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Ronde comme la lune, Mirelle Disdero

novembre 10, 2015

ronde comme la lune

Cette critique contient peut-être quelques petits spoils.

Résumé : Saskia, 15 ans, aime manger et en paie le prix : elle est ronde. Incapable de se mettre au régime, elle s’est résignée à supporter les surnoms moqueurs, les railleries et l’indifférence des garçons. Elle s’est réfugiée dans la lecture et n’ose même pas imaginer qu’on puisse s’intéresser à elle.

Comment s’aimer soi-même quand on en veut au monde entier, qu’on fuit les miroirs de peur d’y reconnaître celle que l’on n’a pas envie d’être ?

Grâce à ses amies, Saskia parviendra, lentement, à prendre confiance en elle et à effacer, tant sur son corps que dans sa tête, la chair trop épaisse qui l’isole des autres.

Avis : Merci à l’auteure Mireille Disdero pour l’envoie de ce livre. Il traite de l’adolescence, du mal être, des troubles alimentaires (ici le fait de ne pas pouvoir s’arrêter de manger, d’utiliser la nourriture pour remplir quelque chose), du harcèlement scolaire, d’amitié et d’amour. Saskia est mal dans sa peau, et on le sent à travers chaque page, elle est mal et plus elle est mal plus elle mange, comme une fuite en avant. Alors comme dans une boucle infernale, elle se retrouve à grossir, à détester son corps et soi-même, et à susciter les moqueries des gens qui sont comme des coups dans la tronche. Heureusement Saskia va se faire une amie, Claire. Claire est son opposé physiquement, et elle est sûre d’elle, mais toutes les deux s’entendent hyper biens, ont pas mal de goûts en commun, s’entraide. Claire accepte Saskia telle qu’elle est, la défend contre les moqueries.
L’histoire se déroule de la quatrième à la première. Si les trois premières années sont survolés, l’auteure s’arrête sur ce qui se passe en première. Les histoires d’amour, les difficultés de Saskia de s’accepter, de s’aimer. Je pouvais très très facilement m’identifier à elle, je comprenais ce qu’elle ressentait, et sans la plaindre vraiment, j’espérais qu’elle allait avoir le déclic qui l’aiderait à s’aimer. J’ai totalement haïs Kevin et Mathias, ce genre de personnes j’ai tellement envie de les baffer. Sans doute pour avoir vécu le harcèlement, je sais ce que c’est, et ça m’a rendu furieuse envers ces personnes. J’étais aussi déçue par le comportement de Claire d’une certaine façon. Heureusement Saskia a des amis, elle n’est pas complètement seule, puis il y a un garçon, Erik, qui l’aime bien, qui l’aime beaucoup même. Il l’accepte telle qu’elle est, lui aussi.
Quelque chose m’a fait grincer des dents à ce propos, c’est la mentalité de Saskia sur la friend zone, « je l’aime donc on sortira ensemble mais faut pas devenir amis sinon on restera bloqué là dedans » qu’est ce que c’est un raisonnement de merde. Ça ça m’a gonflé. Plus que royalement. C’était tout simplement stupide. La « friend zone« . N’importe quoi. Bref on va dire que c’est une adolescente.
Le plus dur finalement c’est tout ce qu’elle doit traverser pour que Saskia s’accepte. On assiste à tout le déroulement, tout ce qui se passe dans sa tête pour en arriver au point où tout part en miettes.
Par contre le message d’Hector, c’est ta faute si tu te fais harceler prends toi en mainJ’ai cru que j’allais hurler. Non non et non. Non. La victime n’est JAMAIS en faute. On ne peut pas justifier ça, on ne peut pas mettre ça sur le dos de la victime. On ne peut pas dire « reprends toi en main et ça ira mieux » parce que c’est pas toujours vrai ! Dire ça c’est de la merde, c’est faire de la victime la coupable, et une victime n’est pas coupable et c’est tout ! 
J’ai bien aimé la fin, c’est une jolie fin, douce et belle. Je me suis sentie heureuse, rassurée. J’étais contente. Puis il y a un beau message à propos de la beauté, du mal être, de l’acceptation de soi.
N’empêche, je trouve ça dommage qu’il faille arriver jusque là pour que le harcèlement alerte et soit puni (et encore là c’est dans un livre, souvent c’est même pas puni, je le sais, je l’ai vécu). Parfois malheureusement cela va jusqu’au suicide, et à ce moment là c’est trop tard.
C’était une histoire plutôt sympathique, malgré les quelques passages qui m’ont fait grincer des dents, je garde tout de même une bonne opinion de ma lecture. C’était une belle lecture, qui m’a profondément touché et fait réagir (preuve que ça m’a fait quelque chose).

En tout cas c’est un livre que j’aurais aimé lire quand j’étais adolescente.

Phrase post-itée : 
« Il n’empêche, en quatrième, je ne savais peut-être pas encore qui j’étais, camouflée derrière mon poids, mais j’étais sûre de ce que je ne voulais pas devenir : une Barbie de magazine au sourire figé. Ces filles n’existent pas ; ce sont des créatures Photoshop qui, dans la sphère privée, chez elles, traînent leurs savates de mannequins dépressifs »

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2 commentaires

  1. Merci pour votre chronique du roman et sa conclusion.
    Amicalement,
    Mireille



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