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Le premier qui pleure a perdu, Sherman Alexie

juin 2, 2016

9782226251749gRésumé : « Vous savez ce qui arrive aux gogols sur la réserve ?On se fait tabasser. Au moins une fois par mois. Eh ouais, je fais partie du Club du Coquard du Mois. »
Le garçon qui parle ainsi est Junior, un Indien Spokane. Né tout cassé tout tordu, il accumule les handicaps : myope, maigre et premier de la classe. En vrai, Junior est drôle et assez lucide pour savoir qu’il n’aura aucun avenir s’il reste avec les siens. Il décide alors d’aller à l’école des Blancs, voir ailleurs s’il y est. Admis au prestigieux lycée de Reardan, Junior quitte la réserve. Comme il est né. En éternel optimiste.

Avis : J’ai perdu. J’avais envie de pleurer presque tout de suite et j’ai très vite craqué, vraiment très vite. Junior a beau être un éternel optimiste, pas mal de trucs dans sa vie c’est la merde, et pas que dans la sienne. Son meilleur ami Rowdy se fait battre par son père alcoolique, et lui-même règle tout par la violence. Et pourtant j’ai aimé Rowdy et surtout j’ai aimé sa relation avec Junior. Junior est loin d’être un dur, il est celui qui se fait maltraiter sur le réserve à cause de sa différence, et pourtant Rowdy, le plus dur de la réserve, prend soin de lui. Et tous les deux s’apportent des choses et ils s’entendent très bien.
J’ai également aimé la famille de Junior, son père (alcoolique), sa mère, sa grand-mère, sa grande sœur, on les voit au travers des yeux de Junior, et on sent l’amour qu’ils éprouvent les uns pour les autres même s’ils ne sont pas parfaits, et ça c’était beau.

La vie de Junior donc, c’est moche. Sur la réserve il se fait taper dessus, et suite à ce que lui dit un de ses profs, il décide d’aller à Reardan, un collège de Blanc à 35 km de la réserve. Au début ça se passe pas super bien, le racisme fait des ravages (mais pas seulement des Blancs envers les Indiens, mais des Indiens envers les Indiens eux même en fait je trouve, en gros pour les Indiens l’espoir est Blanc, réussir c’est être Blanc… c’est comme s’ils s’empêchaient de réussir ou réaliser leurs rêves, juste pour rester indiens…), et puis Junior va finir par réussir à se faire des amis.

Junior nous parle de sa vie sur un ton mordant, un brin ironique des fois, il se moque de lui-même, il se moque aussi des autres, et même parfois il se moque de sa douleur, et pourtant malgré ce ton incisif, malgré les moments vraiment drôles, il y a des passages qui m’ont brisé le cœur. Parfois Junior va raconter une chose atroce en pleins milieu d’une phrase, on se prends ça dans la tronche sans avoir été préparé du tout. Rien ne lui est épargné à Junior, ce qu’il doit traverser m’a vraiment fait mal.

Pourtant, il cherche à s’en sortir, partagé entre ce qu’il est : Indien, entre sa famille, ses amis de la réserve, et ce qu’il attend du monde : il veut s’en sortir, il veut réaliser ses rêves. Et puis Junior est intelligent malgré ses handicaps, il est optimiste, essaie toujours de se relever même quand c’est horriblement dur. Il fait de son mieux. Il dessine beaucoup aussi pour s’en sortir, et beaucoup de ses dessins sont parsemés dans tout le livre, apportant une note humoristique au livre (mais elles peuvent faire mal aussi).

La fin m’a ému jusqu’aux larmes, et donc j’aurai vraiment pleuré presque tout du long. Pleuré et rit, et été vraiment touché. C’était encore une fois une superbe histoire.

Quelques dessins :

Un grand merci : à Aurore pour m’avoir offert ce livre, y a au moins un siècle.

Phrases post-itées (beaucoup) :
« J’ai des migraines parce que mes yeux sont carrément ennemis, vous voyez, comme s’ils avaient été mariés mais ne pouvaient plus se blairer. »

« Je dessine parce que les mots sont trop imprévisibles.
Je dessine parce que les mots sont trop limités. »

« Mais nous, les Indiens des réserves, nos rêves ne se réalisent pas. Les occasions ne se présentent pas. Ni les choix. Nous sommes pauvres, c’est tout. C’est tout ce que nous sommes. »

« La pauvreté ne rend pas plus fort, elle ne donne pas de leçons de persévérances. Non, tout ce que nous apprend la pauvreté, c’est à être pauvres. »

« Alors je dessine pour lui faire plaisir, pour lui donner d’autres mondes dans lesquels vivre sa vie. »

« Comme je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire, je suis resté aussi silencieux que lui. Ce silence s’est mis à prendre tellement de place, tellement de réalité, qu’on avait l’impression d’être trois, assis là sur les marches. »

« – Je veux partir dès que possible. Je crois que je suis née avec une valise. »

 

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2 commentaires

  1. tu m’a vraiment donner envie de lire le livre …
    je te remercie
    a bientot


    • C’est un vrai plaisir de t’avoir donné envie 😀 merci à toi.



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