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Dysfonctionnelle, Axl Cendres

septembre 14, 2016

couv-dysfonctionnelle-620x987Résumé : Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle ; Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile ; mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux personnalités fortes et aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure Au Bout Du Monde, le bar à tocards que tient le père dans Belleville, théâtre de leurs pleurs et rires.

À l’adolescence, la découverte de son « intelligence précoce » va mener Fidèle à « l’autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves se nomment Apolline ou Augustin, et regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière et ses tee-shirts Nirvana. Mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui forme, transforme… celui qui sauve.

Avis : Comment vous exprimer à quel point j’ai adoré ce livre? Il aborde tout un tas de sujet, des sujets qui me tiennent à cœur. Bisexualité (très très trèèèès peu abordé en littérature), homosexualité (féminine), folie, amour familiale et amour romantique, famille. L’héroïne est née au Liban, elle a des origines polonaise (de sa mère) et kabyle (de son père), et franchement c’est assez rare de trouver des héros de couleur pour le souligner. Ça parle de religions différentes qui se côtoient. Et aussi de féminisme, de combats. 
Je peux même pas expliquer comment j’étais contente de voir tous ces sujets se côtoyer dans ce livre, et sans qu’on retrouve les facilités qu’on peut trouver d’habitude dans ses sujets, pas de préjugé, pas de stéréotype. Sérieusement, c’est une lecture qui m’a fait du bien. 

Et qu’est ce que j’ai ris. Parce que Fifi nous raconte son histoire avec un humour acerbe et un peu piquant. Sa mère est folle, son père se retrouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment et fait des allés et retours en prison fréquents, ses frères et sœurs ont tous des personnalités biens marqués et ils vivent dans un bar. Son oncle est un adepte de « sychologie », et sa grand-mère Zaza prépare le meilleur des couscous et a de l’amour à revendre.
J’ai adoré entrer dans cette famille dysfonctionnelle. C’était drôle, touchant, ça donnait envie de distribuer des câlins à tout va. Mais derrière cet humour et cette ambiance touchante, on sent que tout n’est pas rose. Pas facile quand notre mère a des soucis de santé mentale, pas facile quand notre père va en prison, pas facile de se retrouver dans des familles d’accueil qui se trouvent être mauvaises. Pas facile de grandir non plus, d’être confronté aux douleurs de la vie, à l’injustice, au départ de sa famille. Pas facile non plus quand l’amour ne fonctionne pas, quand on se sent trahis…

Et pourtant ce livre est rempli d’amour, une famille qui se sert les coudes (ou qui essaie), de la tendresse à revendre, de l’humour même dans les coups durent, du soutient, de la fierté de la part des parents et de la grand-mère. Rempli d’amour également pour Fifi qui fait la rencontre d’une fille qui va changer sa vie, et réciproquement.

On s’attache tellement aux personnages aussi, la plupart je les ai adoré, qu’ils me fassent rire ou pleuré. Je suis plus mitigée pour certains qui se sont mal comportés à mon avis, mais la plupart sont vraiment touchants – malgré leurs défauts.

J’en ai versé des larmes vers la fin, quand tout s’accélère, quand Fifi nous fait voir l’autre côté de la pièce, celle peu reluisante de cette famille dysfonctionnelle, celle où elle-même se paume de plus en plus. Et puis tout devient alors tellement émouvant, que j’ai encore plus pleuré jusqu’à la fin qui m’a touché comme c’est pas permis.

Le détail qui tue : Une phrase que Sarah dit « Je pense qu’on ne tombe pas amoureux d’un garçon ou d’une fille, mais d’une personne. » 
En la lisant j’ai été un peu perturbée parce que ceux qui me connaissent pourront le dire, mais c’est un truc que je rabâche tout le temps. On tombe amoureux d’une personne ! Rahlalala c’était émouvant de voir ça dans un livre, comme si l’auteure et moi on se connaissait un peu.

Le texto que j’ai envoyé après cette lecture : 
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Phrases post-itées : 
« Comme on répétait souvent que j’étais un « garçon manqué », je me disais que ce frère, lui, allait être un « garçon réussi » et qu’il allait, pour de bon, m’évincer du cœur de mon père… »

« Tout était brillant, tout sentait bon, tout était rangé… Quand je pensais au bordel qui régnait chez moi, on aurait vraiment dit qu’ici, on était au bout du monde de là-bas. »

« On créait ce désordre extérieur comme s’il pouvait ranger notre désordre intérieur. »

« J’aurais voulu que le temps soit à la hauteur de ma douleur. »

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