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La Décision, Isabelle Pandazopoulos

septembre 12, 2016

la-decision-3467043 Résumé : Un matin, Louise, 17 ans, a un malaise en plein cours de maths. Quelques instants plus tard, elle accouche seule d’un enfant qu’elle n’a pas attendu, et encore moins désiré. Assaillie de questions, cette jeune fille sans histoires, croit devenir folle. Pourtant, l’évidence est là: ce bébé de 3,3 kg, son fils. Comment l’accepter?

Avis : Ce livre c’est encore un peu une baffe dans ma tronche, parce qu’il m’a vachement touché. Au début j’ai eu peur, parce que c’était des autres qui vivaient ce qui se passaient, tout était du point de vue extérieur, et moi je me disais « mais ce serait pas mieux vécu par Louise »? Mais petit à petit, on rentre dans la tête de Louise, doucement, par petit bout. On passe par des moments de folie, des moments d’abandon, on est déchiré. Louise dit qu’elle n’a couché avec personne, et la voilà qui accouche après un déni de grossesse. Alors évidemment, personne ne la croit, parce que bon le bébé est là, il a bien fallu qu’elle couche pour que ça arrive. On sent les préjugés s’abattre sur cette adolescente qui étouffe de cette situation, qui n’arrive pas à l’oublier, à la laisser derrière elle. On sent le jugement, même parfois du personnel médicale lui-même et c’est pas facile.
Pourtant Louise ne ment pas, et elle va devoir essayer de vivre avec ça, essayer de comprendre qui est ce bébé, d’où il vient et pourquoi. Essaye de l’aimer?

Une fois dans l’histoire on s’y plonge et c’est difficile d’arrêter sa lecture, parce qu’on a envie de savoir, de comprendre. On veut voir la reconstruction de Louise et j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle. Elle culpabilise parce qu’elle se sent incapable d’aimer Noé. Elle le porte comme un sac, elle ne le regarde pas. Pour elle il est un objet et elle a du mal. Elle se retrouve en centre maternel où elle va être suivie et aidé par une éducatrice, une psychologue aussi. Elle va faire la connaissance d’autres adolescentes mères, à la différence que celles-ci aiment leurs bébés. Ce qui augmente un peu plus la culpabilité de Louise, parce qu’elle a l’impression que ce n’est pas normal de ne pas aimer Noé. Alors qu’au vu de la situation, ça peut totalement se comprendre.

Je n’avais jamais rien lu sur le déni de grossesse et c’était très intéressant comme lecture. Il faut un sacré bout de temps à Louise pour ne plus être dans le déni, même plusieurs semaines après la naissance de Noé. Ses parents eux-mêmes d’ailleurs, sont dans une sorte de dénie, ils préfèrent oublier, faire comme-ci…

Certains passages m’ont hyper bouleversé et m’ont fait super mal. J’ai adoré Samuel qui va chercher à savoir, à comprendre, qui va être confronté à la situation lui aussi, quand bien même ce n’est pas directement à lui que ça arrive. Au moins il ne se comporte pas en lâche, il va croire et aider Louise, il m’a vraiment plu. J’ai aimé Ulysse le petit frère de Louise, même s’il va dire des trucs blessants. J’ai adoré Louise elle-même, ainsi que sa reconstruction. C’est une fille qui aide les autres, on le sent, elle fait de son mieux pour les comprendre. Elle se donne à fond, et des fois peut-être fait un peu trop ce qu’on attend d’elle. La situation dans laquelle elle se retrouve est vraiment très dure et elle galère quand même pas mal.

La fin m’a ému aux larmes, c’est une fin très réaliste et très belle, touchante et pas forcément hyper happy end mais pas non plus tragique. Une fin que j’ai adoré, comme tout le reste.
Un très beau livre, avec un sujet difficile.

Phrases post-itées : 
« […]je pourrai faire ce que je veux, j’ai pensé, et c’est ça qui est arrivé, sauf qu’en vrai, ce que je veux, j’en sais rien »

« et je comprends soudain qu’elle n’a plus rien à perdre puisqu’elle a tout perdu, elle s’est vidée d’elle-même, trahie par son propre corps, et maintenant n’est plus rien, ne veut rien, n’existe plus vraiment, comme une marionnette, un chiffon »

« lui ne sachant pas quoi faire de mon silence, moi ne sachant pas quoi faire de ses mots. »

« Elle était mère, j’avais refusé de l’être. »

« Elles aiment leur enfant plus que tout. 
Moi pas.
Moi rien. »

« C’est ce qu’on a en commun, notre manière à nous depuis le début de ne pas être ensemble. »

« A quoi ça sert la vérité si la vérité fait si mal ? »

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