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L’effet papillon, tome 1 : Galilée, Lily Haime

février 9, 2017

9200000039555045Résumé : « Je laisse toujours une fenêtre ouverte. Pour ne pas étouffer, pour pouvoir fuir…»

Alexandre vit dans l’ombre d’un père tyrannique, homophobe, violent et alcoolique. Quand il referme la porte de chez lui, il sait que tout peut basculer.
Au milieu d’une famille défaillante, bancale, au trouble secret, Alexandre mène une vie imparfaite, parfois douloureuse. Pourtant, il ne se résigne pas, jamais, luttant silencieusement pour ses propres rêves. Humbles et simples, mais ce sont les siens.
Un jour, il percute Jamie. Et dans le regard d’or du jeune homme, Alexandre voit ressurgir l’ombre d’un souvenir d’enfance.
Un battement d’ailes.
Comme un combat contre lui-même, contre ses craintes, contre ses peurs…
Un effet papillon.
Comme l’amour.

« Je laisse toujours une fenêtre ouverte. Pour pouvoir m’enfuir, pour te voir venir vers moi… »

Avis : Je pense que pour donner un avis complet de ce livre, je vais spoiler, donc si vous comptez le lire, ne lisez pas ma review. Sinon bienvenue.

Tout avait super bien commencé avec ce livre. On tombe dans la vie d’Alex, qui, autant le dire, a un mauvais père. Méchant, égoïste, alcoolique, abusif et violent (sans compter sa haine pour tout ce qui est différent de lui), il a toutes les qualités pour lui pour faire le pire père possible. Je l’ai détesté absolument tout de suite, et j’ai eu peur pour Alex, parce que chaque fois qu’il se retrouvait face à ce père, j’avais vraiment l’impression qu’il allait s’en prendre une.

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Mais j’aimais bien Alex. J’aimais bien ses amis. Hugo, Max et surtout Gaël. J’aimais leur éclectisme à tous, la façon dont ils étaient différents mais s’entendait super bien. J’aimais Aurélia, la seule fille du groupe (passons sur Cindy, vu qu’elle ne reste pas vraiment). J’ai gagatisé comme une malade sur la rencontre d’Alex et de Jamie. L’électricité entre eux, la fuite d’Alex (qui a la trouille de son père normal), la façon dont il se sent attiré malgré lui. La manière dont ils se regardent, la manière dont l’orage éclate entre eux. Ça, vraiment, j’ai adoré. 

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Comme je l’ai dis, ce début m’attirait vraiment. Je ne pouvais plus me séparer du livre, les pages se tournaient à une vitesse affolante et le livre ne voulait plus se fermer. C’était bien écrit, c’était doux, avec des moments vraiment durs à cause du père d’Alex.

Si vous me suivez, vous devez savoir que j’adore les relations homosexuel(les). Souvent je m’y attache beaucoup plus, je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être parce que la plupart des couples hétéros me paraissent fades, trop facilement écrits (quand d’autres me rendent dingues, disons le, Elizabeth et Darcy par exemple, pour ne citer qu’eux). En fait c’est surtout que j’adore les relations lentes et difficiles, peu importe la sexualité du couple. Comme dirait une amie, les relations « Slow Burn » donc.

Et voilà pourquoi j’adorais ce livre, c’était lent, électrique, doux. 

Et puis.
ET PUIS. Tout à  changé, et une fois la porte passée, et bien la relation est devenue, disons-le, assez chiante.

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Une fois qu’Alex a accepté Jamie près de lui, qu’il le touche, et bien il n’avait plus que le mot « queue » à la bouche. J’crois pas avoir autant lu ce mot dans un livre que dans celui-ci. Même pour aller pisser, Alex nous décrit ce qu’il fait avec sa queue. Merci bien, mais je me serais largement passé de ce genre de détail. À partir de là, je n’ai plus cru à leur amour, je voyais juste du cul entre eux. Ils ne pouvaient pas s’échanger un simple baiser sans avoir des érections (sérieusement?), et ça se tripotait la queue, et ça se masturbait à tout va, et ça se suçait au milieu d’une ruelle et bon sang comment l’auteure a pu penser que c’était une bonne idée ça? Ou même romantique? 

Passé l’écœurement, j’ai surtout passé mon temps à lever les yeux au ciel. Oui, les scènes de cul, c’est pas trop ma tasse de thé, je vais râler quand je vais tomber dessus, mais selon comment ce sera écrit, je passerai l’éponge. Là j’ai vraiment eu l’impression que leur relation ne tenait qu’au sexe. Qu’il n’y avait rien d’autre. La baise et c’est tout, et c’était pas génial.

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Pourtant l’histoire me plaisait vachement, j’avais envie d’en savoir plus, et j’adorais Gaël (l’ami Geek d’Alex). Hugo était un peu chiant au fur et à mesure mais bon. Ils étaient marrants tous ensemble, j’aimais leur relation, et dans ces cas là j’appréciais aussi Alex et Jamie ensemble. Leurs regardsleur jalousie, la façon dont ils se cachent mais qu’ils n’ont pas envie de le faire. C’était amusant, plus d’une fois je me suis fendue la poire.

J’ai aussi adoré l’évolution de l’oncle d’Alex, Frank. J’ai aimé voir que, malgré son alcoolisme, il avait décidé d’aller mieux, de changer et d’aider Alex avec son taré de père. J’étais contente de voir l’évolution d’Alex aussi, de voir qu’il se confiait petit à petit à Jamie, essayait de sortir de cette vie de merde, essayait d’être lui-même, de s’accepter.

Franchement, sans tous les passages de cul, j’aurais passé mon temps à être enthousiaste et sourire bêtement, rire ou être en colère contre le père d’Alex, et vouloir qu’il se barre et fasse sa vie. Donc c’est que le livre était bon, mais vraiment gâché par une relation mal dépeinte et reposant trop sur le sexe à mon goût. D’ailleurs, on dirait que le sexe n’est que ce qui repose dans les couples, que ce qui compte… Et je trouve ça dommage, parce que non, le sexe n’est pas le ciment d’un couple. Pas forcément. Le sexe n’est pas forcément important (merci pour tous les asexuels de la terre), et perso je préfère largement les relations qui reposent sur l’échange de l’esprit et du cœur, plutôt que de « suce moi » « baise moi », « j’aime ta queue », merci bien.

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Bien au delà de ça, j’ai trouvé que certains propos étaient pas mal sexistes et les filles représentées aussi. Déjà elles sont pas mal effacées, et à part Aurélia, les autres sont vraiment montrés comme des garces, et ça m’a un peu embêté. Oui il y a des garces, oui il y a des connards aussi, mais ça ressemblait pas mal à une généralité et ça m’a un peu gonflé. Ce n’est qu’un détail, mais je suis une femme et parfois j’aimerais qu’elles soient un peu mieux représentés, même dans une romance mxm.

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Enfin bref. J’ai pris ma patience avec moi et j’ai continué à lire, pour tous les moments intéressants et biens et pour savoir ce qu’il allait advenir d’Alex. Allait-il pouvoir s’en sortir avec son père? Je n’en étais pas sûr du tout, et j’avais peur pour lui. Parce qu’Alex, quand il parlait pas de sa queue ou de celle de Jamie, ben je l’aimais bien. Il avait peur de devenir comme son père, il essayait de se raccrocher aux bonnes choses de sa vie – dont Jamie -, et il était fou amoureux (même si c’était trop sexualisé, bref). J’avais envie qu’il s’en sorte moi ce gamin, mais je craignais. Il allait forcément arrivé un truc horrible à un moment, son père allait tout découvrir et il allait le tuer. Je le voyais comme ça et j’avais la trouille.

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On en apprends plus sur la vie d’Alex, son enfance etc., c’était bien, ça aussi. Et puis franchement, c’était un bon gamin, rien qu’à le voir avec la mère de Jamie, il est cool. Il n’est pas comme son père, même s’il a des tendances à la crise de nerfs et qu’il n’est pas patient.
La fin m’a un peu foutue sur le cul. Dans un sens, tout allait trop bien pour que je ne le vois pas venir, mais en même temps woh ! Je suis restée assez dubitative et je suis allée lire le résumé du tome 2 afin de savoir de quoi il parlait et me rassurer ou pas.

Pour conclure, est-ce que j’ai aimé ce livre ? Je ne l’ai pas détesté en tout cas. Beaucoup de choses m’ont plu. J’aurais simplement voulu que la relation soit plus mignonne et tendre, plus douce et subtile. Quelque chose qui m’aurait foutu le cœur à l’envers comme au début plutôt que de me laisser froide comme la neige et plutôt exaspérée. Dommage.

Phrases post-itées (je n’y suis pas allée de main morte) :
« […] Il y avait l’odeur âcre des regrets qui suintait de tous les pores de sa peau quand il regardait en arrière. Ou qu’il me regardait moi. »

« Il préférait perdre avec panache que gagner avec modestie. »

« Et il y avait cette image qui perçait à l’orée de mon cerveau, cherchant à s’immiscer derrière mes paupières closes. Je la chassai de toutes mes forces. La refoulai à l’entrée de ma conscience, lui en interdisant l’accès.
Elle n’avait aucun droit de passage. Aucun droit d’être là. »

« Savait-il à quel point je me sentais à l’étroit dans la petitesse de ses pensées ? J’étouffais, moi, sous le poids de ses a priori. J’allais finir par en crever, serré dans l’étau de ses diktats ! »

« Je hochai la tête et grimpai l’escalier en me demandant si un jour, mon père aurait un geste d’affection envers moi. Ou n’étais-je qu’une prolongation de lui-même, quelque chose qu’il pouvait façonner à sa guise pour en faire ce que lui-même n’avait jamais pu faire ? »

« Je voulais qu’il se taise. Je voulais qu’il continue de me parler. Qu’il me dise tout. »

« – Les excuses, ça n’efface rien, maman. Ce qui est dit, est dit. Et ce qui est fait, est fait. Peu importe le nombre de pardons qu’on prononcera après ça. »

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