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Cinq jours par mois dans la peau d’un garçon, Lauren McLaughlin

décembre 7, 2013

9782266182553-0Résumé : Pas facile pour la douce et gentille Jill de cohabiter avec un garçon incontrôlable. Sans compter qu’elle ne doit parler à personne d’autre que Jack de son étrange condition. En effet, chaque mois, juste avant ses règles, Jill se transforme en Jack, qui prend alors la relève de sa vie durant cinq jours 100 % mec !
Seuls ses parents sont au courant et multiplient les stratagèmes les plus fous afin de cacher au monde l’existence de Jack.
Mais l’adolescent déchaîné a des envies de liberté, et il est bien déterminé à ne rater aucune expérience. Pour Jill, la course contre la montre et les hormones a commencé !

Avis : attention mon avis risque de vous spoiler la totalité du livre, mais en même temps ne perdez pas de temps à lire un tel livre, il y a tellement mieux à faire.
Avec moi ce genre de livres traitant de la mixité ça passe ou ça casse, soit le sujet va être traité avec sérieux, soit -comme ici- ça va être juste bourré de stéréotypes et de préjugés et l’histoire va être si nulle qu’elle ne va même pas sauver le cliché. Ce livre m’a énervé, saoulé et fait lever les yeux au ciel, en bref j’ai détesté.
Pourquoi est-il aussi nul? La première raison c’est que l’auteur a oublié de donner un cerveau à son héroïne, elle est terriblement bête, stupide et égoïste. Je me suis même demandée comment une idiote pareille pouvait avoir une meilleure amie aussi chouette que Ramie et attirer ne serait-ce que l’ombre d’un mec? Sa mère est une femme castratrice, méchante et stupide (ce qui expliquerait donc d’où vient la bêtise de sa fille), mais qui, selon Jill, paraît avoir toujours raison (sauf que non). Jill est pitoyable, niaise à en mourir, et même quand elle pourrait faire rire elle gâche tout en étant simplement incroyablement conne (mais j’avoue qu’elle est forte, car elle réussi à répondre au téléphone tout en étant bloqué sur un tire fesse). Elle devrait revoir ses priorités. Autre chose qui m’a enquiquiné à son sujet? « Elle n’est pas homophobe mais… »
Sa réaction face à la bisexualité de Tommy est d’une crétinerie sans précédent, le « les bi sont des gays en formation » de sa mère m’a fait hurler, le « je veux pas le rendre homo » de Jill montre à quel point elle mérite des baffes, et puis même quand elle essaie d’en parler et de comprendre, ses pensées sont ridicules et stéréotypés. En plus, pas de bol pour elle, elle vient d’un lycée où les élèves semblent venir de la préhistoire et croit qu’on devient « gouine » en approchant un bi, et où on insulte les gays et que ça fait marrer, et bien sûr être homo et avoir le sida c’est synonyme… Bref passons, tant de bêtises m’a brûlé la rétine.
Autre chose qui m’a dérangé hormis la connerie des gens? Peut-être le fait qu’on fasse passer les différences psychiques entre filles et garçons pour quelque chose de scientifique, alors que tout le monde sait (du moins j’aimerais que tout le monde le sache) que ce n’est que culturel. Les seules réelles différences scientifiques entre les filles et les garçons sont physiques, pubertaire et dût à un pauvre chromosome Y (qui est voué à disparaître vu ce que j’avais lu un jour). Mais en même temps j’aurais dût le voir venir pauvre naïve que je suis, vu que sur la couverture la fille est sur le fond rose et le garçon sur le fond bleu (parce qu’on sait tous que ces couleurs sont scientifiquement adapté aux deux sexes n’est ce pas? *ironie*).
Puis nous avons le personnage de Jack, je me disais « ça rattrapera peut-être ». Je ne sais pas trop ce que ça a rattrapé vu que son vocabulaire est limité à porno, sexe, masturbation, Ramie, faire l’amour, fellation. Et je dois signaler que vouloir se branler devant la fenêtre d’une fille en la regardant dormir ce n’est pas romantique, c’est juste pervers et même carrément une agression sexuelle d’après moi. Ensuite nous répéter à tout bout de champ « j’ai fais l’amour avec Ramie » et ajouter le hmmm détail très croustillant de « elle m’a fait une fellation » n’apportent rien à l’histoire, sauf le fait que l’amour de Jack s’arrête au cul de Ramie.
Mais je pardonne à Ramie puisqu’elle semble être le seul personnage avec un brin de personnalité dans cette histoire, et aussi – miracle – un cerveau. Elle est cool, et si elle laisse un peu trop facilement entrer un mec bizarre et inconnu dans sa chambre pour coucher avec lui tout aussi rapidement, elle n’en reste pas moins sympa. Si ça avait été elle l’héroïne, le livre aurait été un brin plus sympa.
Mais je n’ai pas encore parler de l’histoire, alors venons-en. On pourrait se dire qu’une histoire pareille ça risque d’être originale. Sauf que non, voilà là une fille qui veut sortir avec un mec et qui a sa meilleure amie qui l’aide pour ça, mais des petits problèmes surviennent en chemin mais presque tout est bien qui se termine bien (ou pas, vu que la fin est minable, mais je vais y revenir). Bref, une histoire d’ado absolument pas réaliste et inintéressante au plus haut point, avec des détails inutiles et d’autres choses intéressantes et non approfondis. La bisexualité de Tommy ne sert à rien dans cette histoire, sauf pour faire passer l’héroïne pour un peu plus débile qu’elle ne l’est (et Jack pour un con homophobe (malgré ce qu’il en dit) ce qui ne le rend pas plus attachant si vous voulez mon avis). Alors oui y a le côté « cette fille se transforme en garçon 5 jours par mois » de l’histoire, mais il n’est pas traité de la bonne façon, c’est juste une occasion pour parler de cul et pour diaboliser la mère (déjà bien mauvaise). Ca n’apporte que dalle, pas de réflexion sur la mixité (à part deux trois stéréotypes balancés par-ci par là « je ne dois pas courir comme une fille mais comme un mec viril » « elle va se poser des questions parce que je suis épilée alors que je suis un mec » etc.)
L’écriture est simple, banale, rien de nouveau. Heureusement elle n’est pas désagréable, c’est toujours ça de pris.
Maintenant parlons de la fin, là où enfin Jill allait pouvoir parler de son ressentit, de l’histoire, là où on allait avoir la réaction des gens, de sa mère, de ce qui allait se passer après, de comment elle allait vivre avec ça, accepter Jack même (peut-être) et bien en fait… Non, c’est baclé « je vais tout vous raconter » Fin. Ca me rend dingue quoi, il y a vraiment AUCUNE réflexion dans ce livre et pourtant il y avait de quoi dire.
En bref c’est juste un livre qui lobotomise le cerveau, et je ne sais pas quel message en retenir parmi tout ce cafouillis de nullités à part le fait que je vais vraiment éviter ce genre de livres dorénavant. Chaque fois que je pense trouver un livre qui va traiter de la mixité, je tombe sur une connerie stéréotypée qui fait passer les filles pour des petites choses fragiles et les mecs pour des bêtes de sexe. Bref, de la daube quoi.
Passez votre chemin, je suis sûre que votre PAL est assez conséquente pour ne pas vous enquiquiner avec un livre aussi débile.

Phrase post-itée :
Attention il s’agit sans doute de la phrase la plus intelligente de tout ce bouquin, et sans doute le seul truc à sauver :
« – […] Tu ne crois pas que le monde a gaspillé suffisamment d’énergie à vouloir séparer les hommes et les femmes, à chercher à nous convaincre que nous venions de Mars ou de Vénus ? Dans quel but ? Nous venons tous de la même planète au final. 
Je l’observe abasourdie.
– Nous sommes tous des humains. Pourquoi faut-il que ça pose autant de problèmes ? » 
Merci Tommy pour ce message d’une grande lucidité, dommage que le livre n’est pas été tout comme ça. Bien entendu vous remarquez que l’idiote de Jill en est abasourdie car cette conception ne peut pas être accepté par le vide intersidéral de son crâne de pigeon.

En plus : je déteste ce genre de livres car je trouve qu’ils font beaucoup de mal. Je suis contre la censure, mais j’estime qu’à notre époque voir encore ce genre de livres ça fait super peur. En plus en ce moment il y a comme une mode de baptiser les femmes ou les livres ‘pour femmes’ sous des noms pour les réduire une fois de plus à une case plutôt qu’à ce que nous sommes « des êtres humains ». Mais ce qui me dérange encore plus, c’est que les femmes elles-même semblent rentrer dans ce jeu avilissant.  Bref, je m’éloigne du sujet mais un de ces quatre je ferai peut-être un article traitant de la mixité (je l’ai pas mal étudié, à la fac ou même à l’IUFM et encore en ce moment à l’IRTS). Puisque je ne trouve pas de livres qui me conviennent, je me dis que je ferais tout aussi bien de l’écrire un jour… On verra.

Challenge : 
jedegommemapal

1 mot des titres FINI

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6 commentaires

  1. Haha, qu’est ce qui est pire, dans la peau d’un garçon ou celui la ??


  2. Je ne sais plus si je t’en avais déjà parlé (c’est même possible que tu l’aies déjà lu, en fait), mais le manga L’Infirmerie Après les Cours traite le sujet de la mixité de façon originale et intéressante sans être insultante. Il y a bien un ou deux clichés, mais soit c’est détourné, soit c’est noyé au milieu d’un récit bien réfléchi, donc on pardonne. Si tu cherches quelque chose qui parle de ce thème de façon intelligente, je te le conseille vivement.


    • Oui je l’avais déjà lu et j’avais bien aimé 🙂 la fin était hyper originale et même si quelques trucs m’avaient gonflés je me souviens avoir passer un bon moment en le lisant. Ils étaient à ma grande sœur, donc à mon avis ils ont pas survécu à l’incendie, mais j’en garde un bon souvenir.
      En tout cas c’était beaucoup mieux traité qu’ici…


  3. mais ouiiiii ! il faut « écrire des livres un jour » ! depuis le temps qu’on vous le dit, chère enfant ! 🙂


    • Ben écrire des livres c’est déjà fait. Ils pourrissent sur mon ordi 😀



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