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Ecoute le chant du vent, suivi de : Flipper, 1973, Haruki Murakami

juin 1, 2016

ecoute-le-chant-du-vent-flipper-1973_haruki-murakami-768x1225Résumé : J’écrivais toujours sur la table de la cuisine, tard dans la nuit, jusqu’au petit matin. C’est la raison pour laquelle je nomme ces deux romans « écrits sur la table de la cuisine ». Avec beaucoup d’amour et une certaine gêne…
Pour rien au monde je ne voudrais les changer. Un peu comme de très vieux amis. Peut-être que je ne les rencontrerai plus, que je ne leur parlerai plus, mais il est certain que jamais je ne les oublierai. Ils sont précieux pour moi, irremplaçables. Ils m’encouragent, me réchauffent le cœur.

Après trente-sept ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans, Écoute le chant du vent, lauréat du prestigieux prix Gunzo 1979, suivi de Flipper, 1973, tous deux jusqu’ici inédits en France. Enfin traduits et réunis en un seul volume, précédés d’une préface de Murakami qui en explique la genèse, ils composent les deux premiers tomes de la « trilogie du Rat », que clôt La Course au mouton sauvage.

Avis : Comment vais-je bien pouvoir parler de ce livre? Je l’ai trouvé vraiment génial, à dire vrai j’ai dévoré les deux histoires à une vitesse incroyable et j’en voulais encore. Mais il est tellement étrange, que j’ai du mal à mettre des mots sur cette histoire.

Je vais commencer en vous parlant de la préface. Dans la préface, l’auteur nous livre son histoire, comment il est devenu écrivain, comment il en est venu à écrire « Ecoute le chant du vent ». Et j’avoue, en elle-même, la préface est une histoire, une histoire que j’ai trouvé absolument incroyable et presque merveilleuse. En quelques pages seulement, j’ai été bercé par son écriture et j’ai été complètement intrigué. La façon dont Murakami est devenue écrivain tient presque du hasard des choses et de la vie. Mais j’ai trouvé ça superbe. En lisant ça, je me suis dis que parfois, le « fantastique » pouvait entrer dans notre vie d’une manière insolite (et sans qu’on ne le remarque tout à fait). Bref, avec la préface, j’étais déjà tombée amoureuse de ce livre. 

J’ignorais encore ce que ce livre me réservait. Au début, avant ma lecture, je pensais que j’allais couper ma chronique en deux. D’abord je parlerais de « Ecoute le chant du vent », ensuite je donnerais mon avis sur « Flipper, 1973 », mais à vrai dire, ces deux histoires sont tellement liés (après tout il s’agit des mêmes personnages à des époques différentes), elles se font tellement écho, qu’il est impossible pour moi de parler de l’une en me détachant de l’autre.

Je n’ai jamais rien lu de cet auteur, j’ignore à quel point cet oeuvre se détache ou se rapproche des autres, mais je suis sûre d’une chose : il m’a conquise. A travers son style, à travers ses mots, mais surtout à travers ses personnages et ses histoires.
Le narrateur est un jeune homme, il nous parle beaucoup de lui, mais aussi beaucoup des autres. Il s’attarde sur trois personnes en particulier : sa troisième petite amie qui s’est suicidée, l’histoire de celle-ci revient souvent dans le récit. « Le Rat » qui est un de ses amis et J. qui tient le J’s bar. Pour moi J. fait beaucoup office d’oreille, il est le patron de bar qui est là et qui écoute ce qu’il se passe pour le Rat et pour le narrateur, et qui les sert en bière. Très peu de personnage dans cette histoire possède de noms, et pourtant ils croisent la vie du Rat ou du narrateur en y apportant chacun quelque chose.

Le ton du narrateur est très détaché, presque comme s’il laissait les choses glisser sur lui. Pourtant il n’est pas insensible, on le sent touché, presque fragile par moment. Il a l’air de n’avoir aucune ambition, et pourtant va remuer ciel et terre par moment pour des petites choses.
Il part souvent dans pleins de digressions, nous parles d’une chose, revient sur une autre, utilise souvent la phrase « je vais parler de… ». Et pourtant on ne se sent pas perdu, on le suit dans ses histoires.
J’ai beaucoup aimé les parallèles qu’on peut trouver entre certaines de ses rencontres, certaines de ses histoires.

Les thèmes que l’on retrouve abordés dans ce livre concerne surtout la solitude. Le narrateur et le Rat semblent en quête de quelque chose, mais eux-mêmes ne semblent pas tout à fait savoir quoi. Peut-être quelque chose qui pourra combler leur vie, la recherche de ce qui pourrait le rendre heureux ou moins seul (ou bien accepter cette solitude). Ça parle également beaucoup de musique, le livre est baignée de musique classique, de rock, et de pleins de titres différents. (J’ai surtout noté les Beatles et les Beach Boys). Et puis ça parle également de lecture, le Rat au début ne lit pas, puis durant le livre il se met à lire, beaucoup. J’aime voir des gens qui lisent dans les livres.

On se laisse bercer, transporter, par les mots, l’histoire, par ces rencontres (parfois complètement farfelus). On est face à des bouts de vie, le narrateur nous partage un moment, une part de lui et du Rat, puis il nous laisse. On referme le livre avec presque un manque. Maintenant on doit continuer seul nous aussi.

Enfin voilà, j’ai absolument adoré cette lecture. C’était étrange, touchant, ça m’a fait sourire par moment, et rendu mélancolique à d’autres. C’était vraiment beau.

Par contre : ça fume tout le temps dans ce livre, j’en avais mal aux poumons pour les personnages.

Merci à : la famille pour qui je travaille pour m’avoir offert ce livre. Ils verront jamais ma chronique, mais voilà, c’était vraiment un super cadeau.

Phrases post-itées (je me suis lâchée) :
«  »Un texte parfait, ou ce que l’on pourrait qualifier comme tel, ça n’existe pas. Pas plus que n’existe un désespoir parfait. » »

« A l’époque des Grecs anciens, des esclaves cultivaient les champs, préparaient les repas, ramaient sur les bateaux, pendant que les citoyens, sous le soleil de la Méditerranée, s’adonnaient à la poésie ou se colletaient avec les mathématiques. Tels étaient les arts. »

« Quand je regarde longtemps la mer, j’ai envie de voir des gens, et quand je vois longtemps des gens, j’ai envie de voir la mer. »

« Ceux qui possèdent quelque chose ont peur de le perdre, et ceux qui n’ont rien angoissent à l’idée qu’ils n’auront rien pour l’éternité. »

« C’est une ville horriblement ennuyeuse. Je n’arrive même pas à imaginer dans quelle intention on a pu construire une ville aussi embêtante. »

« Le téléphone sonnait et moi, je songeais : quelqu’un a quelque chose à dire à quelqu’un d’autre. »

« Cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas retrouvé seul, et voilà que j’étais totalement incapable de savoir quoi faire de moi. »

« Une bonne question, mais pas de réponse. Avec les bonnes questions, il n’y a jamais de réponses. »

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