tenterais pas l’aventure.
Du coup mon imagination fonctionnait à fond.
Donc niveau peur c’était quand même pas mal inquiétant, mais ce que je regrette c’est que les montés de tensions sont assez irrégulières. On va avoir des passages plutôt flippants, et ensuite des moments de calmes. Du coup le rythme redescend. J’aurais préféré quelque chose qui commence doucement et monte dans l’horreur, plutôt que ces passages calmes entrecoupant les moments de stress.
C’est bien écrit sinon, j’ai beaucoup aimé Cédric, un peu tête brûlée, avec un humour un peu pourri. Je me suis moins attachée à Zoéline et Valentin. J’aimais bien le suspens, j’étais curieuse d’en savoir plus sur ce qui s’est passé dans cette maison, et chaque fois que les ados y retournaient je me sentais effrayées sur ce qu’il pouvait se passer.
J’ai cependant deviné ce qui avait pu se passer (même si je ne savais pas pourquoi). J’ai trouvé certaines choses plutôt incohérentes, mais c’est parce que j’ai regardé ça avec mon oeil d’adulte qui se disait « non mais ça m’étonnerait qu’un commissaire écoute des gosses de quatorze ans, ou que la police soit passé à côté de ça », mais comme c’est un livre destiné à la jeunesse, souvent les enfants et ados se retrouvent à faire des choses qui ne sont très certainement pas probables. (Surtout les apprentis détectives).

J’ai passé un bon moment avec cette lecture, les moments de tensions m’ont quand même bien fait flipper (l’imagination jouant beaucoup) et je me suis inquiétée pour ces ados tête brûlées. La fin est maligne.
J’ai bien envie de lire les autres livres « Roman d’horreur ».

La dédicace (photo pourrie mais bon) : 
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La première fois que j’ai eu seize ans, Susie Morgenstern

août 6, 2016

60802512Résumé : « Pourquoi la beauté ne fait-elle pas partie des droits de l’homme ? » se demande Hoch, ainsi surnommée à cause de sa taille imposante. Et comment faire pour supporter les journées qui se ressemblent toutes, quand on ne rêve que d’amour absolu et de feux d’artifice ? Hoch, la narratrice de cette histoire presque vraie, est une guerrière douce, émotive, convaincue du triomphe ultime de la vérité et de la raison dans un monde violent, masculin et injuste. Ce livre raconte ses combats et ses amours, l’entrée dans le jazz-band du lycée, une fugue, des déboires et des merveilles, avec une émotion communicative et pudique, une inlassable passion de vivre.

Avis : Bon et bien si j’ai aimé l’écriture, et si d’habitude j’aime ce genre d’histoires qui part un peu dans tous les sens, sans s’arrêter à un seul sujet, qui visitent la tête d’un ou une ado, là j’avoue que j’ai moyennement accroché. Ça partait vraiment trop dans tous les sens, et la façon de raconter m’a paru bizarre parfois. Je me perdais entre le passé et le présent. L’adolescence peut être une période difficile, mais j’ai trouvé Hoch trop molle, presque. Au début je la prenais pour une battante, elle se laisse pas faire, elle est pas timide, elle veut rentrer dans le jazz-band quand bien même ils n’acceptent pas les filles, elle se bat pour quelque chose… Mais au fur à mesure de l’histoire, et bien elle se laisse juste porter. J’avais l’impression qu’elle faisait certains trucs « juste parce qu’il faut les faire » et non pas pour elle-même, ou parce qu’elle en avait envie.

Hoch m’a donc paru mollassonne, les sujets abordés m’ont moyennement plu, et si j’aimais certaines choses, notamment la relation de Hoch avec ses sœurs, beaucoup d’autres choses m’ont fait grincer des dents. La fin n’a absolument pas réveillé mon intérêt, j’étais plutôt « tout ça pour ça? ». Pourtant c’était plutôt bien partie, mais mon intérêt s’est essoufflé au fur et à mesure et je ressors de cette lecture plutôt déçue, car je m’attendais vraiment à plus et surtout à mieux.
La lecture n’était pas si déplaisante, mais je ne pense pas en garder un souvenir totalement impérissable.

Phrases post-itées : 
«  »Et tu es belle à l’intérieur », conclue-t-elle.J’ai sans aucun doute la plus belle vésicule biliaire, des poumons adorables, un foie féerique et des ovaires grandioses, quoique non encore en état de marche. »

« Chez nous, chacun a le monde entier sur le bout de la langue, un tas de choses à dire se ruant vers la sortie et réclamant le droit d’envahir le terrain de vagues sonores. »

« J’ai l’impression que la vie n’en finit pas de ne pas commencer. »

« L’homme qui croit qu’il peut vivre sans les autres se trompe; et l’homme qui pense que les autres ne peuvent pas vivre sans lui se trompe encore plus. »

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Quelques minutes après minuit, Patrick Ness

août 6, 2016

Quelques-minutes-apres-minuit-01D’après une idée originale de Siobhan Dowd
Illustré par Jim Kay

Résumé : Depuis que sa mère est malade, Conor, 13 ans, redoute la nuit et ses cauchemars. Chaque nuit, à minuit sept, un monstre apparaît sous la forme d’un arbre gigantesque qui apporte avec lui l’obscurité, le vent et les cris. Le monstre vient chercher quelque chose de très ancien et de sauvage. Il vient trouver la vérité…

Avis : Une histoire qui m’a profondément touché. La poésie se dégage de ce livre. Les personnages sont terriblement vrais. Tout n’est pas tout blanc, ni tout noir, et je trouve que ce livre visite avec justesse l’esprit humain, au travers un monstre et ses histoires. Ce n’est pas manichéen, les méchants ne sont pas forcément méchants, et il n’y a pas toujours de gentils.
On se retrouve face à un enfant qui doit vive avec la maladie de sa mère, un père absent qui a une autre famille désormais, et une grand mère obsédée par l’ordre. Il subit aussi un harcèlement de la part de gamins de l’école, mais aussi la pitié des profs et des autres. Cet enfant se fait du mal, mais nous touche. Cet enfant cherche à être puni pour une faute qu’on ignore, fait un cauchemar qu’on devine, et est suivi par un monstre qui ne l’effraie pas.
Accompagné d’illustrations magnifiques, avec un côté inquiétant, le récit nous emporte avec lui. Un brin de fantastique qui sert une histoire terriblement banale au final, qui montre qu’on a tous un monstre en nous, quelque part. C’est une histoire qui interroge, qui fait mal aussi. Conor n’a que treize ans et ce qu’il vit est vraiment difficile, on a envie de le protéger. Surtout que tout le monde parle de la maladie de la mère par des phrases qui ne se terminent pas. « Voilà ce qu’on fera si… ». 
Si. Quand.
Ce livre parle de maladie, de vérité, de cauchemar. De personnes qui ne sont pas infaillibles, qui peuvent être blessantes, destructrices, faire du mal. L’histoire est à la fois onirique et pourtant se marie avec la réalité. On est curieux des histoires que le monstre va raconter, et la signification qu’elles peuvent avoir. On est surpris des morales, des choix. Ce ne sont pas les contes ordinaires avec un héros. Il y a un côté frustrant.
J’ai adoré cette lecture même si j’ai fini en larmes (mais vu le sujet, j’étais sûre que je finirais comme ça) et je suis heureuse de m’être enfin lancé dans cette lecture.

Le détail qui tue : le film sort bientôt et j’ai très hâte de le voir, en espérant qu’il soit bien et retranscrive avec autant de justesse la vie.

Phrases post-itées : 
« Les histoires sont les choses les plus sauvages de toutes, gronda-t-il. Les histoires chassent et griffent et mordent. »

« Et sa bouche s’ouvrit, immense, immense à dévorer la terre entière, immense à faire disparaître Conor pour toujours… »

« Quelquefois, les gens ont surtout besoin de se mentir à eux-mêmes. »

« Il n’y a pas toujours un gentil. Et pas toujours un méchant non plus. La plupart des gens sont entre les deux. »

« On n’écrit pas sa vie avec des mots. On l’écrit avec des actes. Ce que tu penses n’est pas important. C’est ce que tu fais qui compte. »

Quelques illustrations :